Lettres, Mémoires, etc., de Colbert, t. V, p
dire un mot aux dames, car il avait l'œil aux détails, on le sait, et aussi parce qu'il aimait beaucoup les Beaubriin. Ceux-ci l'avaient peint « devant qu'il fût né » en faisant le portrait de sa mère; ils l'avaient peint ensuite à l'âge de huit jours; ils peignirent au même âge le dauphin, Mis de Louis XIV.
Les deux cousins avaient tout ce qu'il faut pour réussir dans le monde élégant : de la politesse, l'air du bon ton, des attentions délicates. Et puis surtout ils le peignaient à son goût : « ils étaient ingénieux à donner aux dames un air avantageux et une belle disposition d'habits et de coift'ures ». Trait significatif, quand s'introduisit dans les cercles littéraires la mode des portraits écrits, et quand « la plume devint ainsi un pinceau », le nom des Beaubrun se trouve cité à chaque instant « dans des allusions de portrait à portrait ». Ainsi, ils furent très mêlés à leur temps, ils le révèlent par certains côtés; mais combien de Beaubrun ignorés dans les galeries ' !
Henri Testelin, si connu par le rôle qu'il tint à l'Académie, fut très estimé de ses confrères, comme artiste autant que comme écrivain. En 1618, ils le chargèrent de peindre le jeune roi '. Plus tard, en 1667, on lui confia le soin de faire un nouveau portrait de Louis .\1V, destiné à orner la salle des séances de l'Académie de peinture •'. Il devait mettre
1. Voir h Vcrstiilles, ii" 4193 (Louise de Nointel), 2ni0 (.\nne d'Aulnche).