‹ L'art flamandChapitre 14 sur 106 · PREFACE XXV · texte numérisé non relu

PREFACE XXV

domination espagnole-autrichienne encourageait les arts, en opprimant les lettres ; on nous permettait de peindre, il nous était défendu de lire & de penser. Mais c'eft ainsi qu'on tue les arts comme les lettres; le génie a besoin d'air, de lumière & d'espace. Un siècle de ce régime proteéteur n'avait pas pesé sur le pays, que l'école de Rubens n'exiftait plus; elle était tombée d'inanition.

Quelques rares peintres tiennent un pinceau dégénéré. Après une longue série d'artiftes qui va des de Crayer & des Segers, aux Ommeganck & aux Van Orley, & qui continue glorieusement la puissance & la variété de l'école, Rubens eft délaissé par des artiftes qui ne savent plus être Flamands. On voit même des artiftes belges suivre les campagnes de Louis XIV pour peindre les victoires de l'envahisseur de leur pays! Des Belges! oh! non pas! car le hasard de la naissance ne suffit point; la loi prive de ce nom tout citoyen qui met son épée au service de l'étranger; la gloire doit frapper du même oftracisme l'artifte ou l'écrivain qui met son talent au service de l'ennemi. Non ! les peintres du bombardeur de Mons, de Namur & de Bruxelles sont des étrangers pour nous; ils ont trahi leur école comme leur patrie; qu'ils illuftrent le despotisme de Louis XIV; ils ne sont ni des citoyens belges, ni des peintres flamands.

Les arts renaîtront avec la patrie.

Je passe l'époque de transition où l'école de David domine, mais où les Heereyns, les Van Bree, les Lenz gardent une étincelle de l'art flamand. La Belgique artiflique moderne ne date pas de loin; cependant elle a déjà une réputation universelle.

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