I. Fernique, EtuJe sur Prcnesh; p
AnnaU, 1877, p. isô.
en soit, il semble certain que ces feuilles s'achetaient ;\ l'aune, comme on achète aujourd'hui un carré d'étoffe imprimée, une bande de tapisserie ou une feuille de zinc. Les fabricants de cistes en avaient sous la main de toutes les dimensions et choisissaient suivant la taille de la boite qu'ils voulaient faire. Quelquefois, après avoir pris une plaque, ils la trouvaient ou trop petite ou trop grande : dans ce cas, sans se préoccuper du sens des gratfites , ou bien ils allongeaient leur plaque en y soudant le morceau d'une autre représentant un sujet différent, ou bien ils la réduisaient en la taillant, ce qui avait pour résultat de couper les figures. C'est ainsi que la ciste Pasinati' n'a conservé que la moitié inférieure des personnages : sans le couvercle il serait impossible de deviner qu'il s'agit du combat de Turnus et d'Enée. Une autre ciste n'offre au contraire que les bustes des personnages". On se tromperait si l'on ne voyait là que de simples accidents. Evidemment, aux yeux des fabricants de cistes, les gravures ne comptent pas ou du moins n'ont d'autre valeur que celle d'un motif d'ornementation quelconque. Ils ne les respectent pas plus qu'un tapissier, de nos jours, ne respecte les dessins de l'étoffe historiée qui lui sert à recouvrir un meuble; cela est si vrai qu'ils ne se fontaucun scrupide d'endommager une partie des graffites par des pièces rapportées. Aussi bien sur la belle ciste Ficoroni que sur les cistes les plus communes ils ajustent des anneaux reliés par des chaînettes, des pieds, des anses, des poignées : ils les soudent A la place où il leur plaît de les disposer, sans tenir compte des figures. Vous avez ainsi un anneau, ou une applique plantée au beau milieu d'un visage ou d'une poitrine.
Parmi ces appendices il faut remarquer ceux qui constituent les pieds de la ciste et la poignée du couvercle. Les pieds représentent d'ordinaire une griffe de lion, tantôt posant directement sur le sol, tantôt écrasant une grenouille : c'est le motif que nous a déjà montré le trépied du Vatican. La grifle, pour s'ajuster au corps de la ciste, se prolonge en une sorte de patte de soudure , la(\uolle est presque toujours historiée : c'est ]iar exemple une tête de lion ou de cygne.