Voir sur cette question Xoil des Verger», /'A
L'ARCHITECTriiE EX ETRURIE.
inoimiiieuts d'une po])ulation pélasgique nui aurait occupé la péninsule italique avant rimmigration des Etrusques. Les autres refusent de leur reconnaître une haute antiquité et prétendent qu'elles datent de l'époque romaine : les murs de Cosa seraient des constructions postérieures à l'envoi de la première colonie romaine dans cette ville, c'est-à-dire à l'année 274 av. J.-(J. Aucune de ces deux hypothèses ne me parait satisfaisante. La première repose sur des données bien vagues, personne ne sachant au juste ce qu'étaient les Pélasges, ni où ils ont halnté : elle n'a d'autre résultat que de reculer la difficulté en faisant intervenir dans la question cette éternelle race ])élasgique que l'on met partout et que l'on ne retrouve nulle part. Quant à la seconde, elle se retourne contre ceux mêmes qui la soutiennent. Au début du troisième siècle, époque où les Romains envoyaient leur première colonie à Cosa, leur architecture, qui n'avait pas encore reçu directement l'empreinte du génie grec, était encore toute toscane et ne connaissait
Fig. 113. — Appareil polygonal de Cosa.
d'autres procédés que ceux qu'elle avait
empruntés à l'Etrurie, la métropole industrielle de Rome. Si donc il était vrai que l'appareil polygonal de disa fût l'œuvre des Romains, cela ne prouverait qu'une chose, c'est que l'emploi de ce système de construction faisait partie de la technique architecturale des Etrusques, conclusion qui est précisément celle à laquelle nous nous arrêtons. Nous croyons que les enceintes polygonales de l'Itahe ont été élevées par les mains des Étrusques. On ne les rencontre que dans les limites du pays jadis occupé })ar eux. Au sud de la Péninsule, où nous savons que ce peuple n'avait pas poussé ses conquêtes, on n'en peut pas' signaler une seule'. Sans doute elles ne sont pas également répandues sur toute l'étendue de son territoire : il n'y eu a pas au nord de l'Apennin, et on les trouve surtout confinées dans le Latium ainsi que dans les montagnes des Herniques et des Marses. Mais il a pu
trurie et les Élrusrpxe/, I, p. 7.3; Dennis, II, p. --.jl 1 1. Memorie tleW Jiisl., I, p. 72. Annuli, 1834, et suiv. I p. 143.
LAliT ETP.rSQUE.
arriver par suite de circonstances multiples tenant soit aux matériaux, soit aux ouvriers, que ce mode de construction ait prévalu plutôt dans une région que dans une autre. L'unité d'une race on d'un i>euple n'implique pas nécessairement l'uniformité absolue des procédés industriels. Les métiers ont leurs usages locaux, connne les langues ont leurs dialectes. Pour ce qui concerne en particulier l'Ktrurie circumpadane, elle n'avait pas de pierres, et si les constructions polygonales y font défaut, les constructions eu autre appareil manquent également.
Il est certain que tous les Etrusques de la Toscane, aussi lùen ceux de la Toscane septentrionale que ceux de la Toscane méridionale, ont connu et pratiqué l'appareil polygonal. C'est ainsi qu'on l'observe non pas seulement au sud du Tibre, mais aussi sur la rive droite, à Saturnia, à Pt/rgi, à Cosa, et plus au nord encore, à Voîaterra' . Est-ce ;\ dire que l'appareil polygonal soit une invention étrusque? Nous n'irons pas jusque-là. Du moment qu'il existe ailleurs qu'en Etrurie, en Asie Mineure, par exemple, en Grèce, en ^Macédoine, en Epire et dans les îles de l'Archipel, dans des pays où les Etrusques n'iiabitaient pas, il est impossible de rapporter aux Etrusques l'IunuKur de cette invention, ;\ moins de les considérer comme un rameau détaché d'une grande race qui aurait à une haute antiquité occujié toute la partie septentrionale du bassin de la Méditerranée. Dans cette hypothèse, l'appareil iiolygonal serait chez les Etrusques une sorte d'héritage national. Mais on peut admettre aussi, et c'est la solution la plus simple, qu'ils en aient reçu la tradition du dehors, par lintrrmédiaire des marins et des émigrants qui pendant des siècles sont venus aborder sur les côtes de la mer Tyrrhénienne.
2° Appareil rjud'Ionh/nlaire irréfjitîier. J'appelle de ce mnn un ap]iareil dont l'aspect est celui des constructions polygonales, avec des blocs superposés et connne empilés au hasard '\ sans assises suivies. La ressemblance entre les deux systèmes est telle que plus d'une foison les a confondus. Ils se distinguent cependant en ce sens que