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LES STYLES DE LA PEINTURE
jeune fille à l'autel : nous l'avons déjà souvent rencontrée sur les bas-reliefs funéraires. Etrusque est l'autel, avec sa construction en marqueterie et ses lourdes moulures. Etrusques sont les costumes, les tissus à couleurs voyantes, les vêtements en forme de maillots qu'on prendrait pour des cuirasses s'ils ne se moulaient pas si bien sur les bustes et ne montraient leurs Iwrdures brodées, enfin les hauts brodequins ou guêtres à la poulaine que l'on retrouve à chaque instant sur les bas-reliefs et les peintures. Etrusques enfin sont les personnages avec leurs visages pleins, leurs fronts un peu fuyants, leurs barbes taillées eu rond et leurs moustaches rasées.
Mais si étrusques que soient tous ces caractères, je crois qu'ici eucore, comme dans les fresques Cam})ana, il faut faire une large part à l'imitation des céramiques grecques.
On sait qu'un grand nombre de vases grecs archaïques ont été trouvés à Cervétri : Cœre était pour ce genre de produits helléniques un centre d'importation considérable. Si l'on compare les plaques de Cervétri aux vases grecs d'ancien style, on constate de nombreuses analogies. Comme sur ces vases, la composition est d'une grande simplicité et se développe sur un plan unique à la façon d'un bas-relief. Les personnages se voient tous de profil et marchent tous les deux pieds posés à plat; les femmes se distinguent des hommes par la couleur blanche des chairs ; tous les yeux sont figurés de face ; les plis des étoffes légères se marquent par de petites ondulations parallèles. Certains gestes sont bien grecs, celui de la main droite de la femme, par exemple, qui tient la branche de feuillage (planche IV, 1). Le groupe des deux vieillards assis face à face sur des pliants se retrouve aussi sur des vases peints (planche IV, 4). Peut-être les principaux éléments de la composition sont-ils empruntés à quelque vase représentant le sacrifice d'Iphigénie. C'est ce qui expliquerait pourquoi l'on est si aisément tenté d'interpréter ces compositions comme l'image du sacrifice d'Iphigénie.
Nous ne dirons que quelques mots des plaques Boccanera, dont le sujet d'ailleurs est incertain. Deux de ces plaques, qui très probablement étaient destinées à se faire pendant de cha(]ue côté d'une
porte, représentent un s|iliinx avec une patte levée. Sur les trois autres se développe une suite de neuf personnages, sept femmes et deux hommes. M. Brizio y voit une scène de galanterie où deux vieillards, cherchant à plaire à une jeune femme, se trouveraient évincés par deux jeunes gens. C'est vraiment pousser trop loin l'ingéniosité, d'autant plus que les prétendus jeunes gens, ayant des robes longues et des chairs peintes en blanc, ne sont pas autre chose que des femmes. Il est bien plus simple de croire avec Dennis ' que le sujet est une procession funéraire dans le genre de celles qui sont souvent figurées sur les bas-relieis.
Les plaques de Cervétri sont d'un autre style que les fresques de Veii et témoignent d'un art moins incertain. Le dessin est encore lourd, mais on y devine une main plus sure d'elle-même. La coloration, réduite au noir, au blanc, au rouge et au jaune, a toujours quelque chose de terne et de somlire; mais elle est moins bizarre; si elle n'a pas la prétention de rendre exactement la nuance vraie des choses, du moins ne procède-t-elle pas avec cette fantaisie qui fait des animaux de Veii de véritables caricatures. Les corps en mouvement ont quelque chose de raide et de compassé, mais en revanche les vieillards assis sont fort bien venus. Les contours sont exacts et marqués d'un trait franc. Les jiroportions sont justes, quoiqu'un l)eu ramassées. Les têtes ont un profil régulier et tous les détails du visage, les yeux, l'oreille, les sourcils sont bien mis î\ leur place. Les physionomies sont uniformes, mais les caractères des difèrcnts âges sont assez bien indiqués et la figure du vieillard plongé dans la douleur ne manque pas d'une certaine expression. Les exftrémités sont traitées avec soin : certains détails anatomiques sont accusés avec une exagération quelque peu naïve , mais qui témoigne d'un ettbrt consciencieux pour imiter la nature : c'est ainsi que l'on a mar- (jué les articulations du genou, du coude, des doigts etjuscpi'aux ongles. L'examen que nous venons de faire des peintures archaïques nous montre quelle direction prend dès l'origine lart de la jieinture en Etrurie. Le point de départ est l'imitation des peintures que le com-