LA BARQUE
Tableau de Jules Vuyhteke.
Dans des flots de pourpre orgueilleuse Le soleil se baignait, le soir, Lançant à la terre frileuse Un affeftueux au revoir.
Les derniers rayons qu'il projette Faisaient briller aux yeux ravis, Sur le fleuve qui les reflète Un large courant de rubis.
Une barque, loin des navires, Traçait un paisible remous; Il en sortait des cris, des rires, Des bruits de verres, des glouglous.
Dans le canot qui fuit la côte, De gais amis sablaient le vin ; Ils chantaient l'amour à voix haute, Et l'onde emportait le refrain.
Un seul, à l'écart, pâle & sombre, Ne chantait point « l'amour parfait ! » Lui seul aimait. Caché dans l'ombre, Il'contemplait, rêvait, buvait.