L-A METALLURGIE
modèles ' contenant une collection de scènes mythologiques, mais ces modèles n'étaient pour eux que des formes vides de sens : ils se souciaient peu de savoir ce que chacun d'eux signifiait. Tantôt ils les re-
Fig. 376. — Eencontre d'Hélène et de MOnélas, après la prise de Troie. Miroir gravé du lliisée Britannique. lloniim'-nli, VIII, pi. XXXIII.
produisaient eu les mutilant, eu supprimant une ou plusieurs figures importantes et nécessaires. Tantôt ils se trompaient sur les personnages, désignant par exemple Mélicerte sous le nom d'Hercule 'jdou-
1. L'esiîteuce de ces cahiers de modèles est attestée par les répliques d'un même sujet. Ou a par exemple deux miroirs représentant l'enléTement d'Ariane par Diane ; mais sur Tun la composition
est retournée, comme si l'on s'était servi d'un calcjue mis à l'envers. (Gerhard, Etnisk. Spiei/el, I. p. 87. AiimH, 1859, p. 2Ô8 et suiv. ; tav. d'agg. L. 2. Gazette archi'ulogiiiue, 1879, p. "317.
liant comme père à Hélène et aux Dioscures Laoniédon au lieu de Tyiidare', mettant Jason là où le sujet demandait Thésée ". Tantôt ils confondaient les légendes et, trouvant d'une part le tableau d'Europe enlevée par un taureau à travers les flots, d'autre ])art celui d'Hellé sur le bélier à la toison d'or, ils représentaient une femme sur un bélier et lui donnaient le nom d'Europe {Eurii) \ Tantôt ils combinaient deux compositions disparates, luêlaiit dans un même cadre des personnages qui ne pouvaient avoir rien de commun. C'est ainsi que l'on peut expliquer par exemple la présence de Tliétis et de Polyxène sur le miroir du Musée Britannique : il est probable que le groupe de Ménélas et d'Hélène est emprunté à un tableau représentant Achille immolant Polyxène en présence de Tliétis. J'ai cité ailleurs un exemple plus curieux encore ' : « Une fontaine près de laquelle sont assis Adonis et Vénus porte le nom A! Amuco. Amure c'est Amycos, le roi des Béltryces, qui voulait défendre aux Argonautes l'approche d'une source et que Pollux mit à la raison en le liant à un arbre. Pourquoi ce nom ici? C'est que le graveur étrusque a pris le modèle de sa fontaine dans un tableau représentant Pollux et Amycos, et que, voyant une inscription tracée tout à côté, il a cru que cette inscription désignait la fontaine. »
Il est évident que les ouvriers qui gravaient les miroirs, comme ceux qui gravaient les cistes, n'avaient des sujets qu'ils reproduisaient qu'une intelligence imparfaite et se i>réoccupaient moins d'être exacts et précis que de remjilir inniporte comment et le jdus rapidement possible, le champ d'un disque iiiétalli(|ue.
Comme les miroirs ;\ reliefs, les miroirs gravés dérivent d'un prototype hellénique. Pendant longtemps on l'a soupçonné, mais .'^ans pouvoir le déiiKHitrer, faute d'avoir des miroirs décorés à la iminte provenant sûrement de la Grèce. ].,a preuve est faite aujourd'hui. Depuis le jour où en 18G7 ]\I. Dumont, de ])assage ;\ Corinthe, mit la main sur le premier miroir grec autlienti([Ue et ouvrit ainsi une série archéo-