‹ L'art étrusqueChapitre 317 sur 357 · DE QUELQUES PROCÉDÉS TECHNIQUES · texte numérisé non relu

DE QUELQUES PROCÉDÉS TECHNIQUES

Nous n'entrerons pas ici dans le détail de tous les procédés techniques. Aussi bien n'y a-t-il pas grand' chose à dire sur la façon dont les Étrusques travaillaient le verre, l'ambre, l'os, l'ivoire et les coquillages. Nous n'insisterons pas davantage sur la technique du bronze, que nous avons déjà eu l'occasion d'étudier, ni sur celle de l'argent, qui ressemble beaucoup à celle du bronze, les deux métaux étant traités à peu près de la même manière, se prêtant aux mêmes opérations, au laminage, à la fonte, à l'étirage. Il est vrai que les mêmes opérations s'appliquent à l'or, mais comme les bijoux d'or trouvés en Etrurie présentent certaines particularités qui n'existent pas pour les bijoux de bronze ou d'argent, ils méritent d'être considérés de plus près.

Il importe tout d'abord de distinguer deux espèces de bijoux d'or, les bijoux funéraires d'une part et d'autre part les bijoux destinés â

L Pline, //. .V., XXXYII, 43. 1 deloques reproduisent la forme des cofiiiillages et

2. Gozzadini, Litorno ad alcuni sejmkri nell'Ar- des hachettes en pierre. lenale, p. 11, pi. I, 2, Collier d'ambre dont les pen- |

LA UT KTlîCSgUE.

être portés. J'ai montré plus liaut avec quelle magnificence les Étrusques aimaient i\ célébrer les cérémonies des funérailles. Celles-ci , comme le seront plus tard les grandes funérailles romaines, avaient bien plutôt l'aspect d'une pompe triomphale que la morne simplicité d'un convoi mortuaire. Le défunt s'avançait dans un char do parade, revêtu de ses insignes, dans tout l'éclat de sa gloire passée, et couvert probablement de tous ses bijoux, comme le sont les figures que nous voyons couchées sur les sarcophages. Tel il paraissait ainsi ime dernière fois aux yeux de la foule, tel on l'ensevelissait. L'usage était de l'enfermer dans son tombeau avec son costume de triomphateur. Sa parure devait le suivre dans sa nouvelle existence sous la terre. Mais comme cette parure, une fois ensevelie, était un trésor perdu pour les parents survivants et que devant la mort la cupidité humaine ne désarme pas, on essaya de concilier l'usage et l'intérêt et l'on en Aint à parer les défunts, non pas de leurs véritables bijoux, mais de bijoux éphémères qui en imitaient l'apparence sans en avoir la consistance, et qui n'étaient que des feuilles d'or légères découpées et estampées. Les débris s'en retrouvent souvent dans les tombeaux '. Il est focile de les reconnaître à leur extrême ténuité.

Il ne faudrait pas pourtant se hâter de déclarer d'emblée bijoux funéraires tous ceux qui ne présentent ainsi qu'une surface mince. Nous savons par de curieuses découvertes faites vu Lydie , à Rhodes, {\ Chypre, îl Mycènes, à Mégare, que pendant de longs siècles l'orfèvrerie antique n'a pas connu d'autre procédé que celui qui consistait à réduire l'or en feuilles, t\ le découper soit en rondelles, soit en rubans, et à y estamper, en le repoussant dans des formes, des points, des boutons, des ornements géométriques, des figures d'hommes ou d'aiiiiiiaux.

Les exemples de bijoux estampés ne manquent pas en Etrurie. Ce .sont par exemple des pectoraux d'or destinés A être cousus sur des vêtements ou à être appliqués sur une surface de cuir ou de bronze '. Ce sont des bracelets faits d'un ruban dur estampé '. Ce sont surtout

Page 1