A l'exception de la messe, plus moderne
3. A l'exception do la messe et des deuxièmes vêpres, plus anciennes .
du temps de Serge l^"" (687-701), syrien de naissance, élève de la Scolacantoriim entre 671 et 676. Ce pape est rauteiir de la prescription sur le chant de VAgnus Dei, et les chants de procession pour les fêtes ci-dessus désignées ont été ordonnés par lui; la procession de la Purification est seule restée en usage.
viii^ siècle. — Grégoire II (715-731), élève du Patriarchium de Latran, (v. page 35), au temps du pontife précédent, a ajouté au répertoire grégorien les messes des jeudis du carême. Mais ces messes sont pi:esque entièrement composées de pièces empruntées à celles d'offices déjà en usage, à part peut-être deux.
A cette époque, il faut rapporter la composition des beaux répons de la Semaine Sainte, dont on a déjà parlé (p. 60), par les maîtres de la Scola romaine, et celle des premières « histoires », ou séries de répons pour l'olRce de nuit des dimanches, extraites de l'Ancien Testament. Les autres répons, tirés, des psaumes, sont primitifs.
Les versets alléluiatiques commencent aussi à devenir plus importants et plus nombreux S
I. Le Pascha nostvum, de Pâques, s'il n'est pas plus ancien, date de ce temps-là. Autres versets alléluiatiques du viii'^ siècle : Te decet, Paratum, Qui tintent, etc. La différence de style de ces deux pièces est déjà très frappante, visà-vis des versets mentionnés page 62, note.
surtout pour la procession de Taprès-midi de Pâques. Bientôt, apparaîtront les antiennes des matines de Pâques et de Pentecôte, celles de Beiiedictus et de Magnificat des dimanches. Nous savons que ces antiennes, composées à Rome, furent apportées en France au temps des papes Etienne II (702-757) et Paul V' (7^7-767)7 deux frères qui avaient été ensemble élèves cubiculaireSy et auxquels on doit la première introduction du chant grégorien dans les Gaules (voir p. 47)- Toutefois, ces antiennes ne faisaient pas partie du fonds officiel ; entrées dans l'usage français à partir de Tan 760 environ, elles ne figuraient pas CQcore dans les antiphonaires envoyés plus tard à Charlemagne par Adrien.
Du même temps peuvent aussi dater quelques pièces comme les répons Aspiciens et Gaude^ Maria Virgo.
Adrien P' (772-795) s'occupa activement du chant. Les textes nous le montrent envoyant au roi des Francs des antiphonaires non seulement « retouchés », c'est-à-dire revus et augmentés, mais môme notés de sa propre main. On a attribué à ce pape un prologue célèbre à l'antiphonaire, le Gregoriiis prœsul, auquel nous avons déjà fait allusion: au moven âae, rnsai>"0 s'était éta])li de chanter ce prologue immédiatement avant l'antienne d'entrée {\^intro'U), au
(jASTOUK. 5
premier dimanche de TAvent. Ce prologue vante les mérites de saint Grégoire le Grand, raconte coniment il fut le restaurateur des monuments laissés par les Pères,
Monunienla patruin rcuovavit et ou.xit,
et comment il écrivit « ce livre de Fart musical de la Scola cantorum pour le cycle de l'année » :
Composuit hune libellum inusicœ
artis Scolœ canioruin per aiiiii circulani.
(Variantes de l'antiphonaire de Charles-lc-Chauve.)
Nous avons plus haut étudié quelques-uns des rapports d'E tienne ÏV, de Paul P' et d'Adrien P'" avec Pépin le Bref et Gharlemagne. Le pape LÉON III (795-816), qui couronna ce dernier empereur, était lui-même habile chanteur. On sait que Gharles eut comme principal aide, dans Porganisation de son empire, l'abbé Alcuin (A1binus Flaccus, 7^5 ■\ 19 mai 8o4). Celui-ci s'occupa de musique comme de toute autre chose; il est l'auteur (ou mieux l'adaptateur) de la messe de la fête de la Trinité, et sans doute d'une partie de l'office, et peut-être l'auteur de l'office de la Toussaint. On a conservé un fragment du traité écrit par lui pour l'enseignement musical de la Scola palatiiia, l'Ecole du Palais.
ix^-x'^-xi'' siècles. — Le ix° siècle, ({ui hérita des résultats précieux de la renaissance carolin-
gienne, fut un des plus intéressants pour Tart qui nous occupe. A part l'Espagne, trop occupée encore à se protéger contre l'islamisme, les nations européennes de rite latin ont alors toutes adopté les usages grégoriens. Partout, on réoro:anise ou on fonde des Scolai caiitorum à l'imitation de celle de Home, praticiens et compositeurs rivalisent; en certains endroits, des chanteurs halnles introduisent dans la mélodie une multitude d'ornements, qui dénotent un raffinement d'une exagération manifeste, tandis que les musiciens tentent la recherche de nouvelles formes. L'art du développement, en particulier, engendre les séquences^ les ti'opes^ les proses^: on ne se contente plus, pour V «ordinaire » de la messe, des récitatifs traditionnels des A'^/7*e, (Uoria, Sancius^ Ai^niis^ maison écrit de nouvelles mélodies, dont les manuscrits nous ofl'rent ordinairement des variations diverses, do(uiments des plus intéressants pour riiistoire et l'art de la musicjue.
Les rarissimes manusc^rits notés, ordinairenu^nt fi'agmenlair(^s, ([ui restent de ce temps, monti'(Mit, par les variétés de notation (ju'ils nous ollViMil, ce (|ue fut la division et hi dilfusion des grandes écoles (|ui se partageaient rEuro[)e latine, (^.es variétés, (|ui se porpéluiM'oiil dans