PROLOGUE VII
Gloire aux arts ! quand un peuple eft libre, Tous les honneurs lui sont ouverts ; Sans troubler aucun équilibre, Il rayonne sur l'univers; Qu'a-t-il besoin de sang, de larmes?
A quoi bon l'appareil des armes, L'or du soldat ambassadeur?
Les arts, conquérants pacifiques, Voilà ses consuls magnifiques, Voilà ses hérauts de grandeur !
A nous la pléiade bénie
Qui, des voix & des inftruments,
Compose une varie harmonie
Où chantent tous les sentiments !
Rien ne manque au concert immense,
Force & grâce, ityle & science,
Archet moelleux, cœur inspiré ;
Nos Vieux-Temps, nos Rolands de Lattre
Font des deux mondes un théâtre
Où le nom belge eft illuftré.
A nous, artiftes que j'invoque Contre d'injurieux défis, Vous qui comprenez votre époque Sans dédaigner votre pays ; Qui, dans la chronique sondée, Prenez ses martyrs à l'idée, A la liberté ses grands noms ; Et qui trouvez, dans nos annales, Auprès des Colombs, les Vésales, Près des Colignys, les d'Egmonts.