‹ L'art français au Salon de 1857Chapitre 6 sur 18 · PEINTURE OFFICIELLE : MM. MULLER, DUBUFE, ANTIGNA, LAZERGES, ETC · texte numérisé non relu

PEINTURE OFFICIELLE : MM. MULLER, DUBUFE, ANTIGNA, LAZERGES, ETC

M. Yvon, chargé de peindre la prise de la tour Malakoff, a dû se trouver tout d'abord dans un grand embarras. Ayant à représenter un assaut, il lui fallait ou rester du côté des assiégeants, et alors il nous montrait tous nos soldats vus de dos, et leurs chefs obligés de se retourner pour faire face aux spectateurs, ou se mettre du côté des Russes, et alors il nous privait presque entièrement de la vue des ennemis et de la ville assiégée. M. Yvon a pris ce dernier parti, adopté déjà par Horace Vernet dans la Prise de Rome. Entre deux maux il a choisi le moindre. Cette disposition est surtout heureuse en ce que l'action n'y est pas complètement restreinte à un terrain iixe. L'œil suit dans la campagne, au delà des combattants, le développement

des troupes françaises, sous le commandement en chef du général Pélissier, qui occupe, avec son état-major, le mamelon Vert, sur lequel flotte déjà le drapeau français. Le fond, très-exactement peint, nous met sous les yeux, en allant de gauche à droite, le ravin du Carénage, la vallée de la Tchernaïa, le plateau d'Inkermann, le mamelon Vert, la redoute Victoria, et au dernier plan la pointe de Balaklava.

Lespeintres de batailles ne sont pas heureux. On ne peut, dit La Fontaine, contenter à la fois tout le monde et son père; il est encore plus difficile peut-être de concilier les exigences de l'art plastique avec celles de l'art militaire. Les plus habiles y ont échoué. Aussi, dans l'impossibilité où nous sommes de tracer les règles d'après lesquelles on pourrait arriver à la perfection, si perfection il y a, en ce genre, devons-nous tenir compte à M. Yvon du talent qu'il a déployé pour satisfaire à la fois les hommes du métier et les artistes. Toutefois, nous lui adresserons un reproche qu'il avait déjà encouru dans la Retraite de Russie, et dont il est plus difficile à un élève de Paul Delaroche qu'à tout autre d'être exempt : sa composition est trop théâtrale. Ce . n'est pas une bataille, ce n'est pas même un assaut, c'est plutôt un panorama, une sorte d'apothéose militaire, comme on en peut voir dans les théâtres du boulevard, avec accompagnement de coups de canon inoffensifs, de tourbillon de fumée et d'étendards flottants. Nous regrettons de ne pas y trouver cette vérité d'ac-

tion et cette tuerie affreuse, mais réelle, que nous avons louées dans le tableau de M. Gustave Doré. C'est à peine si les assaillants éprouvent un semblant de résistance, aussi chefs el soldats sont-ils moins occupés à se battre courageusement qu'à chercher la pose et l'attitude qui conviennent à des gens qui sont sûrs d'être regardés.

M. Yvon, pour plaire à tout le monde et présenter son sujet dans tout son ensemble, a dû faire entrer une foule d'épisodes dans une toile encore peu considérable relativement à la grandeur de ses personnages, et il s'en est tiré sans trop de confusion. 11 est vrai que deux ou trois hommes représentent souvent à eux seuls tout un corps d'armée, mais cela était inévitable. Le malheur est qu'une action aussi complexe manque nécessairement d'unité et surtout de clarté. Sans le secours du livret et du dessin réduit qui accompagne le tableau, le spectateur aurait peine à s'y reconnaître. 11 en résulte que ce qui attire le public devant la Prise de Malakoff esf plutôt une curiosité banale qu'un intérêt artistique.

