‹ L'art flamandChapitre 17 sur 106 · PREFACE XXIX · texte numérisé non relu

PREFACE XXIX

porter au front & jeter sur la toile toutes les fiertés de la démocratie.

Un homme représente ces tendances de notre pays: c'eft Wiertz. Lorsqu'il y a vingt-cinq ans, un poé'te fit monter ou descendre Rubens sur la tour de la cathédrale d'Anvers pour y chercher son école, c'efl lui, s'il faut en croire ce poète, que Rubens reconnut pour son successeur. Mais ce poëte était Flamand, plus que Flamand, flamingant ; il fait dire à Rubens : « C'eft dommage que Wiertz soit un Wallon ! »

Avec de pareilles traditions, avec le droit à d'aussi hautes visées, avec un si grand avenir devant soi, l'école belge ne peut pas déchoir. Non, l'école belge vivra; car elle a déjà la gloire, & elle sera bien forcée d'acquérir toute la science. L'école belge vivra, car elle a déjà, comme au temps des Van Eyck, son procédé nouveau pour la peinture monumentale.

L'école belge vivra, car elle a une patrie & elle comprendra chaque jour davantage que le pinceau ne peut pas être en Belgique & la pensée ailleurs, &. que faire de la peinture flamande d'après des romans étrangers, avec de la couleur étrangère, serait enfanter une chimère sans avenir. Oui, l'école belge vivra, car la Belgique a une école littéraire qui relève son hiftoire, étudie ses traditions, célèbre ses gloires, & nos peintres eux-mêmes prennent part à cette renaissance. Jean de Stavelot, Lucas de Herre, Otto Venius, Karl Van Mander ont tenu la plume 8c le pinceau. Lorsqu'en 1840, la ville d'Anvers mit au concours l'éloge de Rubens, qui remporta le prix? Un peintre belge (VEloffc de Rubens, par A. Wiertz). Lorsqu'en i863, l'Académie eut à couronner un mémoire sur les

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