Bulhtino, 1879, p. 4i
4. 0. MiiUer, se fondant sur un texte de Tite- Live (XXVIII, 4.->, 14), dont la lecture n'est mal-
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des points de repère clironologiques, des écoles bien définies, des styles nettement caractérisés et qui se succèdent dans un ordre logiijue, des noms propres, des chefs-d'œuvre bien conservés, une multitude enfin de témoignages antiques, en Etrurie vous êtes aux prises avec un art presque insaisissable. Point de dates certaines, point de noms, point de textes. Des monuments nombreux, mais peu variés et souvent sans valeur, des ateliers locaux sans lien les uns avec les autres et dont la fortune passagère dépend d'un hasard lieureux, d"un modèle
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Fig. B06. — Plaques il'iToire eculpUi ; maséc Jn Louvre. J/onumcnfi. VI, pi. XLVI. 1, J, 8. t.
apporté de l'étranger ou iFiin artisan grec égaré en Italie, enfin des styles disparates. Dans ces conditions, on ne tarde pas à reconnaître qu'il est vain d'entreprendre une histoire méthodique de la sculpture en Etrurie. Il faut se borner à réunir un certain nombre d'observations .sur la manière dont cet art s'y est développé.
Constatons tout d'abord que la sculpture n'est pas un art indigène en Etrurie, mais un art d'importation. Pendant longtemps il est certain qu'elle n'existe jtas. Dinvuit touti.' la période (]ue représentent pnnr
heureaMmcnt p.i.s certaine (les iidk ILocnt Incera- | certaines parties de l'Étniric pnxIiiiNticut bciiimtnla narium, les autres inirramtnin). pense que I coup de cire. ( f'i ruiker, I, p. JIC. 2"').)
LA SCULPTURE
nous les tombes à liozzo, vous surprenez bien ici ou là quelque manifestation naïve de cet instinct plastique dont je parlais tout à l'heure, mais cet instinct végète abandonné à lui-même et ne se traduit que par quelques reliefs rudimentaires dans la fabrication des objets de vaisselle ou de toilette. Le premier éveil est donné par Fart oriental, dont les modèles pénètrent en Italie sous forme d'ivoires, do bijoux, d'amulettes, d'armes, d'étoffes. La Grèce s'engageant à son tour dans les voies ouvertes à la civilisation par le commerce asiatique, les modèles grecs s'offrent aux Etrusques en même temps (jue les modèles orientaux, puis éliirriuent conq)lètement ceux-ci et fiaissent par demeurer les maîtres du marché italique. Les effets de cette action combinée de l'Orient et de la Grèce sont faciles à démêler dans les plus anciennes œuvres de la plastique étrusipie ; ils avaient même été remarqués dans l'antiquité. Strabon signale déjà la ressemblance de la sculpture étrusque avec celle de l'Egypte et celle de la Grèce archaïijue '.
En même temps que des modèles étrangers, l'Etrurie reçoit des artisans. Les Phéniciens et les Grecs étaient d'un caractère trop aventureux pour qu'il ne se soit pas i-encontré à Tyr, à 8idon, à Carthage, à Chypre, à Rhodes, à Chalcis, à Corinthe ou à Athènes, quelque ouvrier mécontent de son sort et prompt à chercher fortune dans ces pays nouveaux que les marins de son pays visitaient si souvent et dont ils parlaient sans doute comme d'une sorte de merveilleuse Amérique, avec cette exagération familière aux voyageurs de tous les temps, toujours portés à vanter l'inconnu qu'ils connaissent devant ceux qui ne le connaissent pas. Plus d'un dut s'engager à leur suite vers les routes de l'Occident, d'autant plus que les occasions de partir ne manquaient pas et que souvent les ports grecs étaient visités par des chefs d'expédition, véritables agents d'émigration, comme l'Athénien Théoclès, qui allait à Chalcis recruter des compagnons pour fonder avec eux en Sicile la ville de Naxos". La légende mentionne, parmi les Corinthiens venus à Tarquinii &Nec Demaratos, plusieurs artistes, Ecphantos, Eucheir et
1. Strabon, XVII, p. 80('>. L'Egj-pte ici représente d'une manière générale rOrient. Les Grecs étaient incapables de distinguer l'art égyptien
de l'art phénicien.