SANS ENFANTS
Traduit du flamand, de De Geyter.
Devant la porte du château, Ils reposaient sous la charmille ; Une femme, menant sa fille, Vint à descendre du coteau.
Elle sortait de sa chaumière ;
La noble dame l'arrêta,
Et de mille baisers fêta
La pauvre enfant de l'ouvrière.
Dans ses boucles, avec bonheur, Elle passait sa main si belle ; Elle l'assit au banc, près d'elle ; Elle la pressa sur son cœur.
Le comte embrassa l'humble fille -, Leur joie en larmes s'exhalait ; L'émotion les aveuglait :
Ils se croyaient une famille !
Le comte offrit de l'or, de For-, Mais la mère, qu'il terrifie, Comme par la mort poursuivie, S'enfuit, emportant son trésor.
Et les époux, la nuit entière, Pleurèrent devant leur château, En regardant sur le coteau L'heureuse, l'heureuse chaumière.