‹ L'art étrusqueChapitre 286 sur 357 · Hérodote, VIII · texte numérisé non relu

Hérodote, VIII

ô. Sur tous ces personnages voir l'article de Studniczka, Jahrbuch d. k. d. arch. litstît., II, 1887, p. V><J et suiv.

briquer de faux vases grecs pour profiter de la vogue dout jouissaient les vrais. Aucun peuple, aucun temps n'échappe à de pareilles tentations. Les Etrusques y échappèrent d'autant moins que la contrefaçon, ou si l'on veut l'imitation, était dans les habitudes séculaires de leur industrie. De bonne heure, ils essayèrent de décorer des vases au pinceau sur le modèle de ceux que le commerce leur apportait; la tentative ne fut pas heureuse, nous l'avons vu, et je doute que jamais ils aient réussi à faire quelque chose de comparable ménif

Fig. 323. — Ajax (.lin»> se jetant sur flOD é|)i-c. Feinturc sur un ^ JA'iiiim^fi. II, l.l. VIII, A.

' de fabrique t-tm-iiue.

aux plus médiocres productiou-s de la céramique grecque. Pour ne prendre ici que des pièces dont l'origine ne saurait être discutée, y a-t-il rien de plus pauvre comme dessin, de plus grossier comme peinture, de plus mauvais comme technique ', que lo vase représentant la mort d'Ajax 'fig. 323) *? C'est un barbouillage fait j\ grands coups de jtinceau. On peut en dire autant de trois vases A fond jaunâtre avec figures tracées en l)riin et retouchées A la couleur blanche, ipii ont

1. Sur lc9 va^eB Joints de fabrication «îtrusque, le couleurs sont en trônerai mauvai-e? et mal fixées : la couverte «Y-caille souvent.

2. Le revers de ce vase montre Acl<!on (Aitaiuu) dévoré par ses chiens. — Pour les vases iieinta de fabrication étrusque, voir Auiinli, I8.'ll, p. 73- 17:.; 1881, p. 54-ifi,2fil.294; 187», p. 81 j 18!*I,

p. 100. Bnllrlino, 1817, p. M-Siî; 18)*:., p. 7'.>. iinnoni, ."Joiri", pi. I.X. 1.1; XXIV. 1. Uirch. Axritnl potlerg, p. Iiil. IL-iyct et Colli|,'non, O rami</>if, p. 824. Les va.'ts peints de fabrique étnisquc portent souvent des inscriptions dan> la langue du pays.

LA CERAMIQUE.

été trouvés à Orviéto ' : «m y voit une série de scènes infernales, représentées avec le réalisme que comportent presque toujours les sujets de cette catég-orie chez les Etrusques; c'est un amas confus de démons grimaçants et d'êtres fantastiques, grossièrement dessinés, comme par la m ain d'un enfant, et semblables à d'affreuses caricatures. Le cratère de Vulci, représentant les adieux d'Admète etd'Alceste en présence de Charon et d'un génie brandissant des serpents, est d'une facture un peu moins barbare, mais le dessin est bien lourd et bien incorrect fig. 324) : il est évident que les Etrusques n'ont jamais été, en fait de peintures céramiques, que de maladroits apprentis. Et cependant tous les vases que nous citons là sont des environs du troisième siècle, c'est-à-dire d'un temps où l'art toscan n'est plus à ses débuts. Il est vrai que jusqu'alors, s'il y a eu ici ou là de la part de quelques ouvriers isolés une tentative pour imiter les vases peints de la Grèce, ce genre d'industrie n'a guère eu l'occasion de se développer, en face des innombrables importations attiques. D'autrejiart

1. Kœrte, Annali, 1879, p. '200 et suiv.; tav. d'agg. V. Mwtumeuti, XI, pi. IV, V.

488 L'ART ETRUSQUK.

au moment où, ces importations venant à cesser, les ateliers étrusques sont amenés à fabriquer eux-mêmes des vases peints, l'Italie méridionale, à qui ils empruntent des modèles et peut-être des ouvriers, ne leur offre plus qu'un art abâtardi, dégénéré, sur le point de disparaître '. Les traditions qu'ils recueillent n'étant plus celles de la belle céramique attique, leur inexpérience est condamnée il'avance ù ne faire que de misérables essais ".

§ 4. LA rLnAMlQlE KTIMSfo-lAMl'AMKNM:.

Nous avons suivi l'iiistoire de la céramique eu Étrurie jusqu'à la fin du quatrième siècle avant notre ère. A partir de cette époque une révolution s'accomplit dans cette industrie. Tous les anciens types disparaissent, aussi bien les vases de hucchero mro que les vases peints, pour faire place à des jjoteries d'un genre tout nouveau ''.

Ce qui domine, c'est une vaisselle faite dune terre rouge très fine, dont la surface est entièrement couverte d'un vernis noir brillant avec un décor en relief Les formes sont celles de la belle céramique hellénique, le cratère, l'amphore, rd/nochoé, le cantliare, la kylix, le skyphos, le lécytlie, l'olpé, l'aryballe, etc. Mais elles se distinguent par leur élégance et leur légèreté : les pieds sont d'ordinaire très évidés, les anses minces et d'une courbure gracieuse, les attaches délicates, les parois de faible épaisseur (tig. 32r)-o30). On ne peut douter que les potiers n'aient eu sous les yeux des modèles métalliques : qui sait

L Kœrte, -lir/i. /•■imnij. I88-), p. 81 et suiv.

2. Parmi les vase» peints reciiuillis en Étnirie, il faut signaler deux vases i, Rgarea rouges sur fond noir provenant de Cività Castellana et présenttnt plusieurs figures mythologiques : sur l'un d'eux les figures sont désignées f>ar des inscriptions

identique à celui d'un miroir célèbre, la réunion do Bacchu:! et de Sémélt'. avec cette seule ditTerence que 1.1 composition est retournée. Les figures sont dans un mé<laillon qui porte en exergue une iu-"cri|>tion falisquc {.\oli:ir, 18!*". p. "JTS).

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