‹ L'Art français au temps de Richelieu et de Mazarin (volume 2)Chapitre 41 sur 181 · Relation, p · texte numérisé non relu

Relation, p

184 l'art et la condition des artistes.

Après deux ans de lutte, les choses allaient changer tout à coup. A cette époque féconde en revirements, rAcadémie et la maîtrise eurent, elles aussi, presque au même moment que les deux Frondes, leur édit d'union.

Si Ton doit en croire les procès-verbaux, les maîtres demandèrent les premiers à conférer avec l'Académie (le 4 février 1651), et des deux parts on rédigea des articles d'accommodement *. Les négociations, auxquelles présida surtout Charles Errard, durèrent longtemps, à travers mille difficultés. On se résolut enfln à prendre pour arbitre un conseiller au Parlement, M. Hervé, et le 5 août 1651, l'accord dont il avait fixé les termes reçut enfin Tadhésion des deux corps jusque-là rivaux *. Le 24, ils se réunissaient dans la salle des Antiques au Louvre, nommaient recteurs deux jurés, Poërson et Lubin Baugin, à la place de Van Opstal et de La Hire, qui avaient démissionné, puis le 2 septembre, désignaient comme anciens Vignon et Buyster, au lieu de Charles Errard et de Le Brun. Tout semblait ainsi terminé, et le procès-verbal du même jour porte 36 signatures, dont 21 environ appartiennent à des maîtres. Du reste, le régime nouveau avait quelque chose d'assez singulier. Les deux corps conservaient chacun leur organisation propre, leurs privilèges spéciaux, leurs statuts : il y avait des maîtres et des académistes, sorte d'État fédératif.

Page 1