‹ L'art grégorienChapitre 17 sur 33 · I. (if. Orii^niK's du clifiiil roiiKtiii, p, iS() cl siiiv · texte numérisé non relu

I. (if. Orii^niK's du clifiiil roiiKtiii, p, iS() cl siiiv

une période de Gicéroii Testa celui des paroles, avec accumulation des tenues longues au début, qui deviennent de plus en plus brèves vers la fin.

Les exemples épars dans cet ouvrage ont déjà donné des spécimens de rythmes libres (p. 3i), et de rythmes métriques (p. 94). Voici un remarquable emploi de ces cadences « numériques » dont on vient de parler : c'est Viiitro'it du i^'" dimanche de l'Avent, que nous transcrivons en notes modernes, en indiquant, au-dessus des cadences ou fins de périodes, l'espèce à laquelle chacune appartient.

N. B. Les périodes et coupes de phrases sont indiquées par les barres qui coupent la portée : barres entières (phrases) ; i/:a l^arre (1/2 phrases); 1/4 de barre (1/4 de phrases). Les chifires indi- (|uent les incises.

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FORMES MUSICALES ET DEVELOPPEMENT i35

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/es versets du psaume)

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Cette mélodie, écrite sur un texte en prose, comprend ninsi 12 et même i3 incûses. Dix d'en- Ire elles, formant Irois phrases, constituent T^//tieiiiie proprement dite, appartenant au genre commallque. Vient le récilaUf des versets du psaume, 011 dos formules fixes encadrent le récit sur une seule noie (marquée ici par une note longue de valeur indécise). Au dernier verset, la formule de terminaison, avant la reprise Da capo, est ornée.

Or, six de ces incises reproduisent le rythme du « nond)re molossi(jue » ou eu /'sus j)[(inus, c'est-à-dire ré(|uivalent d'un nombre terminé par

— ou— ; (lualre h\ caden('(M( crélicnK» » ou eu/ sus 4 ^)

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tardas^ finale -— ; trois la formule « dichoraïque »,

ou cursus vclo.v, finale ^ . Ces formules sont

employées exactement dans Tordre et avec la fréquence relative que recommandent les rhéteurs.

Voici un autre exemple très curieux, où la mélodie entière n'est presque uniquement formée que de tardas et de velox mis bout î\ bout, d'où résulte un mélange de rythmes à cinq et à sept qui n'est pas sans agrément, le rythme à cinq étant prédominant.

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Ces remarquables équivalences rylhmiques, qu'on peut constater en nombre de pièces, sont absolument impossibles à obtenir avec les diverses interprétations dites « mensuralistes », qui veulent à toute force couler ces mélodies si fluides dans le cadre d'une mesure obligatoire ^ Ce n'est pas là, en efïet, une mélodie nicsurce au sens actuel de nos liabitudes, mais une mélodie métrique^ cg qui n'est pas du tout la nu^'ino chose, et dont le mètre est t(*.mpéré par la souplesse et Taccentuation du ryllimc.

Aussi en résult(vt-il, dans hi pi'ali(jU(% (pie les chanteurs n'ont aucunement I)esoin de savoir (juelle est la l'orme rythm'upie de la [)hi'as(^ (|u'ils ('hantent. Le l'ait de suivre la mélodie ave(; un bon phrasé enoendre lout nalurellement le rvlhnie

1. (les llu'orlcs soiil rcpi't'scultM's pi'inripalriinMil piir DcclicviMMis, l'Uiidcs do sric/icc niiisicd/c, Paris. 189H, r[ J. AilimaiMiin, l.e vylhnic dos lucloJios i{rôi,'()rionnos. Paris, i(S()(). Nous ne riions i\\n' \cs plus s(''ritMi\ d»» ces I ravaiix, qui, s ils n ()!il |)ii cinporlci', cl pour caiist». la (H)n\ ici iou (l»'s niusi- (•olot;u('s, oui Ion! au uioius pci-uiis de (l<iuonl iit la i'('L.iilai'il<> (Ic^laclurc (\v ccrlains ucurcs uuisicaux.

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voulu par l'auteur : (c Celui qui garde, qui suit avec soin la mélodie, et fait les silences aptes, parcourt, d'une voix bien ordonnée, le chemin des pieds musicaux par le moyen des accents \ »

Ces rythmes et ces mètres, en effet, à l'opposé de nos mesures, ignorent la subdivision des temps. En prenant la croclie comme unité, ainsi qu'on Ta lait précédemment, il y aura parfois des triolets^ mais il n'y aura Jamais de doubles ou de triples croches.

En effet, suivant l'enseignement d'Aristide Quintilien, répété à travers tout le moyen âge, « le temps premier est le temps indivisible et bref... incomposé,... n'étant composé d'aucune monade, il est l'unité ». Cette définition si nette, si catégori([ue, qui domina toute la musique jusque vers le xiii*^ siècle, est et reste la base de l'exécution traditionnelle du chant liturgique. Elle est la meilleure réponse à faire aux mensuralistes à outrance \

Le temps bref et ne pouvant être subdivisé est la base du rythme grégorien et de ses dialectes, l'ambrosien, le mozarabe, et le gallican.

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