Procès-verbaux, I, p
l'académie de peinture et sculpture. 183
il avait refusé de le faire, — elles ne devaient avoir qu'une validité légalement contestable. Quant au gouvernement, il avait en 1648-1649 trop de soucis et sentait trop sa faiblesse pour songer beaucoup aux peintres. Enfin la maîtrise n'avait pas désarmé. Elle reprit en 1649 la lutte sur un terrain favorable : celui de l'enseignement artistique. L'Académie avait cependant porté de ce côté ses premiers efforts; elle voyait là une des raisons de son institution. Le Brun .avait placé dans une salle quelques antiques pour le travail des étudiants; on posait le modèle devant eux. Le graveur Bosse, le mathématicien Chauveau, le médecin Quatroulx leur donnaient des leçons de perspective, de géométrie, d'anatomie. Mais les élèves venaient peu, et cela peut-être parce que les leçons devaient se payer.
La maîtrise voulut profiter des circonstances. Elle comptait sur Vouet, mécontent, s'il en faut croire Testelin, de ce que « l'on avait entrepris l'establissement de l'Académie sans luy en offrir les premiers honneurs ». Avec lui, elle forma une école académique ^ où il reçut le titre de « prince de leur compagnie », à l'imitation de ce qui se passait à Rome en l'Académie de Saint-Luc. Mignard, Dufresnoy, peut-être les Anguier se joignirent à la corporation. Pour attirer les élèves, on ne demandait que la moitié du prix exigé par l'Académie. La tentative avorta cependant; la mort de Vouet en juin 1649 fut sans doute une des causes de cet échec.