BulUlino, 1880, p. 2iO
2. ^f,L.,o 6r,jt.ria..o,I,pl. LXXXII.LXXXm. Moniimtnll, X, y\. Xl>, I. Arch. Zeilung, I88t.
p. IIJ, pi. X, 2. ButIfliHo, 188.V p. •-•I.'l, 211. :i. CoUcclioii Costellani. ti"" 117-118.
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des lamelles [hracteœ) , percées de trous de couture, découpées en cercles, en étoiles, en triangles, en carrés, en feuilles, en palmettes, et qui se plaquaient sur des boutons, ou le long d'une bordure ou sur le fond d'une étoffe '. Le diadème du Louvre, dont on peut voir un fragment reproduit sur notre planche I (n° 6), n'est pas autre chose qu'un ruban plat sur lequel sont fixées par des charnières une multitude de petits pétales et de palmettes d'or, groupées en forme de marguerites.
Après les bijoux estampés viennent les bijoux soudés. L'or est toujours, comme précédemment, travaillé au repoussé; mais les surfaces obtenues par ce procédé sont rapprochées suivant leurs bords et soudées de manière à présenter l'apparence d'un solide qui n'a plus ni endroit ni envers et que l'on peut regarder de tous les côtés. On façonne ainsi des boules sphériques (pi. I, 4), des capsules lenticulaires, des olives, des croissants, des tubes, des figures d'hommes ou d'animaux. Tous ces motifs sont creux à l'intérieur et, par suite, d'une grande légèreté, mais aussi d'une grande fragilité. Le moindre choc les déforme. La plupart des bijoux étrusques postérieurs au septième siècle sont faits suivant ce procédé. Il est rare d'en rencontrer qui soient massifs et fondus tout d'une pièce.
De tous les bijoux recueillis en Étrurie, les plus intéressants au point de vue technique sont ceux qui comportent l'application du filigrane et du granulé. Le filigrane consiste à employer l'or sous forme de fils ténus, parfois aussi minces qu'un cheveu. Tantôt ces fils sont tressés et se réunissent en chaînettes ou eu rubans. Tantôt ils sont courbés, enroulés, plies de façon à figurer des motifs à jour. Tantôt ils sont soudés sur une surface et y dessinent en léger relief des méandres, des entrelacs, des volutes, des rosettes, des palmettes, des cercles, quelquefois des figures d'animaux. Ce travail s'observe très nettement sur un beau disque du Louvre provenant sans doute d'une broche. Au centre se détache un fleuron fait de lamelles cintrées avec une nervure de petites perles. Les fleurs qui l'entourent se compo-
1. Micali, Monumenti per sero., pi. XLVI, l'2. liulletino, 188.i, p. 21-1. Nothie. 1882, p. 190, 191, pi. XIII 4iJ, 23; 1886, p. 3G0, SSl. Mitl/milunffen
(Rome), I, p. 230. Gozzadini, Vltcriori scoperte a Marzahotto, pi. XVI, 1-5.
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sent chacune d'une boule, montée sur un systôme d'anneaux en fil d'or mince qui s'épanouissent en étoile et simulent des pétales (pi. I, S).
Le granulé est quelque chose de plus fin encore que le filigrane. Il se compose d'une quantité infinie de petites perles, presque invisiMt-s i\ l'œil nu et que l'on ne distingue bien qu'à la loupe, tellement serrées les unes contre les autres qu'elles forment un champ continu légèrement rugueux au toucher. Le disque dont je viens de parler nous en oftre un exemple. Les boules et une des zones concentriques sont couvertes d'une sorte dépoussière, on pourrait presque dire d'un pollen, qui par endroits s'est détachée, laissant voir le fond sur lequel on l'avait collée. Un exemple plus remarquable encore nous est fourni par une pendeloque de collier représentant une tête de Bacclius cornu, bijou unique en son genre et qui est une des merveilles du musée Campana (pi. I, 11). La barbe et la couronne sont entièrement en granulé, tandis que les boucles des cheveux sont figurées par des spirales de filigrane avec une boule au milieu. Longtemps on s'est demandé comment on pouvait obtenir un pareil semis d'or. Les maîtres de la bijouterie romaine, MM. Castellani, ont poursuivi pendant des années la solution de ce difficile problème. Ils ont fait des milliers d'expériences, ont essayé toutes sortes d'agents chimiques, ont été chercher des ouvriers jusqu'au milieu de l'Apennin, dans des villages perdus où les traditions de la technique antique semblaient s'être conservées, et ont fini par réussir, du moins en i)artie, j\ reproduire le granulé. Leur procédé consiste à projeter la flamme d'un chalumeau sur d'imperceptibles parcelles d'or qui en fondant se mettent en lioule : la surface à couvrir étant préalalilenient gommée, on y sème cette poussière et l'on soude au moyen diiii fondant arséniaté. Les bijoux ainsi obtenus sont très remarquables. Mais si délicat qu'en soit le granulé, il n'a pas toute la finesse du granulé antique. MM. Castellani l'ont eux-mêmes reconnu de bonne grâce. <( Nous sommes convaincus, disent-ils, que les anciens ont eu (pielque jirocédé chimique que nous ignorons, puisque, malgré tous nos efforts, nous ne sonitues pas arrivés i\ la repro<UKtion de certaines tt-uvres d'inie exquise
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finesse, auxquelles nous désespérons d'atteindi-e, à moins de nouvelles découvertes de la science '. :»
Les bijoux de l'Etrurie présentent quelques exemples d'orémaillé. Une couronne de myrte du Musée Grégorien a des feuilles enduites de couleur verte vitrifiée et des baies en pâte de verre'. Le diadème du Louvre est de même semé de petites gouttes d'émail et plusieurs pendants d'oreilles, en forme de cygne, de paon ou de grappe de raisin, ont une partie de leur surface émaillée.
5 1'. — LE.-J PRIXCirAUX ELEMENTS DE LA PARURE EN ETRURIE.
Xous ne pouvons pas songer à décrire ici dans le détail les bijoux que les Etrusques nous ont laissés : il faudrait faire un catalogue. Nous en choisirons quelques-uns propres à montrer de quels éléments se composait la parure étrusque.
1" Bijoux de coiffure. De tout temps les Etrusques paraissent avoir attaché une grande importance à la coiflure. 11 suffit pour s'en convaincre de jeter un coup d'œil sur leurs statues, leurs canopes, leurs peintures et leurs miroirs. Partout vou-; voyez des cheveux disposés avec art, aussi bien sur les têtes des hommes que sur celles des femmes. Ici les boucles s'enroulent en tire-bouchon et encadrent comme d'une calotte le front et les tempes; là ils tombent en longues tresses derrière la tête, les épaules, la poitrine; ailleurs ils se plaquent sur la nuque ou forment une longue perruque pendante qui se termine en pointe sur le dos ; plus loin ils se gonflent au-dessus du front en gros crépons, qui encadrent comme d'un bourrelet en croissant le front et les tempes ^ Tous ces aiTangements plus ou moins compliqués n'allaient pas sans quelques artifices. Il fallait des bandeaux, des épingles, des fils métalliques, pour donner une forme à la chevelure et en fixer la savante ordonnance.
1 . Communication faite à r Acad. des Inscription.-, 20 décembre 1860. Voir aussi Castellani, Délia oriJ!c(r!a itaUana,\.iili. Sur rorigine du granulé, voir liulldhio, 1879, p. 5. M. Castellani pense que c'est la vue de certaines coquille? marines qui
en a donné l'idée.