I. Eccles, XLIV, I
Les grandes écoles jusqu'au xn<^ siècle : école romaine et italienne ; l'école sangallienne ; les tropes et les séquences ; écoles françaises et allemandes. — Les additions à l'antiphonaire grégorien et les compositions nouvelles. — Abailard, Adam de Saint-Victor et les proses rimées. — La décadence, — Restauration du chant grégorien : l'œuvre des Bénédictins.
Les chroniqueurs anciens, à de rares exceptions près, ne nous ont pas laissé le nom des auteurs des chants sacrés, ou, s'ils l'ont fait, c'est sans désigner leurs compositions de façon précise. De môme, les compositions ne sont ordinairement pas signées, et on n'en connaît que l'époque. Ainsi, un auteur frank du viii*' siècle qui passa quelque temps à Rome, nous fait connaître les traditions qu'il y recueillit. Son opuscule (contient le nom des papes ^ auxquels
I. Daniase (366-384), Léon (44o-46i), qui « institua tout le chant annuel », (jélase (49.2-49Ô), Syniniacpie (j 1)8-:") 10), Jean (5'23-5'i6), lionit'ace (5io-53'2). IjCS mentions de. Liber Ponti/icalis permettent do cilor encore Célestin (422-432) et Hormisdos (5i4''>23).
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on l'aisait honneur de travaux dans Forganisation successive du chant. Après les premières prescriptions générales de Damase et de Gélestin, c'est à Léon P' qu'on attribue u l'institution » du « chant annuel » c'est-à-dire de Tensemble des mélodies pour le cycle de l'année liturgique puis, successivement, nous voyons ce chant « écrit », « édité », le clergé « apprenant la psalmodie », ensuite le chant « mis en ordre », faisant l'objet d'une « règle » et d'une nouvelle « ordonnance ». Enfin vint saint Grégoire le Grand, qui « édita iwblemeni le chant du cycle de l'année ». Après ce pontife, les rééditions du chant liturgique sont attribuées au pape Martin, (649-653), et à trois abbés de Saint-Pierre, Catalenus, ensuite Maurianus, enfin Virbonus.
Plus tard, Amalaire, directeur de la Scola palatina de Louis-le-Débonnaire (-j- c. 887), à la suite de voyages liturgiques, nous apprendra que c'est aux « maîtres de FEglise romaine » du VII® ou du viii'^ siècle, que sont dus les superbes répons ajoutés, pour le temps de la Passion, aux anciens répons de l'antiphonaire grégorien, dont le texte était pris de l'Evangile ou des Prophètes. Cet auteur devait posséder une documentation qui nous échappe : il signale en effet nommément, dans les copies du répertoire grégorien en usage de son temps, le répons
APOGÉE, DÉCADENCE ET RESTAURATION 6i
Aspicieiis a longe comme n'étant pas de la composition de saint Grégoire, mais le célèbre offertoire de Job, Vir erat, comme étant de lui.
Grâce à Amalaire, et à quelques références éparses en d'autres auteurs de Tère carolingienne, (Alcuin, Aurélien de Réomé), nous pouvons faire le point de départ, dans l'ensemble du répertoire grégorien, tels que les manuscrits de ce temps nous le font connaître, entre les pièces originales et les compositions ajoutées. Sachant également quels sont les ofïices institués ensuite, nous pouvons ainsi désigner les accroissements successifs pris par l'édition grégorienne depuis sa codification aux environs de l'an 600. Autrement dit, en ouvrant les livres de la liturgie romaine actuelle, et spécialement le Graduel et VAntiphoiiaire édités par S. S. Pie X, (voir plus loin, p. 1 15), il sera facile de se rendre (îompte, en bloc \ de l'origine respective de leurs diverses parties, en s'aidant des noms et des faits relatés dans la liste suivante, véritable répertoire de l'âge d'or du chant grégorien.
vi"-vii° siècle. — Saint Gukgoire le GnA^na (( compilé le livre de chant romain, » nous dit Jean
I. On compi"(Muli';i cjuil u'«>sl pas possible dcMili'ci* itù (ians l(^s (K'Iails (voir Origines, p. •i")7-'i8o) ; nous (lonaccons ('(«pcii- (laul les plus importants, (|ui seraient susceplihK^s d inlei-esser nos Iccleurs.
le Diacre. Ce terme précis, joint à celui d' « édité » employé par d'autres auteurs, montrent bien qu'il s'agit de Torganisation des pièces de chant destinées à la Scola cantorum. La plupart de ces mélodies sont donc évidemment plus anciennes; un certain nombre d'entre elles doivent remonter aux premiers temps de l'Eglise, et il en est qui rappellent d'une façon frappante les chants de la Synagogue.
Mais, en même temps, l'ensemble a beaucoup d'unité, et suppose des retouches voulues pour donner un lien à tous ces chants. 11 en est certainement qui datent des réformes de Grégoire : l'organisation des chants du carême, en particulier, et probablement de F A vent, et le premier développement des versets alléluiatiques. Ces versets étaient toutefois assez peu nombreux à cette époque : l'ensemble de ceux que contiennent les livres actuels a été composé par la suite entre le vu'' et le xi®\ Les grands ofïices des saints fêtés à Rome, comme ceux des saints André, Clément, Cécile, Lucie, Agathe, Agnès, Laurent, Sébastien, Hippolyte, une partie de ceux des saints Pierre et Paul, peuvent dater de l'époque grégorienne. Toutefois, à part ce der-
I. Versets alléluiatiques du fonds primitif : Dies sanctificatus, Juhilate. Dominus regnas'it, Laudate piieri, Hœc dies, etc.
nier office, ils décèlent une origine monastique et non point papale.
BoNiFACE IV, pape, disciple de saint Grégoire, dédie, en 607,1e III des ides de mai, en l'honneur de la Vierge Marie et des martyrs, le vieux Panthéon abandonné. L'office composé à cette occasion est devenu le « commun de la dédicace ». On a pu y remarquer une parenté de style très étroite avec le fonds grégorien, mais avec certains petits détails particuliers.
Deusdedit, pape de 6i5 à 618, et Honorius, qui le fut de 625 à 638, ont pu être des élèves de saint Grégoire. Ce dernier pape est loué de son habileté dans le chanta
Martin, pape, (649-653), aurait révisé le livre du chant romain, et après lui les abbés de Saint- Pierre déjà nommés. C'est, pensons-nous, à ces révisions qu'il faut attribuer diverses pièces dont nous avons ailleurs signalé le style particulier, tels l'offertoire Aue Maria, et peut-être les offices des fêtes de l'Annonciation, de la Nativité de la Vierge, de son Assomption-, de la Purification en partie '\ de la Sainte Croix.
Cependant ces derniers olfices datent plutôt