‹ L'art étrusqueChapitre 288 sur 357 · Xothk, 1885, p. il · texte numérisé non relu

Xothk, 1885, p. il

L'AIiT ETKUSQl'E.

comporte des figures, dont le groupe se répète quatre fois, avec de légères variîintes, l'ouvrier ayant employé quatre cachets diftéreuts. Plusieurs phiales offrent des sujets identiques et sortent d'un même moule. C'est ainsi que sur deux d'entre elles, qui proviennent l'une de Vulci', l'autre de Cornéto ', on voit les aventures d'Ulysse en quatre tableaux, d'abord Ulysse se faisant attacher au mât de son vaisseau pour passer devant les Sirènes, puis Ulysse lié à sou nu'it, passant devant le rocher fatal, puis Ulysse luttant contre Scylla ; enfin le héros débar- (piant à Ithaque. Un motif très répandu est le quadrige lancé au galop, guidé par une Victoire ailée et monté tantôt par une divinité, tantôt par une autre ^. Sur la jiliiale de Cornéto que nous avons reproduite plus haut \ et sur laquelle on retrouve le motif du char tournant autour de l'ombilic, les figures se répartissent en quatre groupes distincts : 1° Pluton enlevant Proserpine en présence de ^lercure et de îlinerve, dont l'un précède et l'autre suit le char prêt à jiartir : 2" derrière Minerve , Cérès debout ilaiis un char et courant j\ la recherche de sa fille; 3° Mars h pied suivi d'une divinité féminine, debout sur un char et qui tient des torches allumées (peut-être Bellone} ; 4" une déesse (peut-être Vénus l avec une fleur dans une main et un panier de fleurs dans l'autre, suivie d'un char conduit par une Victoire ailée. Comme on le voit par cet exemple, l'artiste ne se préoccupe pas toujours de représenter des sujets qui s'enchaînent : s'il y a un lien naturel entre les deux premiers groupes d'une part et d'autre part entre Bellone et la Victoire, il est impossible de trouver un rapport logique entre les deux moitiés du tableau. La com])osition n'a d'autre unité qu'iuie unilé décorative, due à la ré])étition symétrique des quatre attelages.

A part la phiale décorée de feuillage, laquelle parait être d'une autre main ', toutes sortent du même atelier et presque toutes jKtrteut la même signature, celle du potier ( 'anoleios, de ( 'aies". Calés (au-

1. De WitU;, fUInrl Ouran.l, a- I.'IKO. Furtwrinj^'ler. Vn^ftifamml. im A 11/1*7., n" 388'J.

•-'. KliigmaDD, .Inim/i', 1875, p. 290, tav. d'agg, N.

:i. Mclbig, Uutlrliun. 187f., p. 74; 1877, p. 198. Milclihœfcr, .lima/i, 1879,p. 1 0 j. Voir k- citalogue doniiv par Fùrstcr, .liirm/i, 1KK3, p. C7, note I. U faut y njonicr une phi.ilc d'OrbéteUo (.Vo<i:i>,

•I. Page 129. fig. 111. Voir Axnnll, 188a, p. 06- 7.1, tar. (l'npjr. I.

5. I/omeiiieiit.-ition à feiiill-i!;!.- app.irticnl i\ tin nutrc potier de Cale». & (hihiniui. Voir Bcnnilorf. Griech. ». Slcil. VaêtnbiUhr, pi. LVI, »,

B. Mommscn, ('iir7>. iiiicr. latin., X, 8054, 2.

LA CERAMIQUE.

jourd'hiii Calvi) était une ville de Cainpanie, au N.-O. de Capoiie. Comme toutes les villes voisines, elle avait des fabriques de céramique très florissantes ' ; à la place où elle s'élevait on a découvert des restes de fours, des fragments de moules et une quantité innombrable de tessons '. Mais, chose curieuse, aucune des pliiales signées Canoleios Calenos ne provient de Campanie ^ : toutes ont été trouvées en Toscane. Cela donnerait à penser que, si Canoleios était originaire de Calés, il avait son atelier en Etrurie. D'ailleurs, s'il eût travaillé à Cal6s même, il n'eût eu aucune raison pour mettre son ethnique après son nom, pas plus que de nos jours Deck ou Barbedienne n'éprouvent le besoin de signer en ajoutant de Paris. On ne se vante de son origine que lorsqu'on est loin de chez soi : c'est ainsi que certains horlogers, qui ont leurs ateliers en France, se disent de Genève ; c'est ainsi qu'un céramiste grec Xénophantos, dont on n'a qu'un vase trouvé en Crimée, se dit AtJu'jiH'n ' .• c'était une manière de relever le prix de son œuvre en montrant à ceux au milieu desquels il travaillait qu'il était de bonne race et avait été formé à bonne école.

Dans la série des poteries étrusco-campaniennes il faut encore placer quelques poteries, plus rares en Etrurie que les précédentes, mais qui appartiennent à la même période archéologique et paraissent avoir aussi leur origine dans la Grande-Grèce.

Ce sont d'abord plusieurs patères couvertes d'un vernis noir à reflets métalliques, mais avec un décor peint [)ar dessus : celui-ci se

Fig. 332. — Cratère avec figurines coloriées, trouv'j à Pérouse. Musée de Naples. Couestabile, Sepolcro dei Volunni, \\\. V.

1. Eirch, Antknt jiotterij, p. 41:.!. Frœhncr. Mn- .W« de France, p. 48. Bnlletiiio, 1871, p. 82. Gazette archéoloijique, 1879, p. 38. Eayet et CoUignon, Céramique grecque, p. 344.

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