L'ÉCOLE DU GANDHÀRA ET L'ART CLASSIQUE. TS-'Î
Rappouts avec l'art chrétien. — Elle a filtré pourtant : le fuit
est à présent roconnii de part et (l'antre. C'est bien au fond la
même inllueiice classi(jue qui a inlroduit dans les îles du Parifnine
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Kin. .")((6. — Stati:e du .liSA, À MatbuuÀ (cf. [)■ "ô'i). ^lll!<l■l■ ilf l,iil,liii{iii. Prnmianl île Kahkâli Tilii. Ilitutriir : o m. yâ.
comme dans celles de l'Atlantique ce qu'il est convenu d'appeler le rr grand artii, c'est-à-dire la réalisation de la beauté dans la représentation de la lignre humaine. De ce fait la preuve la plus évidente nous a été fournie par un simple rapprochement entre les plus anciennes images du Christ et du Bu<ldlia (fig. Bg.S-Sgi).
On ne saurait trop insister sur le point que les unes et les autres ont été dès l'ai^ord revêtues de [hiintilion ou pallium, selon qu'on prélère désigner de son nom grec ou romain le vêtement classique par excellence : et peut-être même le souvenir en subsiste-t-il plus clairement dans les draperies des icônes de Nara que dans celles du tfBeau Dieu a d'Amiens. Par ailleurs, en face du crâne bientôt tondu, encore que jamais rasé, du Moine-Dieu, le Fils de l'Homme a toujours gardé la longue chevelure flottante, laïque apanage des Bodliisattvas : assez tard seulement l'influence orientale a caché le bas de son visage sous la barbe des philosophes grecs et des brahmanes indiens — la même que porte aussi la plus belle statue connue de l'ascète Gautama (fig. ^Sg). Ainsi, rien que la manière dont ils ont résolu le problème de la représentation du Maître donne déjà à penser ce que tend à démontrer tout le progrès des recherches, à savoir que l'art chrétien est, au même titre que l'art bouddhique, un rameau de l'art gréco-oriental'''. Les suivrons-nous à présent dans la façon dont tous deux s'attaquent à la tache commune de figurer la biographie de leur fondateur et rappelleronsnous comment les épisodes s'organisent départ et d'autre en cycles qui se correspondent, cycle de l'enfance, cycle de la vie publique, cycle ici de la Passion et là du Pan-nirvana? Serons-nous un jour assurés que tous deux, cédant à la mode du temps, ont d'abord représenté leur héros idéal en action dans les bas-reliefs, avant de l'en détacher pour l'olfrir sous forme d'image isolée à l'adoration des fidèles ("-)? Devrons-nous dès lors comparer, comme marquant une sorte de stage intermédiaire entre les scènes figurées et les icônes, les groupes du Clirist entre les deux grands apôtres ou deux anges avec ceux du Buddha entre deux deva ou Bodhisattvas ou les deux principaux disciples?. . . Nous en a\ons déjà dit assez pour
'■' 11 suffit de renvoyer ici le lecteur ''^ Cf. ci-dessus, t. Il, p. 338 et
curieux de ces questions aux beaux tra- suiv. Peut-être aussi tous deux ont-ils
vaux de M. Strzvgowski, OWenîof/eriîoHi,- coinniencé par la peinture (cf. ibid.,
Klein Asie)!, etc. p. '109).
i;ÉCUI.h DU (;ANJ)11ÀI!\ et L'AHT CLASSIQIiE. 785
le dénionli-er : jamais la question du sujet à traiter ne s'est posée devant l'ait gréco-asiatique en termes plus pareils, ni traduite par plus d'analogies d'ensemble ou de détail dans le ré|)ertoire, que le jour où il s'est trouvé aux prises avec la tache de renouveler ou de créer l'iconographie du Bouddhisme et du (Christianisme.
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Fifi. 597. — Le Couple lUTÉr.AiiiE es (jaule (^cI. p. i-'i'i ,17/1, 766, 782).
Musée de Dijon. Provenant de Monl-Auxois. Hauteur: 0 m. !i(j.
N° 23^7 «lu lîentcil général de M. E. EspÉHi>DlEL'.
Un autre point n'est pas moins sûr : grâce pour moitié à la docilité servile des imagiers postérieurs, pour moitié au pieux désir des donateurs de revoir toujours les légendes ou les figures telles qu'ils les ont d'abord vues — ainsi que les enfants aiment à entendre toujours le même conte conté de la même façon, — jamais formules n'ont fait preuve d'une fixité plus grande. Aussi avonsnous déjà enti'ovu ((ue le parallélisme se poursuit fort longtemps