G. iluUer, Elriislcer. II, p. U
2. Varron, Linff. latin., VII, 7. Festus, poftkum. p. 220 (cd. O. Millier).
S. Frontin, p. 26 ; Hygiii, 1G6, 167. Nissen, Das temptum, p. 13.
4. Bouché-Leclerq, Manuel des iiistil. rmnahics , p. .")3j, note 3. — Voir sur toutes ces contradictions. Vf/iitoiie delà rfirinadon, du même auteur.
IV, p. 21, note 1.
■'k Bien de.= systèmes ont été proposés qui nous paraissent inacceptables. A'oir 0. Millier, Elnisker, II, p. 141. Abeken, Miltelitalien, p. 208 et suiv. Nissen, Das templum, p. 1 79 et suiv.
6. Cicéron, de Diviual'imi,: II. IS. Pline, //. A'., II, 143. Serviu.s, ad JEnerl., VIII, ■!27.
LAKT ETRUSQUE.
Martiauus Capella il est dit que les dieux étaient considérés connue n'habitant pas tous la même partie du ciel, mais comme distribués par groupes dans seize régions diflférentes ; l'auteur indique eu même tenij» la composition et la place de chaque grou]ie '. On a élevé des doutes sur l'firigine étrusque du systcme exposé jiar Martianus Capella ". On a remarqué quil y avait des disparates, qu'à côté de divinités très anciennes figuraient des abstractions déifiées paraissant empruntées au langage de l'astrologie et qu'en tous cas la méthode du classement trahissait l'influence de la science chaldéenne. Je veux bien qu'il y ait dans le texte quelques détails suspects, quelques rapprochements hybrides; j'admets aussi que dans une question aussi délicate que celle de l'hanispicine étrusque l'autorité d'un compilateur du cinquième siècle après J.-C. soit sujette à caution. Sera-ce une raison pour déclarer que les Étrusques n'ont connu ni la division du bjtnplum en IG régions ni la ré[)artitlon des groupes divins dans le ciel? La tradition a pu être dénaturée sans que pour cela le fond cesse d'être vrai. Du reste, voici qui tranche la question : on a trouvé à Plaisance un morceau de bronze elliptique, ia(;onné de telle sorte ([u'on puisse l'avoir bien en main, et qui i)résente sur une de ses faces seize compartiments avec des noms de divinités en caractères étrusques : c'était sans doute une sorte de femplum portatif destiné à guider la mémoire de l'haruspice en observation. Or il se trouve que sur plusieurs points les doiuiées qu'il fournit coïncident avec celles du catalogue de Martiamis Capella '. Nous sommes donc autorisés t\ considérer les dieux comme étant répartis dans les IG secteurs d'une circonférence dont les limites sont celles de l'horizon et dont le centre est au i/eri(.isis , au point où se tient l'haruspice observateur. Dès lors pdunpioi n'y aurait-il pas autant d'orientations différentes qu'il y a de dieux 'y l'oiinjuni l'axe de
1. MartianuH Caviclla, </<• Xiiptiis pliiloli)</in: et .l/rroiirii', I, 45-61, p. IT, 18, éd. Eysseiihaiilt.
'2, Bouché-Lcclerq, />triiiat'nnt tlaus l'a»t'uiiiUi\ IV, p. 25.
.'I. Dccckc, Ktriuk'urhe. y<ir$rhiiH;iru, Dut Itmpl'tin rnn l'iareiiza^
I. Cet peut-être ce qui expliquerait pourquoi K"* termes a»/iV*i, p'utii'O^ dtstra^ Inrn^ n'ont pa-n
de sens absolu et peuvent r.'appliiiuer & tou.» les pointM rardinaux indifTercmmcnt. Ce.» termes »e rapportent non ]«.<i la personne de l'ob-crvatcnr, mais, comme le rem.vque trèn bien O. Millier (II, l:U). au dieu lui-même. Or, chaque illeu rcgarilunt le Jrr««i»dun antre point, la valeur de oc" termes se modifie suivant qu'un passe d'un dieu \ un antre.
