‹ L'art gréco-bouddhique du GandhâraChapitre 21 sur 36 · LE DIG-VIJAYA DU BUDDH 4 INDO-GREC · texte numérisé non relu

LE DIG-VIJAYA DU BUDDH 4 INDO-GREC

soit parla route de Gilgil, soit par celle dti Chitral. Au Kacinîr même, c'est en vain que nous chercherons aucun vestige apparent

FiG. 5d2. — Bbddha GANDHÀniEN, À Mathuhâ (cf. p. 370, lJo6, 681, 68(), 708). Musée de Lal.hium. Provenant de Cliaiibàrà. Hauteur: o m. 38.

des nombreux Buddhas de jadis, tant brahmanes et musulmans se sont soifrneusement accordés à les détruire'*'. Mais les rochers

''' Cette désolante pénurie, à laquelle fies fouilles suivies auraient vite remédié , ni> rend que plus précieuse la découverte au Kangra d'un lironze d'ailleurs tardif. Voir .1. Ph. \oGEi. . A. S. I., Aim. Rep.

Kjo'i-ô, pi. XXV et p. 107-109; M. Vogel a [)arfaiteraent relevé ses analogies peisislantes avec les images grécohouddluques, et nous nous jjornons à renvoyer le lecteur à son ailicie.

môiDe des P.îmirs portent encore Ici trace de la propagation de l'image du Maître('); et quand enfin nous débouchons dans la Sérinde, le premier aspect de ses nombreuses figures de stuc ou d'argile bannit île notre esprit toute crainte qu'aucune solution de continuité se soit produite dans la chaîne de transmission.

Nous nous retrouvons ici en pays déjà exploré, et le nombre des documents publiés nous permettra d'être d'autant plus bref. Comme points de repère sur les deux routes, méridionale et septentrionale, du Turkestan, nous nous contenterons d'emprunter à Sir Aurel Slein et à M. le professeur A. Griinwcdel deux statuettes, l'une originaire de Rawak (lig. 662), l'autre du Tourfan (fig. 563): leur ressemblance entre elles et avec telle autre, naliv^e de Mathurà (fig. 552), nous rendra provisoirement moins cuisante la privation de leurs pendants bactriens. Pour les «Mille Buddhasnqui depuis le iv^ siècle marquent, décorent et sanctifient le nœud des voies commerciales entre la Chine et l'Occident, mais ont malheureusement été pour la plupart retouchés parles restaurateurs modernes, nous nous bornerons à renvoyer aux photographies déjà parues de Sir Aurel Stein et de M. P. Pelliot'-'. A partir de ce moment, les planches de Éd. Cha vannes guideront notre quête d'abord vers les grottes de Yun-kang près de Ta-t'ong-fou , dans le Nord du Chansi (fig. 56 A), puis vers celles du Long-men, près de Honan-fou (fig. 565; cf. fig. 54i). Colossales ou minuscules, ces sculptures rupestres, dues au zèle sans lendemain des Wei du Nord et des T'ang pour le Bouddhisme, nous mènent du v'' au vm' siècle. Mai^ déjà — sous l'inlluence de la civilisation chinoise bien que par l'intermédiaire des Coréens — l'art bouddhique florissait dans la nouvelle capitale japonaise de Nara. Ici encore ce ne sont pas les documents authentiques qui manquent ; nous ne saurions mieux faire que de recourir une fois de plus''' au fameux tabernacle

'"' Voir M. A. Stein, AiicIi'dI kliohiii. lij;. i(Ji : Mission Pelliot, il;iiis L'Art dé- I, fig. 1. corail f, août igto, p. 5 4 -6 6.

' Voir M. A. Stein, Désert Catliaij, "> Cf. ci-dessus, t. II, p. ?iih cl 6()S.

LF, DIC-VIJAÏA DU lillDDH A 1NT)()-(!REC. 687

domestique fie la noble dame Tachibana Fiijin, moiie en -33 (fig. 566; cf. fig. 589 et 590).

Après i.a conquête. — Natil du Gandliàra comme le Buddlia liistoi'ique l'était du Ivoçala, le Buddha plastique nous a ainsi et toiH' à tour entraînés à sa suite jusqu'aux extrémités nord-est et

FlG. 553. BlDDHA GANDH.inlEN, À MilUCllÀ (cf. p. Go3, GoO, (iSi).

Musée (le Lakhiiau. Provenant du vjatt Mouiidi. Hauteur: o m. 5o.

sud-est de l'Asie. 11 ne dépendrait à présent que de nous de l'eimer le circuit. Les mémoires de Fa-iiien et de Yi-tsing nous ont déjà renseignés sur les communications maritimes entre la (Hiine et ce ([ue les Cbinois appelaient les Iles des Mers du Sud'''. Une trace au moins d'inlluence sino-japonaise se marque à Java dans la façon dont le uiudie encore rond ou légèrement ovalisé de

cr. (.11, |). (iiii

Boro-Boudoui" (fig. 5 19) soudain s'effîie en pointe par en haut chez les statues du Candi Mendut(fig. 568) comme de Long-men (fig. 5^1, 565); si l'on tenait absolument à boucler le cercle, cet indice suffirait à marquer le point de jonction des deux conrantsC. Il ne semble pas d'ailleurs que celui qui redescendait du Nord ait jamais reflué de ce côté-ci de Singapour, cette porte du monde jaune ; c'est par extraordinaiie qu'à la fin du siècle dernier une statue bouddhique est revenue par mer du Japon pour s'installer dans un sanctuaire de Bodh-Gaya. A l'heure actuelle, si l'insulindc est devenue musulmane, l'Indochine demeure fort inégalement partagée entre les deux Bouddhismes, l'indien et le chinois, l'un réimporté directement de Geylan sous sa forme la plus pure, l'autre cliargé, au cours de son long détour, de toutes les superstitions de la Haute-Asie. Quand ces deux brandies de la même religion se rencontrent api-ès une séparation si longue, on ne s'étonnera pas qu'elles ne se comprennent ni ne se reconnaissent plus. Extérieurement, rien n'est plus difTérent d'un moine cambodgien qu'un bonze annamite; et, alors même qu'ils parviendraient à parler la même langue, il est permis de douter qu'ils se trouvent d'accord sur aucun point de théologie, pas même sur l'idée qu'ils se l'ont de leur fondateur. 11 n'y a vraiment plus, de part et d'autre, qu'un élément à peu près pareil : ce sont les Buddhas des pagodes. Telle est la première impression dont ne peut se défendre le voyageur, et que confirmerait, si nous n'avions que faire ici de leur témoignage, la multitude gi'ouillante et stéréotypée des idoles modernes dans tous les pays restés bouddhiques, de Geylan t\ la Mongolie, en passant par la Birmanie et le Tibet. Grâce à la persistance invétérée des types plastiques, les images du Maître se sont beaucoup mieux conservées — ou, si l'on préfère, moins déformées — que ses doctrines en traversant les difi'érents milieux où elles se sont propagées ; et c'est aussi pourquoi nidie part ni jamais il n'y a

"' Sur co |iciiiit voii- H. H. F. /i.-O., 1\, hjdi), ]i. H3i. Vnir l'iicore ci-dessiis, t. H, ]i. •->()7, 11. h.

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