Statuts, ordonnances, p
l'académie de peinture et sculpture. 185
Mais pourquoi TAcadéinie avait-elle consenti à un pareil rapprochement? Ses historiographes éprouvent ici quelque embarras, car si elle s'unissait à ces maîtres « vils », c'est donc qu'elle ne les jugeait pas si méprisables, et ainsi tombe une partie des arguments en faveur de la fondation. Testelin donne trois raisons : attirer à soi quelques-uns des maîtres les plus honorables qui, par délicatesse san3 doute, tenaient pour la corporation ; obtenir la mainlevée de l'opposition des jurés aux lettres patentes de 1648 ; améliorer la maitrise elle-même, « purger facilement les corruptions qui s'étaient glissées dans la maîtrise » *.
L'efiFet répondit mal aux prévisions. Les difficultés reparurent très vite et tout devint prétexte à récriminations. Quant à décider de quel côté furent les torts principaux, nous ne ressayerons pas, car les documents nous manquent. Nous nous garderons en tout cas de suivre à la lettre la Relation ou même les Procès-verbaux. Le sentiment le plus élémentaire de la critique historique empêche d'y ajouter foi, on le comprend de reste. Ils pourraient tout au plus révéler la mauvaise volonté de l'Académie, la résistance constante de Le Brun à l'idée de jonction, la conversion de Charles Errard à ses sentiments. Au fond, les Académiciens finirent sans doute par craindre de se trouver débordés, car les maîtres formaient la majorité. Certainement bien
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des séances ne se passèrent pas sans orages : au dehors comme au dedans, on dut s'agiter, des paroles vives s'échangèrent. Pour s'en étonner, il faudrait ignorer ce qui se passait à la même époque en plein Parlement : les maîtres des enquêtes soufflant la discorde, les batailles jusque dans la Grand Chambre, Retz presque étoufl^é entre deux portes dans la bagarre. Et précisément, dans la maîtrise même, les jeunes jouaient un peu le rôle des juges des enquêtes.
Aussi les statuts de jonction venaient à peine d'être enregistrés en juin 1652 * que les deux corps se séparaient. Du reste, jamais la situation n'avait été plus critique, de quelque côté qu'on se tournât. La guerre civile avait recommencé, la Cour avait quitté encore une fois Paris livré à lui-même. La séance de l'Académie du 5 juillet avait lieu le lendemain même des massacres à l'Hôtel de ville. En août, on était obligé de remettre les délibérations à l'assemblée suivante ^ Mars, comme on eût dit à cette époque, chassait Apollon et les Muses. Et le 7 septembre, le modèle Girard déclarait qu'il ne « pouvait tenir l'école pour le peu d'escoliers qui y viennent désigner » et remettait entre les mains de Testelin les clefs de la salle ^.
1. On peut expliquer en partie la séparation par ce fait que le Parlement avait du même coup enregistré les statuts royaux de 1648. La diplomatie de l'Académie avait ainsi triomphé.