VIII PROLOGUE
Comme des germes de civisme, Vous allez semant en tous lieux Les exemples de l'héroïsme Avec les noms de nos aïeux ; Et partout, d'une ville à l'autre, On voit le lutteur & l'apôtre Reprendre un renom immortel ; Car, pour nos gloires exposées, Vous faites de tous les Musées Un Panthéon universel.
A nous, vous qui de la nature
Aimez la chafte nudité,
Vous qui dénouez la ceinture
De cette sévère beauté;
Et qui, sur les bords de l'Amblève,
Vous plaisez à finir le rêve
Que vit naître un site espagnol,
Et qui peignez avec délice
La Campine comme la Suisse,
Et l'Ardenne après le Tyrol.
Et vous qui suivez à la trace La vie intime, chère à tous ; Greuze ou Teniers, humour ou grâce, La patrie a des mœurs pour vous.
Vous qui, de vos toiles légères Décorant les deux hémisphères, Du monde faites les honneurs Au franc rire de nos kermesses, A nos vaillantes botteresses, Aux exploits de nos patineurs.