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GÉRARD DAVID

\ Gérard (Gheeraert) David (1460=1523)

Gérard David qui jouit en son temps d'une juste notoriété fut par la suite et pendant longtemps entièrement oublié. Son nom était jusqu'au commencement du présent siècle à peu près ignoré, ses œuvres avaient été attribuées à divers peintres. C'est l'érudit anglais James Weale qui a restitué à Gérard David sa place légitime dans l'histoire de l'Art Flamand. A l'exposition des primitifs flamands à Bruges en 1902 on vit pour la première fois une série d'œuvres de Gérard David. Cependant le Musée Communal de Bruges possédait depuis longtemps les deux panneaux caractéristiques de la Légende de Sisamnès.

On rattache les origines de Gérard David à l'école de Haerlem. Il naquit à Oudewater en 1460. Comme Thierry- Bouts il vint se fixer dans notre pays. Nous le trouvons en 1483 établi à Bruges où il acheva sa carrière dont la fin coïncida avec le déclin commercial de la ville au profit d'Anvers.

Il avait à ses débuts étudié en Hollande mais il subit surtout l'influence de Memlinc, à tel point que ses œuvres furent souvent attribuées par la suite à ce maître, mais plus que Memlinc il se laissa pénétrer d'influences étrangères, car déjà à Anvers la jeune école mettait en vogue les formules et les décors des peintres Italiens.

On cite parmi les peintures les plus anciennes de Gérard David un triptyque dont le centre représente le Christ cloué sur la croix, l'un des volets Saint Jean avec les

Saintes Femmes au Sépulcre, l'autre des Juges Juifs et

des soldats romains.

La partie centrale fut longtemps à Venise dans le palais de Lady Layard facilement accessible aux visiteurs. Depuis la mort de cette grande dame et conformément à son testament la peinture est entrée à la National Gallery à Londres. D'autre part les deux volets, acquis jadis par le Chevalier van Ertborn, appartiennent au Musée d'Anvers. Par une heureuse fortune l'ensemble fut temporairement reconstitué au début de l'année 1927, à l'occasion de la grande exposition rétrospective d'art Belge qui eut lieu à Londres (Royal Academy, Burlington House) avec l'éclat que l'on sait.

Il est bien fâcheux qu'il semble actuellement impossible qu'une entente s'établisse entre les Musées de Londres et d^Anvers pour amener, par voie d'échange, la réunion définitive de ces éléments dispersés.

En 1509 Gérard David offrit au couvent des Carmélites de Sion à Bruges la magnifique et importante peinture qui est actuellement au Musée de Rouen et que l'on considère comme son chef-d'œuvre, la Madone entourée de Saintes. Les deux tableaux de la Légende de Sisamnès ont servi à James Weale de base, de point de comparaison pour l'établissement du catalogue de l'œuvre du maître. Il était connu en effet par des documents d'archives que ces peintures, inspirées par un texte d'Hérodote et destinées, comme les panneaux de R. Vander Weyden et de Thierry Bouts, à mettre les juges en garde contre les sentences arbitraires, avaient été commandées à G. David par les magistrats de Bruges.

En 1507 il peignit pour Jean des Trompes le retable

Hugo Van der Goes. — La mort de la Sainte Vierge.

Bruges (Musée Communal.)

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