‹ L'art grégorienChapitre 9 sur 33 · I. Roderic de Tolède, de Rebas Ilispaniœ, 1. YI, c · texte numérisé non relu

I. Roderic de Tolède, de Rebas Ilispaniœ, 1. YI, c

Dès lors, le chant grégorien est implanté partout : Vâge d'or des mélodies romaines est à son apogée, et, depuis le moment où le répertoire de la Scola cantorum s'est introduit dans les diverses églises de l'Occident, il a suscité partout des émulations salutaires à l'art musical.

En certains endroits, là où la mélodie grégorienne remplace des airs désuets, on conserve cependant les plus caractéristiques de ces chants, en les ajoutant au répertoire romain. Ainsi, par exemple, en France, en fut-il des célèbres B eue clictio lies ou cantique des Trois Jeunes Gens, chanté en diverses circonstances des antiques liturgies gallicanes et que les églises de l'empire de Gharlcmagne, et, plus tard, quelques autres, adoptèrent côte à côte avec le chant romain. Il en fut dé même d'un certain nombre d'antiennes remarquables, parfois extrêmement anciennes ', que les vieux manuscrits français donnent pour diverses fêtes, conjointement avec l'ordre romain.

Une pénétration gallicane se produisit même dans l'antiphonaire grégorien. Les chants admirables du Vendredi Saint, pour 1' « adoration » de la Croix, furent trouvés si beaux, ([u'ils pas-

I. Ainsi, les chaiils dos jM'iMuiôrcs vôpros ou do la vigilo do saint Donys. qui, vraiscmblabloujoul, ronioutent au vi" ou au vu'" siùclo. Cf. luon Histoire du cluuU litiirv;i(juc n Paris.

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sèrent intégralement des rits français au rit romain. Ouvrez le Graduel Vatican, à Toflice du matin de la Parasceve (vendredi de la semaine sainte), et vous y trouverez, à la suite du chant grégorien de VEcce ligiuun^ les émouvantes « impropères », coupées de cris grecs et latins entremêlés*, avec les hymnes de Mamert Claudien, de Vienne, et de Yenantius Fortunatus, de Poitiers. C'est le répertoire gallican" antique introduit dans toutes les églises latines, et conservé jusqu'à nos jours, dans la liturgie romaine générale.

Pour les autres chants propres aux églises franques, incorporés parmi les chants grégoriens, ils formèrent avec eux le bel ensemble appelé romaiio-français, qui subsista de longs siècles en nos contrées, que les Glunisiens introduisirent en Espagne, et dont les idées de réforme étroite ducs au jansénisme, devaient pli!S tard consommer la ruine.

Ce mélange mérita même de créer un nouveau style, d'où sortirent de belles compositions.

Mais, avant d'étudier ces diverses formes musicales, reprenons le cours de l'histoire, en

1. Dans la Provence, la liturgie fut longtemps semi-grecqne, semi-latine : les clercs et les fidèles, divisés en deux chœurs, chantaient alternativement dans les deux langues. Sulpice Sévère nous dit son étonnement de cette coutume.

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