Millier, Kinitktr, II, p. aaa, note
2. Dan» ce pai-sage (IV, 8, :>) Vitruve parle de rcrtaine-i con^troction." liybrides, moitié prcoqne» cl moitié toscane", qui tiennent de l'ordonnance hellénique en ce «en." qu'elle.» reproduisent le plan d'un temple in niilit, mai» qui, coinmo le" tvmplex étni»qnc-, ont un portique d'entrée, disposition
illogique, puinquc dans le temple in mifi' le» sûtes doivent être nur le front mcnic du monument. H. C'cpt celle qui p,ir:itt être le plu? en faveur en Allemagne. Dans la plupart de» ouvrage'" de vulgari.«ation archéologique, le temjilc élni«qne c.«t toujours représenté d'apré» les dessins de Scmper. Voir Dunn, liiuiknuil ilrr Ktrnthr, p. lu.
L'ARCHITECTURIi RELIGIEUSE.
pas entre les points où sont les antes et l'axe longitudinal du temple ; mais ils s'élèvent entre cet axe et les deux lignes qui de chaque côté passent par l'ante. L'expression inter antas désigne donc le rapport à une liijne et non pas le rapport à un point. Or, s'il y a deux lignes, celles des deux murs extérieurs, qui passent par les antes, il y en a une troisième qui passe aussi par les antes, c'est la ligne qui sépare la postica de Vantica, qui coupe perpendiculairement et par la moitié l'axe longitudinal du temple et où viennent s'arrêter les murs des cellas. Je crois que c'est à cette ligue que Vitruve fait allusion quand il dit :
inter antas et columnas priores. On remarquera de plus qu'en parlant des colonnes qui sont au droit des inurs cxtérieurÈi, Vitruve emploie le mot regio au singulier, au lieu qu'ici il met le pluriel : iisdein regionihus, comme s'il entendait faire une sorte de récapitulation et désigner les quatre murs de refend. Enfin l'expression per médium semble indiquer qu'il s'agit de l'espace resté vide au milieu de Vantica : s'il n'était question que d'une colonne intermédiaire à placer entre l'ante et la colonne d'angle de chaque côté, le terme juste serait in medio. Voici donc comment j'interpréterais le passage : « L'espace en avant du temple devant les cellas sera occupé par des colonnes : les colonnes d'angle (1,4) seront dans l'axe des antes A) au droit des murs extérieurs (AB, CD) ; entre ces colonnes, deux autres (2, 3) seront placées au droit des murs qui s'élèvent entre les lignes des deux murs extérieurs (AB, CD) et l'axe longitudinal du temple (X X) ; enfin dans l'espace intermédiaire compris entre l'alignement des antes (A D) et les colonnes de la première rangée (1, 2, 3, 4) on disposera une rangée de colonnes (5, 6, 7, 8) dans l'axe des premières '. »
1. Les lettres et les chiffres renvoient au plun annexé à la fig. Is3, p. 275.
Fi^. 17î>. — Plan de la tombe de Cerv(-tri, lUte il pilastres. (Voir plus haut, p. 193, fig. 15».)
266 LART ÉTRISQL'E.
Ici s'arrêtent les renseignements de Vitruve sur le jilan du temple étrusque. Avant d'aller plus loin, nous devons nous demander si ces renseignements ont une valeur absolue ou seulement relative, s'ils s'appliquent indistinctement h tous les temples étrusques ou seulement à quelques-uns, eu un mot si le plan que nous avons essayé de reconstituer répond à un type invariable et uniforme, ou seulement à quelques exemples particuliers. La réponse n'est pas douteuse. Ce n'est pas un plan type. C'est le plan d'un temple déterminé que A'itruve a vu et observé : peut-être, comme l'ont pensé Hirt ' et 0. Millier ", est-ce le temple de Céi-ès, Liher ^i Libéra, consacré à Rome par Spurius Cassius en 491 av. J.-C, construit par conséquent à lépoque où riiistoire de l'architecture romaine se confond avec celle de larcliitecture étrusque, temple qui subsistait encore au temps de Vitruve et qu'il mentionne ailleurs expressément comme exemple de- ICrdonnance toscane '.
Il est certain qui] y avait d'autres plans que celui-l;\. Vitruve du reste le laisse entendre lorsqu'il envisage rhyi>othèse d'un templi- à cella unique flanquée d'ailes latérales. Mais voici d'autres preuves plus significatives encore. Gamurrini ' signale j^rès d'Orviéto les ruines d'une chapelle à cella unique du type grec dit ('/ antes, c'est-jVdire avec deux colonnes en façade entre les antes. L'existence de petits sanctuaires analogues est encore attestée par la disposition d'une cliamlire sépulcrale de Cervétri (fig. 179) et par un grand nombre d'urnes funéraires en forme d'édicules. Quelques-unes sans doute peuvent aussi liien reproduire l'image d'une maison que celle d'un temple. Mais pour plusieurs d'entre elles l'assimilation i\ une chapelle me parait incontestable. Micali, ])ar exemple, en cite une qui, avec ses quatre colonnes angulaires, ses chapiteaux à volutes et la richesse de sa décoration arcliitectoniiiue, a quelque chose de monumental qui convient idutôt à un édifice religieux qu'à une hal)itation jaivée (fig. 180\ Il est diflirile de ne pas considérer comme une chapelle en raccourci une autre urne en forme de temple à cella unique qui .'i été tniuv(''e ;'i (">rvi(''ti> dans les