Remarquez que tous les reproches que nous adressons au tableau de M. Y von s'appliquent moins à l'artiste qu'au genre de sujet qui lui a été imposé. Il fallait pour le Musée de Versailles quelque chose qui fût moins une œuvre d'art qu'un tableau commémoratif d'un fait d'armes qui a déjà sa place dans nos annales

historiques. Toutes les batailles qui figurent à Versailles

sont dan? ce cas. Quand on nous aura montré dans cette cohue de tableaux officiels, improvisés pour la plupart, une seule toile historique qui atteigne complètement son but comme œuvre d'art, alors seulement nous dirons que M. Yvon n'a pas donné tout ce qu'on pouvait attendre de lui.

Au premier plan, le colonel Collineau, entouré d'une poignée de zouaves, forme le centre de la composition. Il est de grandeur naturelle et fait face aux spectateurs. Derrière lui apparaissent, au sommet du principal talus, le général Mac-Mahon à la tete de la première division d'assaut, et le caporal de zouaves Lihaut, tenant en main le drapeau français. Entre ces deux points principaux, une escouade de sapeurs et un détachement de canonniers, conduit» par le chef de bataillon du génie Ragon et le capitaine d'artillerie Crouzat, se précipitent dans la redoute à la suite du colonel Collineau, culbutent ceux qui font mine de résister et commencent à enclouer les canons. Les deux talus qui entourent celui où le général Mac-Mahon a déjà planté son épée sont escaladés tour à tour par les différents corps de troupes , tandis que le reste de l'armée alliée se développe au loin dans la campagne jusqu'aux anciennes carrières où se tient le général Bosquet, et au mamelon Vert, occupé par le général Pélissier.

Naturellement, dans une œuvre composée de tant d'éléments divers, les épisodes abondent. La plupart

d'entre eux sont heureusement choisis, sauf un seul que nous nous permettrons encore de blâmer. Pourquoi M. Yvon nous a-t-il montré dans un coin de son tableau un vieux général russe essayant en vain d'arrêter la fuite de ses soldats? Outre qu'il est peu probable que les officiers russes aient été obligés de prendre leurs hommes à la gorge pour les ramener au combat, à quoi bon cet excès de chauvinisme? Si les assaillants n'avaient eu à combattre que des fuyards, quelle gloire si belle aurions-nous recueillie de la victoire?

Ces épisodes sont du reste parfaitement traités. Si les types de soldats ne sont pas aussi variés qu'on pourrait le désirer, ils ne manquent du moins ni de caractère ni d'expression. La touche a toujours cette largeur et cette hardiesse qui caractérisent le pinceau de M. Yvon. La tête du jeune officier russe qui tombe mort aux pieds du colonel Collineau est très-habilement modelée, et celle du zouave qui expire sur le drapeau qu'il vient d'arracher à l'ennemi est d'une éner- ■ gie saisissante. La couleur est en général d'un ton un peu trop clair, ce qui ne permet pas de donner aux terrains un éloignement toujours suffisant, mais elle est douce à l'œil et pleine d'harmonie. C'est un genre de mérite qui apparaîtra davantage quand la toile de M. Yvon sera placée sous un jour plus égal et plus avantageux que celui qui l'éclairé en ce moment.

Entre la Retraite de Russie et la Prise de Mala-

koff, nous n'hésitons pas à nous prononcer pour le premier de ces deux tableaux. Malgré tout son savoir-faire, M. Yvon n'a pu racheter tous les défauts qui résultent de la nature même de son sujet. Son travail manque un peu de cette unité, de cette concentration qu'exige impérieusement toute œuvre d'art dont on doit embrasser l'ensemble d'un seul coup d'œil ; mais pouvait-il en être autrement? Loin de faire un crime à M. Yvon des difficultés qu'il n'a pas surmontées, nous pensons qu'il lui a fallu un talent hors ligne pour ne pas rester au-dessous de la tâche qui lui était confiée. Si le public se montre plus sévère pour son œuvre que pour les précédentes, personne ne pourra dire qu'un autre eût fait mieux à sa place.

