‹ L'art étrusqueChapitre 68 sur 357 · Le marLigc de Dvinaratos avec udc Étrnsquc · texte numérisé non relu

Le marLigc de Dvinaratos avec udc Étrnsquc

ra|ipclle celui d'Euxiinos de l'iiocce avec la fille d'un prince gaulois. La facilité avec l.'\(|uelle les Grecs se prêtaient A cca sortes d'alliances fut pour beaucoup dans le succès de leurs colonies. (Ciirt lus, llisliiiif grtaint , trad. Boucbé-Loclerq , t. I , ]!. 565, 577.)

L'AKT ETRUSQUE AU SUD DE L'APEXXIX. 119

étant d'origiiie gréco-pélasgique. En tous cas, elle avait, comme les villes grecques , un trésor dans le sanctuaire de Delphes. Ses habitants passaient pour parler le grec, puisqu'on trouvait tout simple de raconter que le nom de Gœre venait du mot x^-^?^; adressé, disait-on, du haut des remparts de la ville aux Etrusques qui venaient l'assiéger'. Je n'irais pas jusqu'à prétendre que Tarquinii et Cœre fussent des colonies grecques, au sens propre de ce mot, c'est-à-dire des cités enlevées aux Etrusques, peuplées en grande partie de Grecs et administrées à la grecque. J'imagine qu'il y avait là des groupes plus ou moins comjmcts de marchands helléniques, analogues à ceux qui existent aujourd'hui à Londres, à Marseille, à Odessa, à Alexandrie, groupes puissants par l'argent et aussi par l'étroite solidarité de leurs membres, mais qui, loin de songer à éliminer la population indigène, cherchaient à vivre avec elle en bonne intelligence, s'accommodaient de ses lois et de ses coutumes, parlaient sa langue, s'unissaient à elle par des mariages et finissaient par faire corps avec elle.

Nous ne savons pas ce que devinrent les Grecs de la Toscane quand, à la fin du septième siècle, Carthage réussit à entraîner les Etrusques dans une sorte de ligue anti-hellénique. Nous pouvons seulement constater que le commerce carthaginois s'empara du marché à Tarquinii ^i à Ckere et y régna en maître. Les Grecs , étant surtout des marchands, durent beaucoup souffrir de cette situation et peut-être furent-ils obligés d'abandonner leurs comptoirs et de céder la place à leurs concurrents. Il se trouve en effet qu'au moment où les Carthaginois et les Grecs entrent en guerre ouverte, les Romains voient arriver dans leur ville le fils du Corinthien Démaratos, Tarquin, lequel a quitté Tarquinii et apporte avec lui toutes ses richesses ■. Il n'est pas seul : d'autres ont quitté comme lui la ville étrusque et le suivent. Devenu roi, il fait la guerre à l'Etrurie, son ancienne patrie, comme s'il avait à venger une injure personnelle ^ Ou est tenté de se demander si Tarquin et ses compagnons ne sont pas des Grecs de Tarquinii qui, ne se sentant plus en sûreté ou n'ayant plus rien à gagner dans une ville inféodée à leurs

l.Strabon, V, p. 2-20, 220. 1 3. Denys d'Halic, III, 51-(;-2.

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