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LE XVIII^ SIÈCLE

firent que peu de peintres prospérèrent en Belgique et que bon nombre durent émigrer et travailler pour des Princes ou des Mécènes étrangers.

Leurs œuvres ont souvent été confondues avec celles des maîtres des pays où s'ils s'étaient fixés et portent actuellement des attributions fantaisistes.

Pierre Verhaeghen est un Louvaniste, il naquit à Aerschot en 1728 et mourut à Louvain en 1811.

Il fut assez- cosmopolite et voyageur. Formé à Anvers on sait qu'il parcourut la France, l'Italie, l'Autriche.

Il y a peu de temps que le Musée de Bruxelles a accueilli de ses tableaux. Ses œuvres principales sont aux abbayes de Parc près de Louvain et d'A^rerbode.

Il obtint de grosses commandes pour les églises et les couvents et l'on retrouve de ses peintures à la collégiale St-Pierre à Louvain, à Aerschot, à Turnhout. Ses compositions équilibrées, nettement décoratives, aux colorations chaudes et somptueuses, dérivent de Rubens et attestent une nature bien douée.

Théobald Michau, son aîné (1676-1755), a fondu la tradition de Bruegel de Velours et celle de David Teniers.

Chez Pierre Van Rysschoot c'est l'école de Teniers affinée par l'influence d'Antoine Watteau et des peintres parisiens qui se perpétue.

Les Anversois Horemans père et fils, continuent avec agrément la manière de Gonzalès Coques.

A Liège Léonard Defrance connaît des succès locaux. Le Tournaisien Pierre Sauvage (1744-1828) fait carrière à Paris.

Bien d'autres peintres seraient à ressusciter. Il y faudra l'occasion d'une exposition spécialement consacrée au XVIII* siècle en Belgique. Nombre d'oeuvres charmantes sorties de collections particulières y seront révélées et ramèneront au jour des noms déjà oubliés.

Vues d'ensemble

Les notices qui précèdent résument Thistoire de la peinture en Belgique ou mieux l'histoire des peintres belges pendant plus de quatre siècles.

Dès l'apparition des premiers artistes certains caractères généraux, qui paraissent inhérents à la race et au pays, se révèlent.

Les peintres de chez nous sont réalistes, ils observent la nature d'une façon toute objective. Ils éprouvent un fervent respect pour les modèles qu'ils ont sous les yeux. Leur eiïort obstiné vise à copier fidèlement la réalité. Ils n'interprètent pas leur vision ou s'ils l'interprètent c'est à leur insu, à travers leur sensibilité, mais sans aucun partipris d'altérer volontairement, de quelques manière que ce soit, la ligne, la forme ou la couleur en vue d'un effet expressif. Sans doute il y eut quelques exceptions mais si rares qu'elles confirment la règle. Tous les visages des tableaux de l'école belge semblent être des portraits peints sur le vif, même les visages des personnages apparaissant dans les compositions religieuses.

Portraits dans les Saintes Trinités où Dieu le Père et le Christ ressemblent à des contemporains des artistes choisis dans la foule en raison d'une certaine vraisemblance de type.

Portraits aussi les Madones tenant l'Enfant divin et qui sans doute furent posées souvent par des jeunes femmes de rintimité des peintres.

Portraits encore les Saints et les personnages bibliques, historiques, allégoriques qui remplissent les toiles de nos maîtres.

En Italie les artistes se sont efforcés d'idéaliser les types, de les conformer à des canons de beauté en altérant les proportions, en simplifiant les contours, en éliminant toute particularité qui les individualise.

Rien de pareil chez nous, ou tout au moins si cette préoccupation s'y marque c'est par l'efEet d'une influence étrangère, d'une mode importée, elle n'est ni spontanée ni autochtone.

Les Paysages, composés sans doute, sont formés d'éléments empruntés directement à la nature, plausibles sinon exacts, et rendus avec un soin minutieux.

En général les peintres appartenant à ce qu'on est convenu d'appeler l'école flamande n'ont pas beaucoup d'imagination. A part Rubens, qui fut un génie complet, la plupart se confinent dans l'exécution, amoureusement caressée, d'un « morceau ». Ils ne craignent pas de se répéter ni même d'emprunter à des artistes plus anciens des compositions ou des arrangements d'un succès déjà éprouvé.

Antoine Van Dyck. — Portrait de Marie-Louise de Tassii.

(Galerie Liechtenstein, Vienne.)

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