iloimmenti , I, pi. XLI
■2. Bullelino, 18C6, p. 177.
.3. Pline, 7/..V., XXXV. 15
niiis de FregeUœ, que l'on cite souvent, est le résultat d'une lecture fautive.
. Le nom de Turi-ia-
L'AKT Eira'SQUE.
et à Cœre on a quelque préférence i>our l'arcrile. Les types varient suivant les ateliers. A Chiusi vous rencontrez un type que vous chercheriez en vain ailleurs, celui du cinéraire-statue. A Chiusi aussi se voient des bas-reliefs d'une facture sèche et plate, qui ne ressemblent à aucun autre bas-relief étrusque. Les urnes de Volterra diffèrent des urnes de Pérouse, lesquelles diffèrent à leur tour des urnes de Chiusi. Les stèles de Bologne sont propres h Bologne. Chaque localité a ainsi une vie artistique indépendante, de nicme que chacune
d'elles a des usages funéraires qui lui sont propres , ainsi que des types de sépultures.
Vous n'avez pas ici, comme en Grèce , cet échange de relations entre les ateliers , cette communion defforts, qui fait
«juc, tout en conservant ciiacun ses traditions et ses (jualités propres, tous cependant profitent des progrès accomplis dans la technique et dans le style et marchent d'un pas presque égal vers la perfection. Eu Étrurie, chaque atelier a son rayon d'action limité, travaille isolément et vit de sa routine.
Cette routine d'où vient-elle? J'imagine que les choses devaient se passer de la manière suivante : un beau jour, un ouvrier sorti des ateliers déjà prospères de l'Etrurie maritime, de l'Etruric hellénisée, va dans l'intérieur du pays et se fi.xe A C/usixm, par exemple. Il apporte avec lui une technique, celle qu'il tient de .son ancien atelier; des modèles, ceux qu'il a déjà copiés; un style, celui auquel ses yeux et sa main sont accoutumés. Voilà cette technique, ces modèles, ce style
: À Arezz". Musée de Florence.
LA SCULPTURE. 311
implantés à Clusium. Une tradition s'établit, et ce iju'on pourrait appeler l'école de Clusium est fondée.
Mais comme cette école est née d'une rencontre fortuite, que ses traditions ne se sont pas formées lentement et par un progrès raisoimé, elle ne les conserve qu'autant qu'une seconde rencontre ne vient pas détruire l'effet de la première. Or les influences étrangères ne cessent de s'exercer sur les côtes de l'Etrurie ; ini va-et-vient commercial met continuellement eu rapports les Maremmes et le haut pays ; marchandises, ouvriers sillonnent les vallées, de la mer à l'Apennin. Il arrive alors que l'école locale, se trouvant sur le chemin de tous ces passages, et n'ayant pas en elle cette force de résistance que donne aux ateliers comme aux hommes l'énergie d'une originalité mûrie, demeure accessible à toutes les innovations et se trouve ù la merci d'un ouvrier nouveau qu'elle embauche ou d'un modèle nouveau qu'elle reçoit. Les traditions vacillent comme une flamme à tous les souffles.
Nulle part cette instabilité n'est plus manifeste qu'à Chiusi. Groupez les unes à côté des autres toutes les œuvres de sculpture qui proviennent de cette localité : vous avez quatre styles différents, celui des canopes, celui des statues, celui des bas-reliefs et celui des urnes. Dans les canopes vous observez un réalisme naïf, mais intense, qui trahit une étude sincère du visage humain d'après nature, et non pas du visage humain en général, mais d'une physionomie bien déterminée. Les statues d'autre part, abstraction faite de la tête, qui souvent a un caractère individuel, présentent des types conventionnels, celui du xoanon ou de la déesse mère assise, d'un archaïsme d'imitation et d'une sécheresse de formes qui contrastent singulièrement avec la facture des têtes. Sur les cippes vous avez des figures plates, tantôt lourdes et engoncées, qui font songer au style des vases de style corinthien, tantôt des figures minces, allongées, avec des raaius et des pieds d'une ténuité extrême, qui rappellent de loin les bas-reliefs attiques du sixième siècle. Si maintenant vous passez aux urnes, vous observez, au lieu d'un relief ])lat et à peine modelé, un relief saillant, presque en ronde bosse, et, au lieu d'un style conventioiniel, un st}'le qui trahit la recherche du réalisme. De pareilles variations ne sauraient être con-
sidérées comme les phases naturelles d'un art (jui se développe avec suite et logiquement. Il y a là une série de changements qui, de même que certaines déviations planétaires, supposent l'action latente d'une cause perturbatrice. A de certains moments les ateliers de Chiusi ont dû être traversés par des influences diverses qui les ont jetés hors de leur voie. Le même fait a dii se produire partout en Etrurie, parce que partout la sculpture y était moins un art qu'une industrie, et que l'industrie, différente en cela de l'art, vit moins de traditions raisonnées que de nouveautés sétluisantes et faciles.
On ne peut donc pas étudier la sculpture étrusque comme on étudie la sculpture grecque, c'est-à-dire par périodes chronologiques. Tandis qu'en Grèce vous pouvez suivre l'histcire de la plastique depuis la rudesse naïve de rarchaïsme jusqu'à l'aisance savante de la perfection et plus tard jusqu'au style mouvementé de l'époque alexandrine, eu Etrurie vous êtes à chaque instant déconcerté par des retours en arriére, I»ar de Itrusques changements, qui deux-mêmes ne s'expliquent pas. A Chiusi, par exemple, l'archaïsme des cippes est postérieur au style plus libre et plus franc des canopes, de telle sorte que l'ordre logique et naturel se trouve pour un moment renversé. D'autre part, toutes les localités étrusques n'étant pas également et simultanément ouvertes aux influences étrangères, tous les ateliers ne passent pas par les mêmes phases ou n'y passent pas eu même temps. L'unitication des styles n'a lieu qu'au troisième siècle, quand paraissent les urnes cinéraires, c'est-à-dire à l'époque qui marque la fin de l'art étrusque.
Puisqu'il est impossible d'étudier la sculpture étrusque comme un ensemble homogène, et que, d'un autre côté, les monuments de provenance certaine et datés avec précision ne sont pas assez nondireux j»our qu'on puisse faire actuellement avec sûreté l'Iiistoire de chacun <les ateliers locaux, nous classons ce qui nous reste de la sctdpture étrusque par catégories d'œuvres semblables, quitte à indicpier en passant le peu qu'on sait des ateliers auxquels elles peuvent apjiartenir et de l'époque à la(iuelle il convient de les rattacher.