Il n'y a pas un peintre aujourd'hui qui sache mieux camper un troupier sur ses jambes, l'équiper, le poser à cheval ou lui faire emboucher la trompette que M. Pils. Il a déjà toute la souplesse et toute la facilité d'H. Vernet, avec bien plus de largeur et d'énergie. Il est heureux pour M. Pils qu'on ait exposé son Débarquement à Eupatoria près de la prétendue Bataille de l'Aima de M. H. Vernet; il a tout à gagner à la comparaison. Selon son habitude, M. Vernet, sans s'inquiéter des soldats, qui deviennent ce qu'ils peuvent dans le lointain, s'est appliqué à ramener tout l'intérêt sur Tétatmajor. Il a fait de sa toile une galerie de portraits spirituellement peints, mais nullement une bataille. Le tout est d'une couleur presque toujours molle et qui

devient aussi fausse que possible dans le paysage. M. Pils, mieux avisé, a fait en sorte que le prince Napoléon^ le duc de Cambridge, le maréchal Saint-Arnaud, etc., ne captivassent pas à eux seuls l'attention du spectateur. Son débarquement est un débarquement complet, et nous sommes convaincu que, s'il eût eu à traiter une bataille, il en eût fait une véritable bataille. Sa composition est large, habilement disposée et pleine de lumière. Sa touche est brillante et facile et ses soldats marchent^ agissent, font rouler les équipages avec une vérité étonnante; bref, c'est un succès complet.

M. Alexandre Protais, qui a fait en amateur la campagne de Crimée, en a rapporté des études précieuses pour un peintre de batailles. Il en connaît à fond le sol, la végétation et le climat; toutes ses vues, prises d'après nature, sont d'une fidélité minutieuse et ses souvenirs personnels, aussi exacts que les bulletins officiels, ont dû lui être d'un grand secours. Nous n'insisterions pas sur cette exactitude locale qui n'a, en général, qu'une importance secondaire, si elle était le mérite principal des œuvres de M. Protais. Mais à ces qualités s'en joignent d'autres qui ont infiniment plus de prix à nos yeux. Ce n'est pas le hasard et l'occasion qui ont fait de lui, comme de MM. Charpentier et Jumel, un peintre de batailles, c'est une vocation sincère dont ses tableaux, qui affrontent pour la première fois les regards du public, sont le meilleur témoignage. On reconnaît à

première vue que c'est moins à un stratégiste qu'à un peintre que Ton a affaire.

Dans sa Bataille d'Inkermann, M. Protais a cherché à nous émouvoir plutôt par la masse que par les détails. L'armée russe, à peine entamée par le choc impétueux des gardes de la reine, se déroule depuis les premiers plans jusqu'aux montagnes comme un vaste champ de blé ondulé par l'orage, M. Prolais n'a pas craint de nous montrer, du côté des ennemis, une résistance héroïque digne des soldats russes, plus propres à la défense qu'à l'attaque, et nous lui en savons gré. Seulement nous aurions voulu que la charge commandée par le général Bosquet tînt un peu plus de place dans le tableau. L'armée française> ayant eu les honneurs de la journée, pouvait être mise un peu plus en relief. C'est, du reste, du côté des zouaves qu'il faut surtout chercher les beautés de détail dans l'œuvre de M. Protais. De même que M. Pils, il excelle à rendre le mouvement, le geste, l'attitude du soldat français. Malheureusement la toile est placée beaucoup trop haut relativement à la grandeur des personnages, en sorte qu'à moins d'une vue privilégiée, le détail échappe presque toujours aux regards. Il faut se reporter aux tableaux intitulés Y Attaque d'une des batteries du mamelon Vert et le Devoir, pour apprécier ce côté saillant du talent de M. Protais.

