‹ L'art flamandChapitre 8 sur 106 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

l'on put croire la peinture flamande séduite, entraînée, subjuguée, perdue. Cependant, l'étude de la nature, le paysage, les scènes populaires gardent encore quelque chose du génie flamand -, l'école de Van Eyck a disparu, faisant place aux éléments modernes, & déjà le concile de Cambrai de 1 565, faible écho de Savonarole, a protefté contre l'invasion de l'art profane; déjà Karl van Mander, peintre & poète, a prononcé ces paroles : « Le dessin eft le corps de la peinture, mais la couleur en eft l'âme. » Rubens eft né. Italie! .glorieuse Italie! tes séductions menacent en vain notre originalité, Rubens va te ravjr le feu célefte & créer la peinture flamande.

Mais Rubens pourra- t-il seulement habiter sa patrie ? Son père eft en exil ; Pierre-Paul naîtra sur la terre étrangère; la Hollande eft fermée à sa famille par une faute de son père; la domination espagnole chasse de la Belgique tout ce qui garde un caractère indépendant ; le duc d'Albe règne dans le sang, & les peintres ne sont pas épargnés : Jean Van Kuyck a été brûlé vif en 1 572 ; en vain il avait offert de racheter sa vie en peignant un jugement de Salomon ; les enfers de Pluton ont rendu la belle Eurydice au poëte Orphée, mais le

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