‹ L'art flamandChapitre 16 sur 106 · XXV 111 PREFACE · texte numérisé non relu

XXV 111 PREFACE

être à la hauteur de la peinture flamande. Ce que j'ai dit de la peinture en Belgique avant Rubens peut s'appliquer à l'école belge moderne.

Pour être digne de Rubens, il faut le comprendre & ne pas laisser se disperser, s'émietter ses grands principes à tous les vents de l'individualisme, ce faux semblant d'originalité, ou à tous les caprices du mercantilisme, cette profanation de la noble profession des arts. Pour être digne de Rubens, il ne faut pas, eût-on du génie, descendre à Memling, à Albert Durer, à Holbein, à Murillo, même à Raphaël! Il faut relier Flamand comme lui. Il ne faut pas faire de l'archéologie ou de l'idéalisme, de la mignardise ou du réalisme, mais de la peinture; car Rubens avant tout était peintre. Il ne faut pas se borner à la pratique du procédé, au perfectionnement de la brosse, au matériel de l'art; car Rubens était artifte par la puissance de la pensée autant que par la magie de la couleur. Pour être digne de Rubens, il faut s'approprier tout son art, pour le faire progresser, comme il a fécondé l'art de ses devanciers. Pour être digne de Rubens, il faut aborder les idées modernes avec cette hauteur de conception, ce sentiment de l'héroïque dans l'art, qu'il a prêtés aux sujets de son temps.

Pour être digne de Rubens, il faut le comprendre & le surpasser, procéder de lui & être soi-même. Rubens à notre époque, libre d'aborder les grandeurs de l'hiiloire & de la philosophie moderne, maître de la science du passé & du présent, serait encore plus grand, plus patriotique, plus héroïque ! Rubens voudrait résumer en lui toutes les aspirations d'un siècle de rénovation & de progrès; Rubens voudrait

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