‹ L'art étrusqueChapitre 201 sur 357 · Curtius, llht, yr., trad. Eouché-Leclercq, I, p · texte numérisé non relu

Curtius, llht, yr., trad. Eouché-Leclercq, I, p

Eugrammos '. Je veux bien que l'on i^uisse mettre en doute la réalité historique de ces personnages ; mais quand ces noms seraient pureinent allégoriques, ils n'en conserveraient pas moins le souvenir d'un passage d'ouvriers grecs en Italie. Plus tard, au commencement du cinquième siècle, nous retrouvons à Rome deux Grecs, venus d'Etrurie, Gorgasos et Damopliilos, appelés pour travailler à la décoration du temple de Cérès. L'Etrurie dut ainsi s'enrichir plus d'une fois d'artisans étrangers, qui furent pour elle des maîtres et de qui elle reçut les éléments de l'art plastique.

La sculpture doit donc être considérée en Etrurie comme un art d'importation, et quand nous lisons " que l'opinion générale de l'antiquité attribuait aux Etrusques l'invention de la statuaire en Italie, il ne faut pas prendre le texte à la lettre. Il est vrai seulement en ce sens que les premières statues exécutées dans la Péninsule l'ont été en Etrurie ; mais cette priorité est tout accidentelle : elle n'est pas due au génie personnel du peuple étrusque et n'est que l'effet d'un hasard heureux qui a porté en Etrurie les ])remiers modèles plastiques et les premiers maîtres.

Si la sculpture n'est pas née d'elle-mC'me sur le sol de l'Etrurie, il est facile de voir j\ quelle date à peu près et dans quelles régions elle a commencé. Il est clair qu'elle n'est pas antérieure au grand mouvement commercial et colonisateur qui du huitième au septième siècle a entraîné les Phénico-Carthaginois et les Grecs vers les côtes de l'Italie. Il est clair aussi que ses premières œuvres durent éclore aux points OIT ce mouvement se portait de préférence, c'est-îi-dire le long des côtes de la Toscane méridionale, i\ Cœre, à Tarquinii, à Viilci et dans les villes voisines. C'est dans cette région, nous l'avons vu, qu'est en quelque sorte le point de débarquement de la civilisation dans l'Italie centrale. C'est i\ Tarquinii, à Vulri,k Preneste que se trouvent, confondus avec une foule d'objets d'origine orientale (vases d'or et il'argcnt, bijoux, verroteries, bronzes historiés, œufs d'autruche, etc.), les premiers oxcm])les de plastique qu'aient fournis les nécnqioles étrusques; les

1. Pline, //. ,V., XXXV, m;. | 2. Cossiodorc, Varinruni. VII. l.'i.

LA SCULPTURE

plus anciens monuments de la sculpture toscane sont en effet : un buste de bronze et une statue de pierre en forme de xoanon (fîg. 207), provenant de la Grotte cVlsis: des fragments de sphinx et de chevaux marins découverts à Vulci sur l'emplacement de la Cucumella ' ; trois figures en terre cuite représentant des femmes vêtues du chiton et du pejilos, que l'on a trouvées assises sur des chaises taillées dans le roc à Cervétri ' ; enfin le sarcophage di; Louvre, qui provient aussi de Cervétri. Les premiers ateliers sont donc dans la Toscane méridionale.

Aussi, quand les Tarquins veulent décorer de statues le toupie du Capitole, s'adressent-ils à un artiste de cette région, à Vulca ou Viilcanius de Ven\

Ainsi, vers le sixième siècle avant notre ère, l'art de la statuaire est concentré dans la Toscane méridionale et maritime, dans les environs des points où la civilisation gréco-orientale a pris pied en Italie. Trois siècles plus tard nous le trouvons partout, à Bologne, à Volterra, à Cortone, à Pérouse, à Chiusi, dans la haute comme dans la basse Etrurie. De quelle façon s'est-il propagé dans l'intervalle? Les données

mancjuent pour résoudre la question. On ne peut que constater l'existence d'un certain nombre de centres de production, sans pouvoir dire à quelles circonstances ils doivent leur origine.

Chacun d'eux a ses traditions, sa technique, ses sujets, son style. A Cortone, Arretium, Perusia, on travaille plus spécialement le bronze; à Clusium on taille la pierre; à Volaterrœ on cisèle l'alhatre ; à Tarquinii

"ig. 2U7. — Statue de pieiTe en fonne de .; Grotte d'Isîs à Vulcî. Micali, Monum.

pi. VI, 1. Hauteur, 0",95.

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