‹ L'art gréco-bouddhique du GandhâraChapitre 20 sur 36 · I.E D7G-T/./I) I Dl BUDDHA IiNDO-dREC. fi8l · texte numérisé non relu

I.E D7G-T/./I) I Dl BUDDHA IiNDO-dREC. fi8l

Parmi les imaoes de Mallnirâ, nous ne rappellerons ici (jue j)Oiir mémoire celles dont il a déjà été question ci-dessus '') en i-aison lie leur caractère exceptionnel (fig. 55o). Ces premiers essais de l'école locale dilTèrent en effet par plusieurs traits du prototype gandliàrien : mais elles n'eurent pas de postérité, et seules les reproductions plus fidèles du Buddha indo-grec (fig. 55a-o53, 58/j) se sont prolongées jusqu'à l'époque des Guptas au v" siècle (fig. 587). Quand l'invasion des Huns blancs vint détruire les ateliers dont elles étaient sorties, déjà leur suite avait été prise par les statues du bassin moyen et inl'érieur du Gange, depuis Prayàg ou Allaliabàd (fig. 554; datée 8.129 = /1/18-9 ap. J.-G.) jusqu'au Bengale'-). Nous nous contenterons de quelques spécimens caractéristiques relevés sur le site des deux plus durables pèlerinages, celui de la Première Prédication, près de Bénarès, et de l'Illumination, près de Bodh-Gayâ. Les figures 555, SOy, 588 (cl. fig. 90(), ^98, 507, 5 1 1) représenteront les nombreuses images, assises ou debout, que nous ont rendues les l'ouilles de Sàrnath. Quant à celles qu'a l'ournies avec non moins d'abondance le sol du Magadha, et dont la lignée se perpétue sous la dynastie des Pàlas jusqu'à l'invasion musulmane, les figures 55() (datéeS. 6/1 = 1 A."! '^) ap..l.-C.). 557-558 et 588 />/s (cf. fig. 5oo-5oi) on donneroni une idée. Il ne tiendrait qu'à nous de suivre ce modèle jusqu'en Birmanie î^). Mais le cbemin que nous avons déjà reconnu au cours du précédent chapitre nous ramène à présent du côté d'Ajautâ. Parmi les sculptures qui décorent aussi bien les chapelles intérieures que les façades des cryptes, nous ne trouverons rien que nous n'ayons

'' Cf. t. II, p. 3a 1, n. 3 et 6o5, e( Smith el Hoey, Aiic. Biiddliisl Slaliialles ,

ci-flessoiis, |). 698. Nous sommes d'ac- fhins ./. A. S. B., LXIII, iSyT), p. i55. eoid avec M. J. Vh. Vogel poui' rappoiler '' Le style de cette statue rappoile sa

les ligures oôo et ses pareilles (et aussi ilate à l'ère Çaka, el non Gupta. la ftgure 556, citéeci-dessous) au n' siècle <*' Voir un Buddlia de pierre el des

après nolie ère, sous la domination des sceaux d'argile de Pagan dans A. Grix-

Kusanas. Les ligures 552-553 ne doivonl wedel, Buddh. Sltidkn (1«to//. a. d. A.

pas leur être très postérieures. Muséum fur Vûllcerkuiide , V, 1897),

" Voii- encore pour Çrâvasii V. A. p. i3o et lig. 88. <)0. 93.

déjà rencontré dans lo Madhyadèça : mieux vaut donc choisir un Buddha peint qui, bien que datant du vi'' siècle, est visiblement [dus proche de la source originelle (fîg. 689; cl', fig. 5o3). Nous remontons plus près encore avec ceux d'Amarâvatî (fîg. 585 ; cl. fig. 5o6, 5 08-509), dont les premiers ne doivent pas être po.stérieurs au u*" siècle de notre ère.

Ici nous attend une bonne fortune capable de consoler l'archéologue indianisant de ses habituels déboires, et bien faite pour donner confiance dans l'avenir des études comparatives que nous esquissons en ce moment. Nous avions cru plus haut (p. 617) pouvoir considérer Amarâvatî comme l'un des ports par où l'influence indienne avait dû gagner l'Indochine : or voici qu'on vient d'exhumer à Dong-Du'o'ng, au sud-ouest de Tourane, dans l'ancien Campa et l'Annam actuel, la preuve manifeste de cette exportation (fig. 586); car lors même qu'il faudrait admettre, contrt toute vraisemblance, que cette statue de bronze ait été fondue sur place, il ne s'agirait toujours que d'un simple surmoulage d'une statue d'Amarâvatî ('). Si la riche moisson archéologique recueillie à Ceylan avait été plus libéralement publiée, plusieurs cas analogues se présenteraient aussitôt à nous. Que le roi Vasabha (vers 12/1-168 ap. J.-C.) ait dédié des images du Buddha au Mahàtliûpa. le fait est historiquement possible ('-) ; une chose certaine, c'est que les statues mutilées qui subsistent près de ce stùpo reproduisent d'une façon schématique, mais fidèle, les draperies et le port des Buddhas d'Amai-tàvati (cf. fig. 559). 11 en est de même des belles statues assises de Polonnaruwa et du colosse debout

