‹ L'art étrusqueChapitre 277 sur 357 · TS*Î · texte numérisé non relu

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long de la zoue figurée, soit en liant, soit en bas. La panse du vase

reste toujours nue.

Dans la même catégorie, il convient de classer, je crois, un certain nombre de vases ]>ruvenant aussi de Cervétri et de Cornéto, qui ressemblent aux précédents pour la forme et l'aspect général, mais qui n'ont pas de zone ;\ figures.

A distance on jurerait qu'ils en ont une : de près on constate qu'on est dupe d'une fausse apparence. Au lieu d'y estamper une suite (le personnages, l'oiivrier s'est contenté de tracer une série de stries verticales distantes l'une de l'autre de deux ou trois centimètres. L'eft'et décoratif est à peu près le même que celui qu'il aurait obtenu avec des figures, et le travail est simplifié. Cette pratique dérive de celle iiue niuis avons décrite l)lus haut : c'en est en quelque sorte la contrefa- Von.

Nous sunmies loin des céramiques noire^ de style oriental (pii se

fabriquaient :\ la fin du septième siècle ou au délmt du sixième.

C'est que le même instinct d'imitation, qui a d'abord porti' bs potiers

Flg. 3(iS. — Vmc il reliefs moulL'a et nppMqnC*. Uunliiro de Cliinsi Musl'C de Florence. Hauteur, 0",4».

LA CERAMIQUE.

étrusques vers les modèles pliénico-carthaginois, les a portés ensuite vers les modèles helléniques. Tout ici est grec en effet, non seulement les formes, qui par la pureté et l'élégance relative de leurs profils rappellent la plupart des types usuels de la céramique corinthienne, mais aussi, mais surtout la décoration. Si le procédé du cylindre

iio'. 306-30". — Grandes amphores en bucchero nero de Chiusî, avec bas-relîef5 moulés et appliqués. Jlusi^e de Florence. Hauteur, 0",80.

mobile paraît être d'origine orientale, en revanche les sujets sont grecs. Ils le sont si bien qu'on les retrouve, traités d'une manière à peu près identique, sur des monuments découverts en Grèce, sur une plaque d'or estampée jirovenant d'Athènes ' et sur jjlusieurs bas-reliefs archaïques de Sparte ".

1. Furtwaengler, Jrc/i.Zti/aH^,XLII,1884.p.9;i et suiv. ; pi. VIII, 1 .

■2. Mittlieilunijen (Athène.?). II, pi. XX-XXIV. Milchbœter, Ai)Jun'je Jer Kiinst, p. 220.

Cette évolution de l'industrie naissante du liucchero nero vers le style hellénique ne se produisit que dans les environs de Cœre, de Veii et de Tarquinu, dans cette région maritime de la Toscane méridionale qui nous a livré tant de beaux vases corinthiens et qui a été au sixième siècle l'un des plus puissants foyers de l'hellénisme en Italie. En dehors des nécropoles de Véies, de Cervétri et de Cornéto, les vases noirs avec reliefs imprimés au rouleau ne se rencontrent que par exception.

Cette évolution, toute locale, fut aussi passagère. Pour des raisons que nous ne connaissons pas, la fabrication des terres noires avait pris à Clusium et dans les environs un développement extraordinaire. Un jour vint où les ateliers de cette région eurent comme le monopole de ce genre d'industrie et imposèrent leurs types à toute la Toscane. Or à Clusium, qui par sa situation loin de la mer était moins exposée que les \àlles maritimes à subir la réaction de l'hellénisme, les potiers avaient fidèlement conservé certaines traditions d'ornementation asiatique '. Le succès que rencontrèrent leurs poteries, et la mode qui s'attacha i\ ce qu'on pourrait appeler l'article de Clusium, eut pour effet de remettre en honneur l'emploi du décor oriental dans la céramique noire. A partir de la fin de sixième siècle ", il n'y a plus d'un bout j\ l'autre de la Toscane qu'un seul genre de hucchero nero, dont le type, définitivement constitué, demeure longtemps populaire et ne disparaît guère que vers la fin du quatrième siècle \

Les formes, qu'il est impossible de décrire en détail sous peine de s'engager dans une énumération fastidieuse \ sont celles d'une vaisselle d'usage domestique. Il y a une grande quantité d'amphores de

1. Helliig, Annnll, 1877, p. 407 et siiiv., tav. d'agg. U, V, C-8.

2. Cest en effet & ce moment qu'on voit pour la première fois le buccliero du style de Chiusi se r<;pandre & Vulci, en mùtne temps que les vases attiquea à, figures noires et à figures rouges. Biil- Itlinp, 181*3, p. 162-H>8; 1884, p. KW.

n. n est difficile de donner une date précise. Tont ce qu'on peut remarquer, c'est qu'arec les urnes cinéraires & sujets mythologiques, qui sont

en ns.igr au troisième siècle, on ne trouve pas de bucthero nero.

4. Voir un catalogue méthodique dans les .Votitif, 1887. p. .It'iG. Mais il ne s'agit U que de vases trouvés & Orviéto. On trouvera l.i plupart des types reproduits dans Micali, .Vouiimcnti ptr ftrrirt, pi. XXI-XXVII: MoHumftili intditi, pi. XXVll-XXXII ; Noi'l de» Verger», VKtmrii ri les ÉirHêqufi, III, pi. XVIII-XIX ; Brongninrt et Riocrenx, Masit crramii/ue <U Sirrrt, pi. VI.

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Fig. 308-315. — Vase en hucchero nero de Chiusi avec reliefs moulés et appliqués. Ma>ie| de Florence. Au 1/8 de la grandeur réelle.

toutes dimensions ' (fig. 306, 307), beaucoup de vases à verser rappelant plus ou moins le type de l'œuochoé à bec trilobé; des gourdes, des vases en forme d'oiseau ou de poisson; une multitude de canthares, de coupes plus ou moins profondes, de calices, de tasses à un ou plusieurs pieds; des ustensiles de table ou de cuisine, tels que des plats plus -ou moins creux, des pots en forme de soupières, des cuil-

Fig. 31C. — Coopc en bucehero uero «Tcc niUeb moaliis et arpUqoiïs. ilagi'C de FIorcDo*. Micali, Mon. p. «rr, pi. XVII, 1. Au 1 3.

lers à manche [simpula]^ des marmites, des pilons, des réchauds ou brasero circulaires ou rectangulaires, avec une écliancrure pour attiser le feu et des tiges pour remuer la liraise ".

A jieu d'exceptions près, toutes ces jioterios sont ornées de reliefs du liant jusqu'en bas, et souvent avec une telle iirofusion que le galbe disparait sous la surcharge dn décor. Il y a des figures d'hommes et d'animaux, des godrons, des filets, des boutons partout où l'on a pu en mettre, sur la panse, au pied, au col, sur les anses; il y a sur-

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