‹ L'art étrusqueChapitre 285 sur 357 · Gerhard, Rapporta rulcente · texte numérisé non relu

Gerhard, Rapporta rulcente

6. Kramer, Ceber den Slil und die Uerlcun/l der bemalten griech Thoni/e/âsse , Berlin, 1837. 0. Jahn, Vasensammlung, p. ccxxxvii et suiv.

6. Ainsi le nom d'Ergotimos se rencontre à Chiusi et A Égine ; celui d'Exékias à Vulci, i CeiTétri et à Athènes ; celui de Taleides à Vulci et à Glrgenti ; celui de Nicosthénès à Vulci, & Cervétri, à Girgenti, à Athènes, à Naucratis en Egypte ; celui de Tléson A Vulci et à Corinthe ;

celui d'Euergidès à Cervétri, à Capoue et à Corinthe ; celui d'Épiotétos à Vulci, à Orviéto, à Capoue, à Tanagre, à Athènes et à Kertsch en Crimée ; celui d'Epilykos à Vulci et à Tanagre ; celui d'Hermaios à Vulci et à Chypre; celui de Khélis à Vulci et à Athènes ; celui de Khakhrylion à Vulci, à Orviéto, à Chiusi, l'i Marzabotto, à Adria, à Vélanidéza en Attiiiue et à Chypre; celui d'Euphronios à Vulci, à Cervétri, à Bomarzo, à Viterbe, à Cométo, à Athènes ; celui d'Andokidès h Vulci, à Chiusi et à Athènes ; ceux de Philtias et Deiniadès à Vulci, à Cométo, et à Eleusis ; celui d'Euthymidès à Vulci, à Nola et à Adria. — Ces détails sont tous empruntés au catalogue de Klein, Meistersif/naliiren.

484 LAKT ETRU SQU K.

relations de commerce très actives avec la Toscane, la Campauie, la Sicile et la Cyréuaïqiie. Il est donc probable que ces vases signés sont d'origine attique.

On peut aller plus loin. De n'-centes découvertes faites t\ l'Acropole permettent d'affirmer qu'Andokidès et Euphronios étaient Athéniens et travaillaient à Athènes. Or Khakhrylion a signé un va.se en collaboration avec Euphronios ; il doit donc avoir eu son atelier voisin de celui d'F^uphronios, c'est-à-dire à Athènes aussi. D'autre part Kutliymidès, qui se vante d'être plus fort qu'Euphronios ', doit avoir été le compatriote de celui dont l'industrie lui faisait ainsi concurrence et qu'il prétendait surpasser. Voilà donc un groupe de (juatre céramistes qu'on peut considérer comme Athéniens. Cette conclusion se véritie par les observations suivantes : on lit souvent sur les vases des noms d'éphèbes accompagnés de l'éinthète vm/jz. Ces noms, qui désignent probablement des jeunes gens à la mode, sont des espèces de réclames, analogues à celles de nos industriels, qui donnent à un vêtement ou à une friandise le nom d'un acteur à succès ou bien encore qui fiiçonnent dos bouteilles représentant une personnalité populaire. Si donc sur plusieurs vases de même style, et qu'à première vue on est en droit de rapporter à la même époque, on trouve le même nom df'-plièbe, il est vraisemblal'le que les potiers dont ces vases portent la signature sont au courant des mêmes modes et des mêmes scandales, vivent au milieu de la même société. ( )r le nom du lieau Léagros figure sur des vases d'Euphronios, de Kliaklirylioii et d'Eutliymidès.

Voici maintenant un autre grou]ie de ci'iauiistes atli<''uiens : Python a travaillé avec Duriset avec Epictétos; celui-ci de son c«".té a travaillé avec Nicosthénès, Panqihaios, llischylos et Pistoxénos. Tous ces collaborateurs doivent être des voisins, de même que Iliéron, qui se réclame comme Dnris du bel llippodamas. OrDuris et Euphronios vantent tous deux le beau Panaitios. Tout le groupe est donc de la même ville qu'Eu])hronios, et comme Euiihronios est Athénien, tout le groupe l'est aussi.

1. Klein, Meitltrtignalurtn, p. 194 : 5; «.CiîiîTOt' E'jipôvict.

LA CERAMIijUE.

Les Yases en question trahissent du reste leur origine attique. Sans parler ici du style, dont la pureté exclut a jmori tonte idée de fabrication étrusque, sans parler des inscriptions, qui présentent tous les traits caractéristiques de l'épigrapliie athénienne, on remarque que parmi les noms des beaux éphèbes plusieurs sont ceux d'Athéniens célèbres, appartenant aux plus riches familles de la cité, qui, au tenq)S de leur brillante et folle jeunesse, avant de jouer un rôle politique ou militaire, avaient beaucoup fait parler d'eux et donné le ton à la mode : ce sont i)ar exemple Hippocratès, le frère de Clisthène'; Mégaclès, l'oncle de Périclès et le grand-père d'Alcibiade; Léagros, qui fut stratège en 465; Glaucon, fils de Léagros, de la tribu Acamantide, mentionné par Thucydide " ; Olympiodoros, qui commanda une troupe de cavalerie à la bataille de Platées '' ; Panaitios, qui se distingua à Salamine '' -, enfin Alcibiade, qui par ses scandales extraordinaires méritait plus que tout autre de figurer dans cette galerie et dont on s'étonnerait à bon droit de ne pas rencontrer le nom %

On est ainsi conduit ù attribuer une origine attique, sinon à tous les vases signés que l'Etrurie nous a conservés, du moins à la plupart d'entre eux. Et connue à côté de ceux-là, il y en a beaucoup d'autres qui présentent des sujets analogues, qui sont traités de la même manière et qui semblent sortir de la même fabrique, on arrive à cette conclusion qui, pour n'être pas absolument démontrée, est du moins très vraisemblable, que la plupart des vases peints de style attique trouvés en Toscane y ont été importés d'Athènes.

Si l'on est en droit de revendiquer pour les fabriques grecques la grande majorité des vases peints provenant de l'Etrurie, il y en a cependant quelques-uns qui sont des produits de l'industrie étrus(iue. Les céramiques de ce genre étant à la mode en Italie et se payant sans doute assez cher, il arriva ce qui arrive toujours en pareil cas : on essaya de les contrefaire. Les potiers indigènes se mirent à fa-

1. Sur un vase où ligure son nom est représentée la fontaine d'Athènes, dite Callirrhoé, désignée ))ar une inscription. Rayet et Collignoii. Oratr^ique grecque, p. 1]C.

•1. Tliucydide, I, ôl.

n. Hérodote, IX, 21.

Page 1