L'ARCHITECTURE RELIGIEUSE. 261
chaque temple ne serait-il pas dans le secteur correspondant à la région habitée par le dieu auquel il est consacré? Maintenant où sera la porte? Fera-t-elle face au dieu? et si celui-ci réside à l'est, s'ouvrira-t-elle vers lest? Je croirais plutôt le contraire. D'après les croyances antiques, l'image d'un dieu étant regardée comme l'incarnation du dieu lui-même, il est naturel qu'elle ait le même champ d'horizon que lui. Or, s'il est à l'est, toutes les fois qu'il entre en rapports avec l'haruspice qui sollicite son attention et attend l'expression de sa volonté, il se tourne vers le decussis, c'est-à-dire qu'il a devant lui la région de l'ouest. C'est donc aussi vers l'ouest que sera tournée l'image et par suite la porte, puisque l'image est adossée à la cella. En résumé, Vanfica du dieu, celle <le l'image et celle du tenq)le doivent coïncider ; la façade du sanctuaire regarde la partie de l'horizon directement opposée à celle où siège le dieu. De cette manière, le fidèle qui vient sacrifier devant la porte se trouve avoir en face de lui à la fois l'image de la divinité qu'il invoque et cette divinité elle-même.
Bien entendu, je ne présente ce système que comme une hypothèse. Je ferai seulement reman[uer qu'elle n'est pas en contradiction avec les faits jusqu'ici observés. On a récemment déblayé les ruines de deux sanctuaires étrusques à Orviéto ( Vulsinii) ' et à Cività Castellana {Falerii) ". Or on constate que de ces deux sanctuaires l'un, celui de Vulsinii, avait la façade tournée vers le sud, l'autre, celui de Falerii, l'avait tournée vers le sud-ouest, ce qui prouve rpie les Etrusques n'avaient pas une orientation uniforme. On constate d'autre part que le second, qui paraît être le fameux sanctuaire de Juno Curitis souvent mentionné par les auteurs, est précisément placé dans l'axe de la région attribuée à Junon par le catalogue de Martianus Capella, c'est-àdire dans l'axe de la deuxième région, laquelle correspond à la ligne N.-E = S.-O. On constate enfin que Vantica du temple faisait face au sud-ouest, c'est-à-dire à la partie de l'horizon opposée à la région de la divinité figurée par l'image.
1. Suùzie, 18^.), p. 33-:-ia. I 2. X'Àizie, 1887, p. y-J-lOT.
232 L'A HT ÉTRl'SQUE.
CONfiTKlCTION DES TEMPLES
Le plan duu teniplt- étrusque .se rapproclie dun canv. " La longueur de la place, dit Vitruve, où l'on veut liâtir un temple à la manière toscane, étant divisée en six jiarties, il faut en premlre cinq pour la largeur, » autrement dit, la largeur doit être égale aux cinq sixièmes de la longueur '. a La longueur sera divisée en deux parties : celle de ces deux parties qui sera le plus éloignée de l'entrée sera réservée à l'emplacement des chapelles; celle qui sera le plus près de la façade sera laissée à la colonnade du portique d'entrée ". » Ces deux parties correspondent à ce que l'on appelle la jwsfica et Wniti'ca. » La largeur à son tour se divisera en dix parties, dont trois à droite et trois à gauche seront pour les petites chapelles ou pour les ailes, s'il y en a; les quatre autres seront pour le milieu \ » ce qui veut dire t^ue 1 " si le temple est à trois cclhr, il y en aura une grande au milieu, large de TTj, flanquée à droite et à gauche d'une cella plus petite, large de ■HT seulement; 2° si le temple est à cella unique, celle-ci sera placée au luilieu et flanquée à droite et à gauche d'un portique de colonnes, les dimensions relatives restant les mêmes : le mot ahi employé ici par Vitruve répond en effet au mot grec -tj^ov qui désigne, dans la langue technique de l'architecture, une rangée de colonnes '.
