ROGER VAN DER WEYDEN
nieuse et frappante groupant sous les voûtes ogivales d'une église les scènes qui représentent plastiquement les rites religieux institués par le Christ.
Sur les volets, trois par trois, le baptême, la confirmation, le mariage, Tordre, la pénitence et Fextrême onction.
Au centre sur le panneau plus vaste et plus élevé TEucharistie, figurée à la fois par l'hostie élevée par le prêtre à l'autel et par la mort de Notre-Seigneur sur la croix pour le rachat de l'humanité.
Entre tous les peintres de son temps Roger Vander Weyden se distingue par l'intensité expressive qu'il a su donner aux visages et aux gestes de ses personnages. Nui n'a rendu comme lui la douleur pathétique de la Sainte Vierge, de S. Jean, de la Madeleine et des autres témoins de la mise au tombeau du Christ. Sans faire grimacer les traits, en leur gardant de la noblesse, de la sérénité, de la résignation, il fait sentir la navrante détresse des cœurs,
La ligne de ses compositions largement entendue en silhouettes avec l'équilibre d'un bas-relief, la netteté des draperies adaptées au mouvement des corps, accentuent encore l'effet émouvant de ses tableaux.
Thierry (Dirk) Bouts
Thierry (Dirk) Bouts, né à Haerlem vers 1415, est venu de Hollande se fixer à Louvain où il mourut en 1472.
Il subit rinfluence des Van Eyck et de Roger Vander Weyden. Ses œuvres principales sont à Louvain, au Musée de Bruxelles et à Bruges.
Il est nommé en 1468 peintre officiel de la ville. De 1464 à 1468 il se consacre à l'exécution du retable du Saint- Sacrement pour l'église St-Pierre de Louvain. Commandé pour la Chapelle du St- Sacrement l'œuvre, composée de cinq panneaux, fut morcelée au cours des âges. Les deux volets, comportant chacun deux compositions, avaient passé aux Musées de Berlin et de Munich. Le même article du traité de Versailles qui reconstitua le polyptyque de l'Agneau Mystique prescrivit aussi la réunion des éléments épars du polyptyque du St-Sacrement. Depuis 1920 le retable de nouveau complet est placé dans la collégiale St-Pierre à Louvain où il attire de nombreux pèlerins d'art. Le traité de Versailles ne fit pas davantage pour la Belgique au point de vue de la reconstitution de son avoir artistique. A ces deux groupes do peintures exclusivement
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fut dévolue la sollicitude des hommes d*Etat qui le préparèrent et le signèrent. On eût pu faire, équitablement, bien davantage, mais déjà par le choix de deux des plus incontestés chefs-d'œuvre de Tart flamand du XV^ siècle les auteurs de cet article du Traité ont bien mérité de la Belgique.
La partie centrale du retable représente la Sainte Cène, un des volets revenu de Berlin, montre la Pâque et Elie au Désert, l'autre celui revenu de Munich, la rencontre d'Abraham et de Melchisédech et la récolte de la Manne.
Par le caractère du dessin, sa décision nerveuse et concise, l'éclat émaillé du coloris cette œuvre formidable s'impose à toutes les admirations.
La même église St-Pierre à Louvain a conservé le petit triptyque peint en 1465 représentant l'abominable supplice de S. Erasme dont deux bourreaux dévident les entrailles sous les yeux cruels ou dédaigneux de quelques seigneurs élégants. S. Jérôme et S. Bernard sont représentés sur les volets.
L'église St- Sauveur à Bruges possède un triptyque analogue représentant le martyre de S. Hippolyte écartelé entre quatre chevaux conduits par des valets féroces. Sur les volets, des portraits de donateurs demeurés inachevés furent, semble-t-il, après le décès de Bouts, terminés par Hugo Vander Goes, ou tout au moins l'un d'eux.
En 1468 Bouts termina les deux grands panneaux de la Justice de l'Empereur Othon qui sont l'un des trésors les plus précieux du Musée de Bruxelles.
Ces panneaux — dé même que ceux cités plus haut,
peints par Roger Vander Weyden pour THôtel de ville de Bruxelles, et ceux, dont nous parlerons plus loin, de Gérard David qui sont au Musée de Bruges — font partie de la série de ces grandes œuvres commandées pour frapper l'esprit des juges et les mettre en garde contre les erreurs judiciaires. Ces panneaux célèbres ont décoré jadis l'Hôtel de ville de Louvain. Sur le premier se voit le supplice de l'innocent décapité à la suite d'une dénonciation calomnieuse. Sur le second la veuve du mort subit victorieusement l'épreuve du fer rouge et démontre de la sorte l'iniquité de la sentence.
