CHAPITRE XV
LES STYLES DE LA PEINTURE
§ 1. — l'akchaiVme d'imitation.
De toutes les fresques étrusques, les plus anciennes de l'aveu général sont celles de la tombe Campana à Véies'. Ces peintures se répartissent en quatre tableaux, qui se développent deux par deux de chaque côté d'une porte ouverte et sur deux zones horizontales superposées. Ceux de la zone supérieure représentent d'une part un cheval avec son cavalier et derrière lui un léopard accroupi ; d'autre part un cheval portant un cavalier avec un chien en croupe ; le cheval, aux pieds duquel court uu second chien, est tenu en main par une sorte d'écuyer et précédé d'un autre persomiage armé d'une hache à double tranchant (fig. 282) '. Les tableaux de la zone inférieure représentent d'une part un sphinx, un âne (?) et une panthère (fig. 283) ; d'autre part uu lion et deux chiens (fig. 28-4). Le champ est rempli par des tiges et des fleurs de lotus. La coloration est pauvre et ne comporte que trois tons, — rouge, noir, et jaune, — sur un fond gris jaunâtre. Elle est d'ailleurs toute conventionnelle et fait plutôt penser à une tapisserie qu'à une peinture.
L'aspect de ces fresques est des plus étranges. Les animaux ont tous des formes invraisemblables. N'étaient sa courte encolure et sa longue croupe, le cheval se prendrait facilement pour une girafe, tant
1. Dennis, I, p. 33. — Pour Tétude des styles de la peinture étrusque, voir Brimn. Annali, 1859, p. 325 etsuiv.; 18(;i), p. 422 etsuiv. Helbig, Annali, ISfiP., p. .".se et suiv.; 1870, p. 5 et suiv.