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LA QUERELLE POLITIQUE

Tableau de Madou.

Deux vieux jouaient en paix; la gazette survint

Et voilà la guerre allumée !

O politique envenimée!

Le Pape, l'Empereur, le curé, l'échevin,

La bourse, la banque, l'armée, Tout y passe en revue, & le fumeur pygmée

Tranche en juge, pose en devin, Pèse les intérêts, donne la renommée Et règle l'avenir dans des flots de fumée.

La querelle s'échauffe -, en vain La partie accoutumée Les sollicite ; ils ont la prunelle enflammée, Et plus que l'écarté, que la pipe ou le vin, La politique eft aimée; Aussitôt qu'elle apparaît, Tout s'oublie, &: le frère eft l'ennemi du frère ; Si Dieu montrait le nez dans le parti contraire,

A Satan l'on se donnerait;

Et la discussion, importune chouette,

Sourde, aveugle, mais non muette, Assourdit tout le lazaret.

Ah! du moins, rogue mégère,

La prudente ménagère

Te relègue au cabaret !

Quoi! s'ils discutent de la sorte,

Si la passion les emporte, Eft-ce bien un motif pour leur montrer le doigt? Le cabaret eft un forum étroit,

Mais c'eft un forum, & qu'importe, Aux intérêts communs dès qu'il ouvre la porte? Ces braves gens sont loin d'être des aigles; soit ! Mais du devoir public ils ont l'idolâtrie-,

Mais ils songent à la patrie,

Mais ils s'occupent de leur droit !

Aimez-vous mieux, dans les ribottes, ■La querelle à propos de bottes, Ou le calembour à vau-l'eau?

Préférez-vous le noble zèle De fats se brûlant la cervelle Pour les beaux yeux d'une donzelle Qui leur ramollit le cerveau?

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