Jusqu'ici point de diflBculté. Mais l'embarras commence lorsque Vitruve en vient j\ décrire la disposition de Wnifica et de son portique : a Spatinm quod en't ante cellas in pronao, ita cohimnis ilcsitjncfur, ut anrjulares conira antas, jJarîetum extremorum e regione, c»!hce)itur : chue medio' e reijionc parietum , qui inter antas et mediain ndem /iitrinf, [îVa] ■ distrilniantur et inter antas et columnas priorcs pir iiir.h'iiin
\, Vitruve, IV, 7 : l^iriu, in qno adù eoHitiliieltn\ rnm*hiihnerit in /our/itudiuf *tz /Hirtet, Mita mlfmjiln rrliiimim i/iml tril lalilnilini ilellir.
2. Ijnigilii'linn niitem •liriilnlitr bi/ienilo ri i/na piiri frit iitttriorj crJInnim n/tatHn detiyiirtnr^ qiiœ rril prinimafronli rolumuanim ilinjxuiilioni reliiitj'tatiir.
3. /Irm latiliido itiriJatiir in /inrlrt X. Kx Ht trrntz partft drstrn ne tinititra cfUii minoribiu^ tirt ibi nta futnrtr tnnt deufnr, rctii/ntr ijnnttnor
meilirr trili atlribuantnr.
■I. Témoin les termes munoptirr, iHiHiie, p-rijilèrr, etc.
.'>. Je croU .ivec O. Millier (Klrutlrr, U, p. 283, note °JI) qu'il f.iut !<n|<|>riuier Itn, qui » pu Mntroiluire dan« le texte soit par jnite d'une corri'lation naturelle arec la fan!<.«c lecture u' (donnée |iar quelques éditions) au lieu de fl, soit k cause du roi..>inafre de./'rifnnf.
L'ARCHITECTURE RELIGIEUSE
iisdem regionibus aJterœ disponantur. » Ce texte a donné lieu à diverses interprétations '. Inghirami ', adoptant les idées de Marquez \ conçoit le plan d'un temple étrusque ainsi qu'il suit : 1" deux antes d'angle se projetant fort en avant, et au droit de chacune de ces antes une colonne; 2° dans l'axe de l'entrée de la cella centrale, deux colonnes; 3° entre chaque colonne d'angle et chaque colonne de milieu, une colonne ; soit en tout six colonnes de front sur la façade. Mais comme par suite de la saillie des antes latérales il reste un espace vide entre le front des coloimesetle seuil des cellas, Inghirami le remplit par deux rangées de quatre colonnes chacune. 11 obtient ainsi un portique triple en profondeur et à cinq nefs. Tout cela est de pure fantaisie. Dans Vitrine il n'est nullement question de six colonnes de front. Les mots angulares et duœ mediœ ne peuvent indiquer que les deux colonnes d'angle et les deux colonnes intermédiaires, soit en tout quatre colonnes de front : c'est du reste le nombre que présentent les façades sculptées de Norchia et de Sovana.
La plupart des savants qui ont commenté le texte de Vitruve s'en tiennent à un front de quatre colonnes '. Mais si l'on est d'accord sur ce point, on ne s'entend pas sur la disposition du portique. Il faut tout d'abord écarter le système de Hirt qui présente un front de quatre colonnes également espacées et, par derrière, une seconde ligne de deux colonnes entre deux antes saillantes : système inadmissible, d'abord parce qu'il ne tient pas compte de l'inégalité des cellas en largeur, inégalité à laquelle devrait correspondre un eutre-colonnement plus large au milieu qu'aux angles, comme cela se voit à Norchia et à Sovana; ensuite parce qu'il implique l'existence d'antes projetées fort eu avant, détail que Vitruve ne laisse pas le moins du monde soup-