Voir plus haut, p. 178, fi
i. Conestabile, Sepolcro dei Vohtnni, pi. XVII, 1, XIX, 1.
AIÏT ÉTRUSQUE.
I ifi ii\ i I I > I
^iz:
JlLlL.LiLiULUJiLiniJlLi
L'AliT ETRUSQUE.
de leurs joies, la force mystérieuse qui les arraclie à la vie pour les jiorter dans les ténèbres d'un terrible inconnu.
Ces idées, qui constituent le thème principal et comme le refrain de leur imagerie funéraire, les Etrusques se plaisent surtout à les exprimer au moyeu d'une scène mythologique ou légendaire. Ici nous arrivons à une troisième catégorie de sujets, catégorie extrêmement riche et qui comprend au moins les trois quarts des bas-reliefs des urnes et des sarcophages.
Ces sujets sont empruntés aux traditions liéroïques île la Grèce '. Nous retrouvons là les princijiaux cycles légendaires, le cycle troyen, le cycle thébain, ainsi qu'une multitude de mythes secondaires (|ue
1. Ceux qni reviennent le plus souvent l'ont : rcDivvemcnt d'Hélvne; le l'.icrificc d'Iphigénie ; Pliiloctùtc & Lcœnos ; Télùiihc au camp des Grecs; les funérailles d'Antilocbos ; l.t mort do Troïlos ; Pfiris menacé de mort par ses frères ; Hector trainu dcrricre le char d'Achille ; le combat autour du c.ada\TO d'Achille; le cheval de Troie; la prijc do Troie ; la mort d'Astj-anax ; Ulysse et le Cyclopc ; Ulysse et le» Sirùncs ; Ulysse et Scylla ;
Ulysse et ses comi>agiions chez CiroO : le m.a5s:icrc des prétendante ; la mort d'Ag.anienmon : Orcstc et Electre aupK-s du tombeau d'Agamemnon: Orcste et Pylade en Tanride; la mort de Nvoiitolcme ; la mort de Clytemnestre et d'Égisthe : Orcstc et le» Furies ; la mort de Laïus ; le supplice d'<Edipc h qui l'on crève les yeux; les Scjit devant Thèbes; la mort d'Amphiarniis : Ktéoclc et rolynicc; le combat de» Centaures et de» Lapithes ; le comKit de»
LA SCULPTURE FUXERAIUE.
l'art gvec et l'épopée ont plusieurs fois développés et dont les vases peints présentent l'illustration populaire. C'est sans doute sur ces vases peints, répandus par milliers en Italie, que les sculpteurs étrusques prenaient les éléments de ces compositions mythologiques. Mais ils ne puisaient pas au hasard dans le riche fonds de la mj'thologie hellénique. Leurs bas-reliefs devant avoir une destination funéraire, ils laissaient de coté tous les sujets qui n'étaient [)as propres à mettre sous les yeux la poignante réalité de la mort, ])o\ir ne s'at-
Fig. 252. — Act'jon dévorv par ses cliieus. Bas-relief d'ime urne cinéraire. Musée de Florence.
tacher qu'à ceux qui avaient un caractère tragique, st)it par les spectacles sanglants qu'ils pouvaient offrir, soit par les souvenirs ou les appréhensions qu'ils pouvaient éveiller. Lorsque Polynice et Etéocle se précipitent l'un sur l'autre et s'enferrent ou qu'ils tombent tous deux l'un en face de l'autre, blessés à mort (fig. 251); que Laïus est assommé par Œdipe avec les roues de sou char brisé; qu'Œnomaùs roule dans la poussière; que les prétendants sont exterminés par Ulysse; que les Niobides périssent .sous les flèches d'Apollon; qu'Actéon se
Grecs et des Amazones ; Thésée et le Minotaure ; la mort cl'Hii)poIyte ; Alceste et Admùte ; la mort (l'Œnomaiis ; le sanglier de Calydon ; le héros (Cadmus, ou Jason. on le héros de Marathon) com-
battant avec un soc de charrue; Actéon dévoré par ses chiens ; le massacre des Niobides ; Hercule et Glaucos ; Polliix et Amycos.
