PREFACE XXXI
été inspirées par le génie même de l'humanité. Ne laissons pas s'éteindre le feu sublime de Fart ! Achevons plutôt, achevons ces cathédrales pour les rendre à leur primitif esprit, pour en faire des temples de la fraternité & de la juftice! Alors, il s'y trouvera place pour tous les génies ! Et déjà nous avons des toiles & des marbres dignes de représenter, dans ce panthéon national, à côté des chefs-d'œuvre du passé, qu'il ne faut pas détruire, les grandeurs de notre hiftoire & les idées de l'avenir qu'il faut glorifier; et déjà, — sans oublier Leys ni Fraikin, ni les tableaux de genre, ni les paysages, — déjà nous pourrions y mettre, à côté de la Descente de croix, le Triomphe du Chrijl ; à côté des tombeaux d'évêques & de la Madeleine, de Duquesnoy, Y Innocence, de Simonis; auprès du Martyre de saint Liévin, les Derniers Honneurs rendus aux comtes d'Egmont & de Horn, par Gallait; auprès du Jugement Dernier, de Rubens, le Dernier Canon & la Chute des Anges, de Wiertz.
Le peuple qui a des poètes vit. La poésie déchoit où la liberté décline. Dans le néant disparaissent les nations où les poètes ne chantent plus.
(Poésie flamande de Jean Fergut.)
Oui, j'aime ma patrie & j'y reviens sans cesse,
Comme l'hirondelle à son nid ; J'y mets quelque fierté, mais beaucoup de tendresse,
Et j'y trouve un charme infini.
Les cigales ainsi, quand s'échauffe la plaine,
Ne se lassent point de chanter.
Tels les vieillards troyens, voyant passer Hélène,
Ne cessaient pas de la vanter.
Elle n'a point ce ciel dont la 'magnificence
Couronne Naple ou la Yungfrau; Mais c'eft là que ma mère a fêté ma naissance,
Là que se creuse mon tombeau.
Son rôle n'eft pas grand ; mais un droit la protège;
La paix fait sa prospérité ; Elle a, l'été, la pluie; elle a, l'hiver, la neige;
Mais en tout temps, la liberté.
J'aime sa vieille hiftoire & ses frais paysages, Ses ateliers retentissants.