‹ L'art étrusqueChapitre 267 sur 357 · LES ORIGINES DE 1,.V CÉRAMIQUE ÉTRUSQUE · texte numérisé non relu

LES ORIGINES DE 1,.V CÉRAMIQUE ÉTRUSQUE

Nous connaissons déjà la céramique primitive des Etrusques, celle que fabriquaient communément les populations contemporaines des pozzî. Je n'ai donc pas à revenir ici sur cette antique vaisselle, faite à la main, grossière d'étoffe et de façon, d'aspect sale et enfumé, moitié brune et moitié grise, décorée de stries géométriques. Transportons-nous à l'époque où la tombe kpozzo fait place à la tombe î\ fossa. A ce moment, nous l'avons vu, l'histoire de la civilisation toscane entre dans une pliase nouvelle. Les importations méditerranéennes se multipliant, l'industrie étrusque, jusqu'alors plus ou moins .stationnaire, est sollicitée par une multitude de inodMes orientaux ou helléniques et insensiblement elle transforme ses types traditionnels à leur image. Il y a là une période curieuse, qui comprend le septième siècle et une partie du sixième, où le génie étrusque, tiraillé entre plusieurs influences contraires, hésite et cherche sa voie, jtériode de tâtonnements obscurs, d'efforts plus ou moins heureux, d'incertitudes, difficile à définir comme toutes les périodes de transition, mais féconde entre toutes, parce qu'elle prépare l'édosion d'un art nouveau. Cette période, qui jtendant longtemps n'a jioint paru digne d'attention et à laquelle on ne s'intéresse guère que dejjuis (]uelques années ', est très importante A étudier au ]ioint de vue do la céramique, qui dans cet intervalle traverse une crise décisive et trouve en quelque sorte sa formule.

1. Uircli, Ancitnl inJUrij, p. 1 l.'i. I.ciiortu.int, Ga-.ttlt nrchrcln;i\iliit , 1879, p. ".W-118; llnzeilrilti Jitaw-ArU, IWO, XXI, p. 108. Klitsclic de la

Grange, BnlUtwo, 1883, p. 200-212; 18st, p. lyj. 197. Gnmurrioi, Anmli, 1884, p. 2I-21>.

LA CERAMIQUE. 453

Pour commencer, mettons à part tous les vases façoimés au tour. L'Etrurie n'ayant connu qu'assez tard, tout au plus vers le milieu du sixième siècle, l'usage de cet instrument ', les vases de cette sorte que l'on recueille dans les tombes à fossa et dans les plus anciennes tombes à caméra ne peuvent être que les produits d'une manufacture étrangère, importés par le commerce. Nous n'avons pas à les considérer ici, puisque c'est seulement l'iiistoire de la céramique étrusque qui nous intéresse.

En fait de poteries indigènes, nous trouvons tout d'abord des poteries villanoviennes, semblables à celles des ■pozzi. Les découvertes récentes deCornéto, de Vulci, de Vétulonia, de Bisenzio, d'Orviéto ont démontré que la fabrication de cette antique vaisselle a longtemps survécu aux pozzi '. On conçoit du reste qu'à une époque où les céramiques importées pouvaient être encore des objets de luxe, l'industrie locale n'eût pas péri et conservât toujours sa clientèle populaire. Ajoutez que peut-être, comme le conjecture M. Helbig ■', les rites funéraires ou religieux exigeaient l'emploi d'anciennes poteries, de même que chez les Romains certaines cérémonies, dont l'origine remontait fort loin dans le passé, ne pouvaient s'accomplir régulièrement qu'avec des vases conformes au type primitif, au type consacré par la tradition '.

A côté de ces poteries, qu'on serait tenté d'attribuer aux poz^d si l'on n'était pas sûr de leur provenance, on en rencontre d'autres qui au premier abord ne semblent pas très différentes, mais qui cependant dénotent de la part des artisans étrusques certains progrès. L'argile employée n'a pas changé, pas plus que la manière de la traiter : c'est toujours la même pâte peu homogène, mêlée de détritus, mal pétrie, mal cuite, brunâtre avec des teintes plus ou moins grises, selon qu'elle a été plus ou moins enfumée. Mais les formes sont plus variées, plus légères et aussi plus régulières, quoique faites comme précédemment à la main. Quelques formes apparaissent dont on n'a aucun exemple à l'époque des pozzi et qui sont, â n'en pas douter, conçues à l'image

Page 1