Dans le fond est retracée l'exécution de Tauteur de la fausse accusation, autour qui n'est autre que l'impératrice, la propre épouse de l'Empereur Othon.
Ces peintures sont bien caractéristiques du style de Thierry Bouts, avec ses personnages émaciés, allongés, leurs gestes anguleux, l'élégance brillante de leurs atours.
Comme Jean Van Eyck et Roger Vander Weyden Thierry Bouts peignit aussi plusieurs images de la Madone avec le divin Enfant qui furent reproduites ou copiées par de nombreux imitateurs et firent l'objet — en tant que tableaux de dévotion — d'un véritable commerce. Le Musée d'Anvers possède l'une des plus caractéristiques.
Parmi les œuvres importantes de Thierry Bouts dont se glorifie l'étranger il faut citer le triptyque de la chapelle royale de la cathédrale de Séville, une mise au Tombeau, à la National Gallery à Londres, d'autres peintures au Louvre, à Munich, à Nuremberg, à Lille. Certaines d'entre elles ont été précédemment attribuées à d'autres
Thierry Bouts. —
La sentence Inique de l'Empereur Othon. Le supplice de l'Innocent.
(Musée de Bruxelles.)
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maîtres mais par leurs analogies et les éléments de comparaison fournis par les pages d'indiscutable authentite de Louvain et de Bruxelles le catalogue des ouvrages de Th. Bouts paraît actuellement assez plausiblement rétabli.
Le second fils du Maître, Albert (Albrecht Bouts), qui vécut à Louvain de 1460 (environ) à 1549, est cité comme le principal collaborateur et le continuateur des travaux de Fatelier. Le Musée de Bruxelles possède plusieurs de ses œuvres. Leur style est plus mou et leur coloris plus fade que ceux des peintures de Thierry.
A la mort de Thierry Bouts Hugo Vander Goes peintre, alors dans toute sa notoriété, fut chargé par les magistrats de Louvain d'expertiser les panneaux de la Justice d'Othon.
Petrus Christus
Petrus Christus, dont la date de naissance est inconnue, est, parmi les peintres influencés directement par Roger Vander Weyden, l'un des plus importants. Le Musée de Bruxelles conserve une mise au tombeau peinte vers 1460, qui lui est attribuée, et qui, malgré certains emprunts faits à Roger Vander Weyden, est l'un des grands chefs-d'œuvre de la peinture de cette période.
Christus obtint en 1444 le droit de bourgeoisie à Bruges. Il mourut en 1472 ou 1473. Il a laissé de nombreuses compositions religieuses, généralement de petit format (le tableau de Bruxelles est une exception) et des portraits d'un accent de vérité et d'une perfection technique admirables.
L'Art Flamand î
On conserve de ses œuvres aux Musées de Copenhague, Budapest, Détroit (Etats-Unis) et dans de nombreuses collections particulières.
Hugo Vander Goes
Hugo Vander Goes, évidemment influencé par les Van Eyck et par Roger Vander Weyden, sans que Ton puisse affirmer qu'il fût directement l'élève de l'un d'eux, est une des grandes figures de l'art flamand du XV* siècle. Sa biographie demeure fort obscure. On ne connaît pas la date ni le lieu de sa naissance. On sait qu'il fut franc maître à Gand en mai 1467, on suppose donc qu'il naquit vers 1440. En 1468 il est à Bruges et travaille à la décoration splendide dont la ville se para à l'occasion du mariage de Charles le Téméraire, fils du Duo de Bourgogne, avec Marguerite d'York. La même année il revient à Gand et exécute des peintures pour l'ornementation des rues à l'occasion de la Joyeuse Entrée du couple Princier dans cette bonne ville. Sa période d'activité fut brève. Après 1475 il est atteint d'une maladie mentale et se réfugie au couvent de Rouge-Cloître près Bruxelles. Folie mystique, délire de la persécution, les aliénistes actuels ne se prononcent pas sur son cas. Le Prieur de Rouge-Cloître' permit de faire de la musique en sa présence dans l'espoir de calmer ses accès d'égarement. Il mourut en 1482.
Ses œuvres principales sont en Ecosse, à Florence, à Berlin et à Bruges. Sir Edward Bonkil lui avait fait