‹ L'art étrusqueChapitre 226 sur 357 · I. Aniiali, ÏH6, p · texte numérisé non relu

I. Aniiali, ÏH6, p

LA SCULPTURE FUNEKAIRE.

Le voyage de l'âme vers le monde infernal est souvent représenté et de plusieurs manières^. Le mort chemine soit sur le dos d'un cheval', soit sur la croupe d'un monstre marin', soit traîné dans un char à deux chevaux i fig. 245). Presque toujours il est accompagné dans cette sinistre migration par un ou plusieurs Charons et génies funèbres, armés d'épées ou de maillets, qui conduisent eux-mêmes l'attelage par la bride ou suivent de près comme s'ils craignaient de voir leur proie s'échapper. Cette catégorie de sujets est très curieuse au point de vue de la démonologie étrusque. C'est elle qui nous fait le mieux connaître tout ce monde de génies que la sombre imagination des Etrusques avait conçus comme les pourvoj'eurs de la mort. Partout des Charons grimaçants, hideux, brandissant une massue ou un maillet, ou des Furies ailées, armées de torches et de serpents. Tous ces ministres du roi des enfers, avides d'exécuter leur cruelle besogne, impatients de couper court aux effusions de la tendresse et du désespoir, se penchent au chevet des mourants, brusquent par leurs menaces les embrassements suprêmes, ou pressent le pas des ombres qui font route sous leur escorte, pour atteindre plus vite le séjour d'où l'on ne revient pas. Il semble que le sculpteur cherche à traduire d'une manière saisissante l'amertume de la mort, le déchirement de la séparation, le cou[) soudain qui frappe les hommes au milieu de leurs affections et

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