I. VSUU.UIA. - 11. So
entre les destinées des deux ;iits ie]i<;ieiix du moyen âge (car, en ne le comptant p;is h ce point de vue, nous ne croyons pas faire tort à l'art musulman). Tout comme nous avons dû faire plus haut à propos des œuvres bouddhiques des Guptas et des T'ang, on a pu également considérer que la loi de l'évolution de notie style roman et gothique résidait dans l'élimination progressive des éléments antiques qu'il contenait originairement O. Seulement le phénomène s'est produit plus vite, ainsi qu'on pouvait s'y attendre, en Asie. Il ne faut pas oublier eu etfet que le Bouddhisme était de cinq siècles plus vieux que le Christianisme; et, cette avance historique, il semble l'avoir toujours conservée. Cinq ou six siècles avant, il a eu dans Açoka son Constantin, dans Kaniska son Clovis, dans Harsa Çilâditya son Saint-Louis; et de même qu'il a connu plus tôt avec les Çakas et les Yue-tche les invasions des barbares, plus précoce aussi a été son développement médiéval. On dirait en vérité que l'art hellénislique s'est plus rapidement décomoosé sous l'ardent soleil de l'Orient; et volontiers nous reprendrions au compte de l'arrliéologie la curieuse remarque récemment faite sur les langues découvertes dans les mêmes régions et qui témoignent, elles aussi, d'un état de désintégration plus avancé que leurs analogues d'Europe (-). On conçoit dès lors que le même épanouissement d'art nouveau ([ui illustra notre xni'' siècle se soit produit dans l'Inde dès le v-, puis deux, trois, quatre siècles plus lard en Chine, au .lapon, à Java. Si l'on va au fond des choses, les basreliefs et les statues de Boro-Boudour, de Nara, du Long-men ou de Bénarès ne sont qu'une interprétation nouvelle des modèles gréco-bouddhiques, en somme fort pareille à celle que les icônes et les retables de nos cathédrales donnaient des vieux sarcophages gréco-chrétiens. Eu peinture, partout où celle-ci s'est conservée, les mêmes analogies se répètent : en travestissant selon leurs
''' Cf. Sal. Reinacu, Apolln, p. 107. du Mois. 10 août 1912, p. 189 et i5o). ''' A. Meillet, Les nouvelles langues — De même la ligure 696 est sûrement indo-européennes en Asie Centrale (Revue aniérieiii'e à la figure ôgS.