''' Voir RotiGiER, iVo«ue//e« (/e'coMW'/-/e.s' Irchiiid, i8()."i. jjI. 1-lV): mais compa-

cames au Quang-nniii . dans le Bidl. de la rez les spécimens de l'art local des C.ams

Comm. arcli.dc l'Indochine, \ç\i^, f. ^i i. donnés par M. !>. Finot (Bulletin de

— La facture est à la vérité supérieure l'Ecole française d' Extrême -Orient, I,

à celle de Some Biiddliist Bronzes , prove- i<)oi, fig. 7, 8) et M. H. Pariientier,

nant de la région d'Amarâvatî et publiés Inventaire, fig. 108 et 1 17. par M. Sr.WELi. (Journal of tlie Roijnl -' ;l/((//«'(vn»s((, wxv, 8() (trad. Gp:igei\,

Asnitic S(n-ielii 0/ Greal Uritain and p. aSa et xxxviii).

NE DIG-VLnyï DU BUDDHA INDO-GREC. fiS.'i

d'Akwana, haut de quatorze mètres('). D'autres au coutraii'e, sur (jui les plis du vètemeul ont complètement disparu (-), se réclament plutôt des Buddlias (ùipta de Bénarès, du type de la figure 555,

FiG. 55i. — TtTE m; Biddua, à xMaiéiluà (cf. p. 0()ii). Mvst'e Je Lttkhttaii. Provenant do Mnlhunl. Hnitleur : o m. a8.

et s'apparentent par là directement à ceux du Cambodge et do Java. Le plus beau de ceux qui aient été retrouvés à Angkor ( fiji;. oGo) soutient l'ort bien la comparaison avec les modèles in-

' Arcliwological Siin'cii of Ceijlni} .

Animal Report igoj, pi. \I1-\III ; cl.

\'. A. SmiTH, Hislorij oj Fine Arl In fiiilin and Cejjloii. t'ig. 180, et fig. 178, 171). 197. La tradilinn locale n'attriijuc d'jii!leiirs la statue nipestre d'Akwana (|ii'aii xiT siècle.

<'^' Archœolngieal Survey ofCeylon, Annunl Report Kjoi, pi. XIV: cf. V. \.

Sjirrii. Uixtorij of Fine Art in Inillu ami Cei/ton. liji'. 5/4 ; conlrairernent à l'opinion de Tautenr, nous iioyous (jue colle dernière image ne saurait (Hrc considérée coiunii' aniienim.

68'i RÉSUMÉ HISTORIQUE.

(liens ('); c'est plus qu'on ne pouvait dire jusfpi'ici des nombreuses images khmères (cf. lig. 2o5,52iet58i). Peut-être même les surpasse-t-il par l'intensité de l'expression et l'illumination intérieure de la physionomie ; et c'est aussi par là qu'il nous paraît l'emporter, en dépit des défauts de sa facture, sur les cinq cents statues, d'un modèle quasi uniforme et aux traits quelque peu figés, qui ont valu son nom à Boro-Boudour (fig. 56 1 ; cf. fig. 5i9 et 58o).

L\ CONQUÊTE DU NoRD-EsT. — Laissous cc poste avancé en sentinelle sur le bord des mers australes et, du Gandliàra comme base, reprenons à présent, à travers montagnes et déserts, les âpres routes de l'Asie centrale. De loin les gigantesques Buddlias de Bàmiyân nous indiquent la principale passe qui conduise dans le Itassin de l'Oxus jusqu'aux tertres de Bactres; et là quelques coups de pioche bien dirigés nous rendraient apparemment, en même temps que des oeuvres de plus basse époque, des images contemporaines des premiers Buddhas de Malhurâ. Du moins rien n'est plus tentant que d'admettre la production parallèle des mêmes effets sous l'action simultanée des mêmes causes dans les deux capitales excentriques, labactrienne et l'indienne, du royaume de Kaniska. Aussi bien, si l'on tient compte des ditlicultés plus grandes qu'opposent aux communications les régions montagneuses en comparaison des plaines, on peut dire que les deux cités étaient situées à égale distance du Gandhâra. foyer de l'art indo-grec et théâtre de la conversion (hi monarque indo-scythe. Il y a cent ans et moins, il eut été possible de corriger par des fouilles ce que ces vues de l'esprit ont de trop rigidement symétrique. Puisque le plus clair résultat des sanglantes guerres afghanes a été de fermer le pays qu'elles devaient ouvrir, force est de renoncer pour l'instant au rêve passionnant de cet itinéraire, et, comme s'y est résigné Sir Aurel Stein, de prendre directement à travers les montagnes,

•'' Cr. Bull, lie lu Cnmm. arct. de l' fiitlochine , 191 3. \i. 99-108.

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