Quelques-iinea ont jusqu'à 90 ccntimCtrcs
'J. A l'ipoque où l.-i fabrication de la ciramique noire es-t en pleine actiïiti,on f.iit an^si en buixhtro autre chose que de la vaisselle, des canopcs par exemple, des urnes ciniraires et jusqu'A des ta-
bleaux pour ccrirc.si toutefois tel i;t»it bien l'usage de certaines plaques rectangulaires que l'on trouve sonrent dans les tombes do Cbiusi arec un morceau de craie & côté (BiiZ/rtiiin, I«7tî. p. *\).
LA CERAMIQUE. 473
tout une multitiule de masques qui se dressent sur les bords comme des antéfises. Ajoutez à cela des cols en forme de tête de femme ou de tête de vache , des panses qui représentent soit un corps de poisson, soit un homme accroupi ou agenouillé, soit un oiseau; eutin des couvercles avec une colombe perchée au sommet.
Pour obtenir tous ces reliefs, voici comment il semble que l'on ait procédé. Les potiers devaient avoir un riche assortiment de ligures variées, modelées sur une face et à dos plat, analogues à nos figures de pain d'épice. Ces figures, estampées à l'avance à l'aide de moules en forme de cachet, qui permettaient d'en tirer d'innombrables épreuves, ils les appliquaient sur la surface encore fraiclie de l'argile, après y avoir préalablement étendu une couche de barbotine; puis, pour obtenir une adhérence complète et dissimuler les joints de la soudure, ils reprenaient avec un ébauchoir les bords du relief, les collant le plus possible contre le fond, aplatissant la pâte tout alentour, et comme ce travail, dont nu peut encore voir les traces en y regardant de près ', avait pour efi'et d'entamer un peu le relief de la figure, ils avaient soin d'en accentuer la silhouette en repassant les contours avec ime pointe sèche. Ils faisaient ainsi plusieurs fois la même opération, de manière à former autour du vase une ou ^Dlusieurs zones décoratives, composées à la façon orientale soit d'un seul et même motif indéfiniment répété, soit de motifs différents collés les uns à côté des autres sans aucune conception d'ensemble, sans autre règle que la fantaisie du moment. Le hasard offrait-il à leur main un modèle, ils le prenaient aveuglément, quitte aie couper par la moitié s'il était trop grand (fig. 316). Ce travail achevé, il leur arrivait souvent de remplir ce qui restait de champ vide par des dessins incisés, suivant les procédés de cette décoration à graftites dont la tradition remontait aux origines de la céramique indigène : ils traçaient des canards, des bandes horizontales de rectangles coupés par des diagonales avec des points en étoile, des rectangles à diagonales alternant avec des lignes en S, des chevrons, des zigzags, des espèces d'arbres à branches divergentes, des méandres, des cercles, des lignes horizontale*
1. Autour des figures le tond C3t toujours un peu iiiijgal par suite des retouches et des raccords.
AIIT É'ri:USQUE. GO
I/AltT EÏIU'SQUE.
parallèles, des triangles, le tout finement gravé au trait ou pointillé avec une roulette dentée.
La réserve des reliefs ] estampés était indéfinie en ce sens qu\>n pouvait tirer des cachets plusieurs milliers d'épreuves, mais au point de vue des sujets elle était assez limitée. En évaluant ceux-ci à une centaine environ, on ne serait pas loin de la vérité. Ils dérivent de
Fig. 31". ■- V^^c en t"tr. ■ I .VnubU. Mu- Kisr. 318. — Vase do burchero ufrn en fonnc il'fci/iioii,
«ic de Palcrmc. Mira». .!/<".;<•. (• r., pi. XXII. Mirali, J/.>n. jxr «j-r., pL XVII, 2. Hnutiur. O-.So.
Hauteur, 0".4'.i.
trois sources différentes, égyptienne, assyrienne et grecque. 1a'.>< mast|ues de femmes voilées avec les clieveu.K symétriquement pendants le long des joues rappellent un type familier à l'art égyptien et que présentent une foule de petites fioles d'alhâtre ou de faïence verni.ssée ' (fig.' 309, ?,15, ;)1H). Il en est de même de cette divinité i\ tête de chien qu'on voit sur un vase du musée de Palerme ^ ^lig. 3171, ainsi que d'une petite figure de nain accroupi qui est sept fois rejiroiluite sur une coupe de la collection t'higi, et dans laquelle on
1. n y en avait dans la Grotte d'Is-Uà Vulci. l J. C'est le vase dit dAcubis: il provient de la Hirali, .l/oiiiimrHri iiiri/i'^', pi. rV, î, 8, 4. | tombe Casuccini 4 Cliiu»i. Dcnni.«, II, p. 31.S.
LA CEIÎAMlgUE.
reconnaît l'image du dieu égyptien Ptah '. D'autre part, les lions couchés ou emportant leur proie (fîg. 305, 307, 314), les daims paissants, les quadrupèdes ailés (fig. 305), l'Artémis persiqae (fîg. 319) - ont leur origine dans l'art assyrien. Ces motifs égyptiens et assyriens sont si constamment mêlés sur les vases de huccliero nero (|u'il est évident que les Etrusques ne les ont pas directement pris à l'Egypte et à l'Assyrie, mais reçus par l'intermédiaire d'un art mixte qui les avait déjà combinés, par l'intermédiaire de l'art phénicien. Enfin viennent des ty[)es et des sujets empruntés i\ l'art grec archaïque, Pégase jiar
Fig. 319. — Tasse à pied en bticcfiero tiet avec qnatre supports arc-liontts. Mi sie de Florence, ilicali, Mon. 2fer sen pL XXI, 1. Hauteur, 0"MG.
Fi^. 320. — Collée en bucfhero wero avec support conique découp:^ à jour. Micali, Mon. p.serciihXXljij, Hauteur, 0'",1S.
exemple \ la Chimère '', Persée et la Clorgoiie (fig. 317), Thésée et le Minotaure ^ (fig. 313), le guerrier debout armé de pied en cap " (fig. 31G, 321), le groupe des deux personnages debout qui se tiennent embrassés \
La réunion, quelquefois sur un même vase, des sujets les plus disparates, le mélange des styles, la facture des reliefs, qui sont tantôt très plats, tantôt arrondis et comme l)oursouflés, tout cela iudiijue