LES MONNAIES
Rien n'est plus obscur que l'histoire de la numismatique italique et de la numismatique étrusque en particulier. L'Etrurie, qui seule doit nous occuper ici, a changé plusieurs fois de système monétaire et n'a pas toujours eu partout en même temps un système uniforme. Ou trouve chez elle successivement le système ionien des cités d'Asie Mineure transporté en Italie par les colonies de Phocée, le système syracusain d'origine attique, enfin le système romain. Il n'entre pas dans le cadre de notre sujet d'examiner ici ces différents systèmes , ni de discuter tous les problèmes complexes qu'ils soulèvent. La question
1. C'est aussi ropinion à laquelle croit devoir i née du livre d'O. Millier {Etruslcei-, II, p. 267, s'an-êter M. Deecke dans l'édition qu'il a don- I note 59').
LART KTRUSyUE.
n'est pas de celles qui comportent clans l'état actuel de la science une solution satisfaisante '. D'ailleurs ce que nous avons ;\ considérer ici, c'est moins le système qiie l'art de la monnaie en Etrurie. Cet art est pauvre et dun intérêt secondaire. Les Etrusques, comme les Phéniciens, s'en sont fort peu préoccupés et n'y sont venus que tardivement.
Pendant de longs siècles, ils ne l'ont pas connu. A l'origine les échanges se faisaient en nature, suivant une pratique que l'on retrouve au berceau de tous les peuples du monde et que les relations des populations italiques avec les marchands phéniciens ne purent qu'entretenir, ceux-ci ne faisant guère qu'un commerce de troc. Quand le bronze commença à se répandre en Italie, ce métal encore rare devint une valeur recherchée et l'on s'en servit pour les transactions. Il circulait à l'état de lingots parallélipipédiques ou cubiques plus ou moins réguliers, d'un poids variable, que l'on débitait par morceaux et qu'il était nécessaire de peser toutes les fois qu'ils passaient d'une main dans une autre. On a retrouvé un grand nombre de ces lingots à Villanova ", à Bologne ^, à Vulci ', î\ Monte Falterona près de Fiésole ■'", et à Vicarello, entre Cervétri et Coruéto". L'usage de ces lingots se perpétua longtemps, sans doute par l'effet de certaines traditions religieuses' ; il paraît même avoir persisté après l'introduction de la monnaie : car on a recueilli de ces lingots qui contiennent dans leur alliage une certaine quantité de zinc, métal qui ne fut connu que vers l'époque impériale *.
1. Sur le «y.-^Ume de la monnaie étrusque, voir Gennarelli, La montta primitirn Jcll' Italin atiliea, 1 813. Carelli, Xiimornm Italia reltrli tabulir, éd. Cavcdoni, I8.")0. Sambon, Reclierchej $ur kn moniini« <U la prfx/n'ile ilalli/He, 1870. Dccckc, Dns t:irmkisrlieMfinzieesfn,dADsle»Elnitl\Foiicliuni/en, 18713 ;/Ji« KlrmUsche ■Viîh^cm (appendice & l'onvrage d'O. SrUUcr, Ktrufka; II, p. .173-431). C'asati, l>>jslima monétaire èlruique (Comittu rfndiii lie r.lcail. ilet Inscr., 1885, 21 avril et 17 juillet). Gamicci, Lf monrte MF Italin anticn, 1885. Stettiner, Mittheiliingen (Rome), I, p. 179-182 ; II, p. 193- 196. Soutzo, Introduction à Fitude des monnaie» de f Italie antique, 1887.
2. Gozzadini, I>i un trpolcreto etruKo icoptrto presto liologna, p. 22.