Tandis que M. Protais trouve facilement l'ensemble, M. Andrieux est obligé de se rabattre sur les épisodes

partiels. Lui aussi, il connaît à fond le costume et l'allure du troupier, el ses nombreuses aquarelles, où il les peint isolément sous toutes leurs faces, sont peut-être de la force de celles de M. Pils. Mais pour bâtir un édifice solide, il ne suffit pas d'employer de bons matériaux, et M. Andrieux a encore beaucoup à apprendre avant d'avoir cette largeur de vue nécessaire à la composition d'un tableau historique. Dans son Assaut de la tour Malakoff, les épisodes sont amusants et finement traités; les bonshommes sont pleins de vie, d'énergie, de naturel et de chic; mais la conception générale est pauvre et sans effet, parce qu'elle manque d'ensemble. M. Andrieux est trop jeune pour que ces défauts ne lui soient pas volontiers pardonnes. Ce n'est pas le talent qui lui manque, c'est l'expérience.

M. Duvaux, peintre de genre, a fait un Épisode de Vassaut de Sébastopol qui ne manque pas d'énergie et d'entrain. Quant à M. Beaucé, son Assaut de Zaatcha et ses Francs Tireurs ne sont pas infiniment supérieurs aux innombrables vignettes dont ce peintre a illustré les livraisons à vingt centimes. Sa couleur est toujours sèche et terne, son dessin mou et indécis, et sa composition à peu près insignifiante.

La Prise du mamelon Vert) de M. Hersent, élève de M. Couture, nous sort des batailles pour nous faire entrer de plein-pied dans l'épisode militaire, qui est aux batailles ce que le genre historique est à l'histoire. M. Hersent n'a nullement eu l'intention de nous donner

une idée de la prise du mamelon Vert; tout autre fait d'armes eût aussi bien été pour lui l'occasion d'un bon tableau. Si sa toile est achetée par l'État, ce qui ne serait pas une mauvaise acquisition, elle sera plus à sa place au Luxembourg qu'à Versailles. Ses soldats sont de grandeur naturelle, ce qui ne lui a pas permis d'en introduire un grand nombre, mais ils sont largement et hardiment peints, et le peu que nous en voyons ne font pas semblant de se battre. On reconnaît facilement dans la peinture de M. Hersent l'influence de M. Couture et ses procédés habituels: une touche grasse et opulente, et des contours nettement accusés. Les débuts de M. Hersent feront honneur à son maître.

Nous regrettons que M. Armand-Dumarescq n'ait pas voulu faire, comme tout le monde, un peu d'actualité, et cela précisément parce qu'il ne peint pas la bataille comme tout le monde. Bien qu'il soit lui-même élève de Couture, il ne le rappelle déjà plus que de loin. Son Martyre de saint André, du Salon de 1853, sentait encore l'atelier; sa Bataille de la Mo skowa est d'un artiste complètement formé et sûr de lui. Son dessin correct et nerveux, son coloris brillant et incisif, qui n'a plus rien de trop empâté, de mal cuit et de rugueux, dénotent dans ses procédés nouveaux un progrès éclatant. Les cuirassiers, lancés à toute bride dans le tourbillon d'une charge impétueuse, renversent tout sur leur passage. Chevaux et cavaliers sont taillés dans le même bloc comme les centaures de

Barye. Ils ne s'arrêtent qu'après avoir culbuté la cavalerie ennemie, et de'passé depuis longtemps le but. Les balles sifflent, les sabres s'entre-choquent. et le soleil fait miroiter sur les casques et les cuirasses des rayons aigus comme le cliquetis des épées. Un épisode de la guerre de Crimée, exécuté dans un pareil style, eût été pour M. Armand Dumarescq l'occasion d'un véritable triomphe.

Les Dernières Volontés et la Prise des embuscades russes, de M. Bellangé, n'ajoutent rien à ses précédents travaux. Ce sont de jolis tableaux, élégamment peints, et qui ont, par-dessus tout, le mérite de se vendre fort cher. Mais ils prouvent une fois de plus que, comme Charlet, M. Bellangé ne peut peindre que des épisodes. La Bataille de l'Aima, du Salon de 4855, était intéressante par le détail, mais n'était pas à la hauteur de la peinture d'histoire; aussi est-elle déjà complètement oubliée.

