Inwa/j, 1884, p
(i. Mittheilungen (Athènes), II, pi. XX, XXIf.
peut très bien concevoir t|ue des céramistes grecs, travaillant ii Cœre par exemple, aient cherché les moyens de plaire davantage à la clientèle indigène en travestissant à la toscane des personnages mythiques de la Grèce. Quoi qu'il en soit, l'origine étrusque des vases en question n'est pas démontrée. Dans l'état actuel de la science céramographique on ne peut que se tenir sur une prudente réserve.
Si l'on passe en revue les différentes classes de vases peints recueillis dans les nécropoles toscanes, on arrive presque toujours à conclure à une importation.
Voici, par exemple, tles amphores d'un type analogue à celui de Cœre, mais faites d'une terre plus rouge et plus richement décorées, avec des groupements de figures symétriques, un dessin relevé d'une multitude de traits incisés et des inscriptions en caractères non corinthiens. Il est certain qu'elles ne .sont pas étrusques : elles proviennent soit de Chalci.s, soit des colonies chakidiennes en Italie, peutêtre de Cumes '.
En voici d'autres dont le type est la coupe dite d'Arcésilas, trouvée à Vulci ■, i\ fond jaunâtre avec figures noires, relevées d'eugobes rouges et bleus. L'alphabet des inscriptions n'est ni celui de Corinthe ni celui de Chalcis. Comme les précédents, ces vases ne sont pas étrusques : on incline à les attribuer, sinon j\ la Cyrénaïque, du moins h mae fabrique située dans une colonie grecque d'Afrique \
Un vase de Cervétri, souvent cité connue type des premiers essai.s de la peinture céramique en Etrurie ', le vase de Polyphème, représente une autre catégorie de poteries, qui dérivent par leur style des modèles corinthiens et chalcidiens, mais qui offrent un choix de sujets plus variés et des inscriptions en caractères attiques. Des poteries analogues ayant été trouvées i\ Egine, i\ Phalère et sur racroi)ole d'Athènes, il est difficile de douter que la fabrique en ait été en Attique et que celles qu'on découvre en Etrurie y aient été importées '. Il en est de même d'une série de vases d'un si vie intermédiaire
1 . Uumont et Cbaplain.GrnnnV/ufX, p. 276 et siiiv. '.'. Cabinet dus médailles & Paria.
8. DiimoDt el Chaplain, (Vramû/wt, p. 29^) et •uiv. Rayct et Collignon, Céramique, p. Xl-SO.
•I. Forstcr, Annali, 18fi9, p. Vu et suiv. .l/.>»iiime»i;, IX, pi. IV.
6. Duniont et Chapltiu, Gramiqnri, p. :11 1 et auiv. (chapitre KtligO par SI. l'otlicr).
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entre celui de la fabrique coriutliieune et celui de la falirique attique, série dont le plus beau type est le fameux vase François, signé Ergotimos et Clitias '. Le nom d'Ergotimos se lit sur un vase d'Égine ", preuve que l'artiste avait son atelier, non pas en Italie, mais en Grèce, et très probablement en Attique. D'Attique aussi proviennent les amphores panathénaïques qui se rencontrent quelquefois dans les tombes étrusques. Personne n'en doute plus aujourd'hui; deux portent d'ailleurs le nom d'un archonte athénien connu '\
Nous arrivons enfin à la série des vases à figures noires et à figures rouges, dont l'Étrurie, surtout la nécropole de Vulci, a fourni plusieurs milliers '. Eux aussi peuvent être considérés comme des produits de l'industrie athénienne importés en Toscane '\ Dans le nombre, en eftet, il y en a beaucoup qui portent la signature d'un artiste. Or il se trouve que les mêmes signatures se lisent sur des vases de même style découverts hors de la Toscane, dans l'Italie du nord, en Campanie, en Sicile, en Cyrénaïque, en Crimée, dans la Grèce propre ". Comme il est impossible de croire que tous ces artistes se soient successivement transportés à tous les points où l'on rencontre un vase signé de leur nom, il faut admettre que chacun d'eux avait son atelier dans une ville dont le commerce rayonnait à la fois sur la Toscane, le Bolonais, la Sicile, la Campanie, la Crimée, l'Egypte, les îles et la Grèce. Or il n'y a qu'une ville qui entre le sixième et le troisième siècle remplisse cette condition, c'est Athènes, laquelle avait, nous le savons, des colonies à Adria et à Panticapée (Kertsch) et qui entretenait des
1. U provient de Chiusi et se trouve aujourd'hui au musée de Florence. Voir Annati, 1848, p. 299-382 ; Monumenti, IV, pi. LIV-LVIII.
2. Gerhard, Auserlesene Vasenbilder, pi. 238 Klein, Meister.<if/naluren, p. .57.