débat contre ses cliiens qui le dévorent fig. 252) ; qn'Égisthe et Clyteninestre meurent, massacrés par Oreste et Pylade, partout la mort est présente et l'allusion funéraire facile k saisir. Ailleurs elle est plus ou moins voilée, mais toujours intelligible. Si vous voyez Ulysse enchaîné à son mât (fig. 253), le cheval de Troie, Oreste et Pylade devant l'autel d'Artérais Taurique, Hélène s'embarquant avec Paris, vous pensez aux funestes enchantements des Sirènes ou bien à la tragédie dont le dénouement sanglant est proche. La mort n'est pas encore là, mais elle est près de venir : les victimes sont désignées et tôt ou tard le fatal destin va s'accomplir. Ainsi toutes les légendes de la mythologie et de l'épopée grecques ne sont pas indistinctement appliquées par les Étrusques à la décoration des sarcophages et des urnes ; et cela se comprend, puisque ces légendes n'ont par elles-mêmes aucune signification funéraire et ne sont pas autre chose que de brillantes histoires, dont s'est amusée, comme de contes, l'imagination hellénique, qu'elle a conservées avec une pieuse fierté comme les souvenirs d'un passé héroïque, mais auxquelles jamais elle n'a attaché la moindre valeur symbolique.
En choisissant pour sujet d'un bas-relief funéraire tel ou tel épisode de l'épopée hellénique, on peut dire tjue le sculpteur étrusque fait abstraction de l'épisode lui-même ainsi que de la personne des héros qui s'y trouvent mêlés, pour ne voir que ce qu'il y a dans cet épisode de tragique, de meurtrier, de sanglant. Agamenmon, Etéode, l'olynice. Laïus, Achille, Hector, Amphiaraùs, Actéon, Œnoraaûs, Égisthe, tous ces personnages ne l'intéressent pas en tant que héros de légendes célèbres, mais en tant ([u'hommes qui meurent ou vont mourir. De là vient qu'il ne craint pas d'interpréter à sa façon le talileau mythologique dont l'art grec lui fournit l'idée et les princijiaux personnages. Il prend à la Grèce les grandes lignes de sa composition, mais les détails lui appartiennent. Que lui importe de savoir que c'est aux i>ortes de Thèbes qu'un héros nommé Capanée a été foudroyé par .Inpiter? Il a une scène tragique, il ne lui en faut pa.s davantage : cette scène, il l'arrange de telle façon que Capanée, au lieu de mourir devant une porte de Thèbes, se trouve renversé devant la porte ileJVArco de
LA SCULPTURE FUXERAIKE.
Volterra, devant cette fameuse porte dont l'archivolte est décorée de trois têtes humaines '. Ailleurs cette même porte est attribuée à la ville de Troie, dans laquelle les Grecs viennent d'introduire le cheval de bois '. Il y a plus : comme si l'épisode choisi ne parlait pas assez de lui-même, le sculpteur entremêle sa composition de personnages, d'éléments mythologiques, tout à fait étrangers ù la Grèce et dont la conception est purement étrusque. Au milieu des héros grecs il dispose xm certain nombre de génies infernaux, Charons ou Furies. Tandis qu'Agamemuon, embarrassé dans les plis d'un long
Fijî, 253. — Ulysse passant devant le rocher des sirènes. Uas reiiel dune urne ciu-raire. Musje de Floreuce.
voile, essaie de lutter contre Egisthe et Clytemnestre, une Furie debout dans un coin du tableau attend le dénouement du drame. Une autre, assise sur un rocher, contemple le duel fratricide d'Etéocle et de Polynice. Le char d'QCnomaiïs est suivi par une Furie qui brandit une épée, tandis qu'un hideux Charon saisit un des chevaux par l'oreille. Paris et Hélène , au moment de s'embarquer, sont accompagnés d'une Furie qui tient une torche au-dessus de leurs têtes. Des génies se mêlent aux conil)ats des Centaures contre les Lapithes, Toutes les fois qu'un héros agonise ou rend le dernier soupir, l'inévitable démon {larait, messager de la moit. Cette comliinaison de la