Dans la peinture de genre, M. Penguilly L'Haridon s'était élevé depuis quelques années à un rang qu'il lui eût été facile de conserver. Il est fâcheux que son malheureux Combat des Trente détruise en partie la bonne opinion que le public avait conçue de lui. Ses Bretons et ses Anglais, avec leurs armures de carton peint, nous feront regretter longtemps sa Vedette gauloise et son Binious breton.

La Veille d'Auslerlitz de M. Gigoux est tellement désagréable à l'œil, qu'on se dispenserait volontiers

d'en parler. 11 y a cependant dans cette peinture rebutante des qualités de faire peu communes et qui rendent l'œuvre digne d'être discutée. Les grenadiers impériaux sont des pantins un peu trop symétriques, mais n'en sont pas moins de solides gaillards, bien campés sur leurs jambes et taillés dans de magnifiques patrons. L'empereur, avec son visage lourdement éclairé par le reflet des torches, est de tous le plus maltraité. En somme, la Veille d'Austerlitz est, sinon un tableau remarquable, au moins un travail estimable, et qui paraîtrait meilleur sans le souvenir funeste des Moissons et des Vendanges des deux derniers Salons,

Nousvavons encore quelques comptes à régler avec la peinture officielle, bien qu'elle n'ait avec l'art sérieux qu'une parenté assez éloignée. Il n'est pas sans utilité de voir jusqu'à quel point un peintre aussi bien doué que M. Muller peut s'égarer dans cette voie plus lucrative que glorieuse. Il est vrai que dans certains cas Terreur peut bien être volontaire, mais elle n'en est pas plus excusable. Si nos renseignements sont exacts, l'auteur de Y Appel des condamnés de la Terreur n'a pas mis un empressement très-spontané à exposer sa toile représentant l'Arrivée de S. Af. la reine d'Angleterre à Saint Cloua, qui n'en a pas moins eu les honneurs du grand Salon. Si cela est vrai, il eût peut-être encore mieux valu ne pas la faire. Mais on ne s'avise jamais de tout.

M. Muller a été d'autant plus mal avisé de déserter

la peinture d'histoire, qui lui a valu ses plus beaux succès, qu'en abordant la peinture officielle il engageait une lutte inégale avec des peintres rompus à toutes les ressources du métier. Entre le tableau de M. Muller et le Congrès de Paris , de M. Dubufe fils, personne n'hésitera à se prononcer en faveur du dernier. On n'attendait pas si bien de l'un et pas si mal de l'autre. M. Dubufe a eu au moins le bon esprit de rester fidèle au genre qu'il a adopté depuis longtemps, et il a moins cherché à peindre le Congrès de Paris qu'à faire le portrait officiel des plénipotentiaires qui l'ont signé. Aucun d'eux ne songe plus à discuter les articles d'un traité; la paix est conclue, et avant de se séparer, ils se tiennent immobiles devant le photographe assermenté qui doit nous livrer leur ressemblance garantie exacte. Ce'n'est pas un tableau d'histoire aux tendances ambitieuses, c'est une simple galerie de portraits.

Le voyage de l'empereur dans les provinces inondées par le débordement de la Loire et du Rhône a donné naissance à une foule de toiles commémoratives dont l'intention vaut mieux que l'exécution. Nous avons déjà parlé de celle de M. Bouguereau. A l'exception de celles de M. Lazerges et de M. Antigna, les autres lui sont encore bien inférieures. M. Lazerges, qui a le tort de s'adonner trop exclusivement à la peinture religieuse, s'est montré ici ce qu'il est habituellement : un dessinateur savant, correct, élégant, habile à composer un tableau, mais trop dépourvu du sens de la couleur

pour être jamais un peintre complet. M. Antigna a assez heureusement exploité le côté réaliste du sujet. M. Janet-Lange, l'auteur du Néron disputant le prix de la course, a fait du sien une grande vignette qui est plus à sa place dans les colonnes de Y Illustration qu'au Salon. M. Lassalle en a fait un tableau médiocre et M. Louis Moullin une image coloriée qui est loin d'avoir le mérite de celles d'Epinal.

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