HUGO VAN DER GOES
commander à Bruges, par Tintermédiaire de son frère, ambassadeur de Jacques III aux noces de Marguerite d'York, un grand triptyque dont la partie centrale est perdue mais dont les ailes sont conservées au Château de Holy Rood près d'Edimbourg. Peintes sur les deux faces elles représentent la Sainte Trinité, Sir Edward Bonkil, Prévôt du Collège de la Trinité à Edimbourg assisté par deux anges musiciens, et sur les revers le Roi James III avec son fils et la Reine Marguerite de Danemark accompagnés de leurs saints Patrons. Les portraits des Souverains furent probablement terminés par une autre main* alors que déjà Vander Goes avait sombré dans la folie.
Au Musée des Offices à Florence, le maître occupe une place prépondérante avec sa grande « Adoration des Bergers » peinte pour Portinari, agent des Médicis à Bruges, dont il a représenté la famille sur les volets de ce triptyque.
Cette œuvre monumentale est l'un des grands chefsd'œuvre de la peinture flamande pendant la seconde moitié du XV siècle. Elle frappe par le caractère du dessin, le réalisme des types, l'ampleur étoffée de la composition. Certaines figures de bergers observées sur le vif annoncent déjà les types populaires chers à Bruegel et aux maîtres intimistes du XVIP siècle flamand.
La dernière grande œuvre peinte par Hugo Vander Goes, son admirable <( Mort delà Sainte Vierge », fait partie du Musée communal de Bruges. Par l'ordonnance de la scène, le pathétique de la composition, le caractère des attitudes, l'expression des physionomies où la douleur et la foi sont
reflétées avec tant d'éloquence le tableau marque, pour le temps, une série de conquêtes nouvelles et décisives.
On doit aller chercher à Vienne, à Petrograd, à Berlin, les autres témoignages importants de Tart de Vander Goes.
Le Musée de Bruxelles a de lui une charmante œuvrette de jeunesse représentant Ste Anne avec la Vierge et l'Enfant auprès desquels un donateur religieux. est agenouillé, et une madone avec le divin bambino, tableau récemment acquis, qui montre la persistance du type de ces images pieuses dans la production des divers ateliers.
Hans Memlinc
Hans Memlinc (on a longtemps orthographié Memling) nous a laissé beaucoup d'œuvres célèbres et dont l'attribution n'a jamais été contestée. Mais par contre nous ne savons à peu près rien de ses origines et de sa vie. On en est réduit aux conjectures. Faute de certitudes les auteurs se sont complu à imaginer des anecdotes et l'on s'est ingénié à expliquer pourquoi et comment l'hôpital St-Jean à Bruges se trouve posséder une collection merveilleuse d'œuvres de H. Memlinc — et d'aucun autre peintre — qui constitue un musée unique. Ces légendes ne reposent sur aucune réalité.
Il paraît actuellement acquis que Memlinc naquit vers 1430 à Mayence ou à Memlingen dans le diocèse de Mayence. Il est à Bruges, déjà célèbre et riche, vers 1467 et il y meurt le 11 août 1494.
Il est assez généralement admis que Memlinc a dû passer par l'atelier de Roger Vander Weyden, établi à Bruxelles, et qu'il a subi son influence.
En outre des peintures conservées à l'hôpital St-Jean et au Musée communal de Bruges, les musées de Bruxelles
et d'Anvers, le Musée du Louvre, la National Gallery à Londres, la Marien Kirche à Lubeck et la collection du Duc de Devonshire à Chatsworth, les Musées de Turin, de Florence possèdent ses pages importantes.
Le talent de Hans Memlinc est à la fois suave et précis. Ses compositions religieuses sont pleines de sérénité. Il ne vise pas à Teffet émouvant des pages célèbres de Roger Vander Weyden. Sa ferveur est tranquille, sans élans pathétiques. Comme Vander Weyden Memlinc fut un portraitiste de premier ordre.
Il atteint à des délicatesses extrêmes dans le modelé des visages qu'il scrute en pleine lumière, dans le jeu des reflets ambiants, presque sans ombres. Il excelle à rendre la transparence d'une coifiPe de tulle ou de gaze sur un front féminin.
Dans l'ensemble de ses chefs-d'œuvre groupés dans le petit Musée de l'hôpital St-Jean à Bruges c'est la châsse de Ste Ursule, avec ses divines miniatures qui excite l'enthousiasme le plus vif des amateurs.
Memlinc s'y révèle tout entier avec sa douceur, son charme, son coloris élégant, ses types de distinction et de grâce.
Mais le triptyque du frère Floreins, celui d'Antoine Seghers, celui du frère Adrien Reyns, le diptyque délicieux de Martin Van Nieuwenhove, le portrait si réaliste de Maria Moreel représentent d'autres aspects de ce talent si souple que l'on ne peut réellement connaître si l'on n'a pas accompli le pèlerinage artistique de Bruges.